Salât al-janaza : comment faire la prière mortuaire
Le guide complet de la prière funéraire en islam : conditions, les quatre takbîrs et ce que l’on dit à chacun (arabe, phonétique, français), place de l’imam, différences entre les quatre écoles sunnites, cas particuliers, questions fréquentes et sources.

Vous allez assister à une salât al-janaza pour la première fois, ou vous voulez être sûr de la faire correctement. Ce guide vous donne tout, dans l’ordre : ce qu’il faut avant, où se placer, et surtout ce que l’on dit exactement à chaque takbîr, en arabe, en phonétique et en français. Il suit les quatre écoles sunnites, avec un soin particulier pour l’école malikite, la plus répandue au Maghreb.
Ce qu’est la salât al-janaza
La salât al-janaza (صلاة الجنازة), que l’on appelle en français prière mortuaire ou prière funéraire, est la prière que les musulmans accomplissent pour l’un des leurs qui vient de mourir. Elle est le troisième des quatre devoirs envers le défunt, après la toilette (ghusl) et la mise en linceul (kafan), et avant l’enterrement (dafn).
C’est une obligation collective (fard kifâya), par consensus des savants : il suffit qu’une partie des musulmans l’accomplisse pour que tous en soient déchargés ; si personne ne la fait, tous ceux qui en avaient connaissance et la possibilité en portent la faute. Elle diffère des cinq prières quotidiennes sur trois points :
- elle se fait entièrement debout, sans inclinaison (rukûʿ) ni prosternation (sujûd) ;
- elle est rythmée par quatre takbîrs (« Allâhu akbar »), séparés par une récitation ou des invocations ;
- elle se termine par un salut (taslîm), sans tashahhud (l’attestation récitée assis à la fin des prières).
Elle est dirigée par un imam, le corps posé devant lui. Elle a souvent lieu à la mosquée, juste après une prière obligatoire, parfois au funérarium ou au cimetière.
Pourquoi y assister : les récompenses
La salât al-janaza est un droit du défunt sur nous, et une immense occasion pour nous. Le Prophète ﷺ a dit :
مَنْ شَهِدَ الْجَنَازَةَ حَتَّى يُصَلَّى عَلَيْهَا فَلَهُ قِيرَاطٌ، وَمَنْ شَهِدَهَا حَتَّى تُدْفَنَ فَلَهُ قِيرَاطَانِ. قِيلَ: وَمَا الْقِيرَاطَانِ؟ قَالَ: مِثْلُ الْجَبَلَيْنِ الْعَظِيمَيْنِ
Man shahida-l-janâzata hattâ yusallâ ʿalayhâ fa-lahu qîrât, wa man shahidahâ hattâ tudfana fa-lahu qîrâtân. Qîla : wa mâ-l-qîrâtân ? Qâla : mithlu-l-jabalayni-l-ʿazîmayn.
Celui qui assiste à la prière funéraire jusqu’à ce qu’elle soit accomplie a un qîrât, et celui qui y assiste jusqu’à l’enterrement a deux qîrâts. On demanda : « Que sont les deux qîrâts ? » Il répondit : « Comme deux montagnes immenses. »
Le nombre de ceux qui prient compte aussi, pour le défunt cette fois. D’après Ibn ʿAbbâs, le Prophète ﷺ a dit : « Il n’est pas un musulman qui meurt et sur lequel prient quarante hommes qui n’associent rien à Allah, sans qu’Allah n’accepte leur intercession en sa faveur » (Muslim 948). Et d’après ʿÂʾisha : « Il n’est pas un mort sur lequel prie une assemblée de cent musulmans qui tous intercèdent pour lui, sans que leur intercession ne soit acceptée » (Muslim 947).
C’est pourquoi une annonce diffusée largement, à temps, avec le bon horaire, n’est pas un détail : chaque personne qui vient est une intercession de plus.
Avant la prière : les conditions
Les conditions sont celles des autres prières. Il n’y a rien de particulier à apprendre pour y prendre part.
- Le défunt a été lavé et enveloppé. La toilette mortuaire et le linceul sont assurés par la mosquée, la famille ou les pompes funèbres musulmanes. La prière ne se fait pas avant.
- Vous êtes en état d’ablutions (wudûʾ), comme pour toute prière. Une femme qui a ses menstrues ne prie pas ; elle peut être présente en dehors de la salle de prière et invoquer.
- Vous priez face à la qibla (la direction de la Kaaba, à La Mecque), le corps placé devant l’imam, perpendiculaire à la direction de la prière.
- Vous formez l’intention (niyya) dans votre cœur : prier pour ce défunt ou cette défunte. Elle ne se prononce pas.
- Vous êtes vêtu comme pour la prière : le corps couvert, dans une tenue propre. Aucune couleur n’est imposée.
Où ? À la mosquée, c’est permis et c’est la Sunna : ʿÂʾisha a fait apporter le corps de Saʿd ibn Abî Waqqâs à la mosquée pour prier sur lui, et a rappelé que le Prophète ﷺ y avait prié sur Suhayl ibn Baydâʾ (Muslim 973). La prière peut aussi se faire dans une salle du funérarium, au cimetière, ou dehors sur une aire de prière.
Quand ? Il n’y a pas d’heure fixe. En pratique, les mosquées placent la janaza juste après une prière obligatoire, le plus souvent le Dohr ou l’Asr, pour que l’assemblée soit là. Le hadith interdit de prier et d’enterrer à trois moments : au lever du soleil, à son zénith et à son coucher (Muslim 831). Les écoles divergent sur la prière funéraire à ces heures, et les mosquées les évitent.
Où se placent l’imam et les fidèles
Le corps est posé devant l’imam, la tête à sa droite. Pour un homme, l’imam se tient au niveau de la tête ; pour une femme, au niveau du milieu du corps. C’est ce qu’a fait Anas ibn Mâlik, qui a confirmé que le Prophète ﷺ faisait ainsi (at-Tirmidhî 1034, hasan selon at-Tirmidhî). Dans le même récit rapporté par Abû Dâwûd (3194, sahih selon al-Albânî), Anas se tient aux hanches de la défunte. Samura ibn Jundub a prié derrière le Prophète ﷺ sur une femme morte en couches : il s’est tenu au niveau de son milieu (al-Bukhârî 1332, Muslim 964). Les écoles nuancent : les malikites placent l’imam au milieu du corps pour un homme et aux épaules pour une femme, les hanafites à la poitrine dans les deux cas. Là encore, l’imam sait ce qu’il fait ; vous n’avez qu’à vous mettre derrière lui.
Les fidèles forment des rangs derrière l’imam, épaule contre épaule, comme pour les autres prières. Les quatre écoles recommandent de former trois rangs ; quand l’assemblée est petite, l’imam Ahmad préférait la répartir en trois rangs plutôt qu’en un seul, rapporte Ibn Qudâma. Les femmes prient derrière les rangs des hommes.
S’il y a plusieurs défunts, une seule prière suffit pour tous. Les corps sont alignés devant l’imam, les hommes les plus proches de lui, puis les enfants, puis les femmes du côté de la qibla. Ibn ʿUmar a placé ainsi les hommes près de l’imam et les femmes du côté de la qibla ; et quand un garçon fut placé plus près de l’imam que sa mère, les Compagnons présents dirent : « C’est la Sunna » (an-Nasâʾî 1978, sahih selon al-Albânî).
Le déroulement : ce que l’on dit à chaque takbîr
Voici, mot à mot, ce que disent l’imam et les fidèles. Seuls les takbîrs et le salut de l’imam sont à voix haute ; tout le reste se dit à voix basse. Abû Umâma ibn Sahl, Compagnon de la dernière génération, résume ainsi la Sunna : « … réciter la Fâtiha à voix basse après le premier takbîr, puis dire trois takbîrs, et le salut après le dernier » (an-Nasâʾî 1989, sahih selon al-Albânî).
Premier takbîr : « Allâhu akbar », puis la Fâtiha
Vous levez les mains comme au début de toute prière et dites Allâhu akbar (اللهُ أَكْبَر) avec l’imam, puis placez-les comme dans vos prières habituelles, selon votre école.
Puis, à voix basse, vous récitez la sourate al-Fâtiha. Ibn ʿAbbâs l’a récitée lors d’une prière funéraire et a dit : « Pour qu’ils sachent que c’est une sunna » (al-Bukhârî 1335). Chaféites et hanbalites la récitent ; les hanafites disent à la place la louange d’ouverture :
سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ وَبِحَمْدِكَ، وَتَبَارَكَ اسْمُكَ، وَتَعَالَى جَدُّكَ، وَجَلَّ ثَنَاؤُكَ، وَلَا إِلَهَ غَيْرُكَ
Subhânaka Allâhumma wa bihamdika, wa tabâraka-smuka, wa taʿâlâ jadduka, wa jalla thanâʾuka, wa lâ ilâha ghayruka.
« Gloire à Toi, ô Allah, et louange à Toi. Béni soit Ton nom, exaltée soit Ta majesté, sublime soit Ta louange, et il n’y a de divinité que Toi. »
Les malikites ne récitent pas la Fâtiha : ils commencent directement par la louange d’Allah et la prière sur le Prophète ﷺ, puis l’invocation. Si l’imam est malikite, faites comme lui.
Deuxième takbîr : la prière sur le Prophète ﷺ
Vous dites Allâhu akbar, puis, à voix basse, la prière sur le Prophète ﷺ que vous connaissez du tashahhud final de vos prières :
اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ، كَمَا صَلَّيْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ، إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ. اللَّهُمَّ بَارِكْ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ، كَمَا بَارَكْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ، إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ
Allâhumma salli ʿalâ Muhammad wa ʿalâ âli Muhammad, kamâ sallayta ʿalâ Ibrâhîm wa ʿalâ âli Ibrâhîm, innaka hamîdun majîd. Allâhumma bârik ʿalâ Muhammad wa ʿalâ âli Muhammad, kamâ bârakta ʿalâ Ibrâhîm wa ʿalâ âli Ibrâhîm, innaka hamîdun majîd.
« Ô Allah, prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad, comme Tu as prié sur Ibrâhîm et sur la famille d’Ibrâhîm. Tu es Digne de louange et de gloire. Ô Allah, bénis Muhammad et la famille de Muhammad, comme Tu as béni Ibrâhîm et la famille d’Ibrâhîm. Tu es Digne de louange et de gloire. »
Troisième takbîr : l’invocation pour le défunt
C’est le cœur de la prière. Après Allâhu akbar, vous invoquez sincèrement pour la personne décédée. L’invocation la plus complète est celle que ʿAwf ibn Mâlik a entendue du Prophète ﷺ, au point de souhaiter être lui-même ce mort :
InvocationAprès le 3e takbîrاللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهُ وَارْحَمْهُ، وَعَافِهِ وَاعْفُ عَنْهُ، وَأَكْرِمْ نُزُلَهُ، وَوَسِّعْ مُدْخَلَهُ، وَاغْسِلْهُ بِالْمَاءِ وَالثَّلْجِ وَالْبَرَدِ، وَنَقِّهِ مِنَ الْخَطَايَا كَمَا نَقَّيْتَ الثَّوْبَ الأَبْيَضَ مِنَ الدَّنَسِ، وَأَبْدِلْهُ دَارًا خَيْرًا مِنْ دَارِهِ، وَأَهْلاً خَيْرًا مِنْ أَهْلِهِ، وَزَوْجًا خَيْرًا مِنْ زَوْجِهِ، وَأَدْخِلْهُ الْجَنَّةَ، وَأَعِذْهُ مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ أَوْ مِنْ عَذَابِ النَّارِ
Allâhumma-ghfir lahu warhamhu, wa ʿâfihi waʿfu ʿanhu, wa akrim nuzulahu, wa wassiʿ mudkhalahu, waghsilhu bil-mâʾi wath-thalji wal-barad, wa naqqihi mina-l-khatâyâ kamâ naqqayta-th-thawba-l-abyada mina-d-danas, wa abdilhu dâran khayran min dârihi, wa ahlan khayran min ahlihi, wa zawjan khayran min zawjihi, wa adkhilhu-l-janna, wa aʿidh-hu min ʿadhâbi-l-qabri aw min ʿadhâbi-n-nâr.
« Ô Allah, pardonne-lui, fais-lui miséricorde, accorde-lui le salut et efface ses fautes. Fais-lui bon accueil, élargis l’endroit où il entre, lave-le avec de l’eau, de la neige et de la grêle. Purifie-le de ses péchés comme Tu purifies le vêtement blanc de la saleté. Donne-lui en échange une demeure meilleure que la sienne, une famille meilleure que la sienne, une épouse meilleure que la sienne. Fais-le entrer au Paradis et protège-le du châtiment de la tombe, ou du châtiment du Feu. »
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهَا وَارْحَمْهَا، وَعَافِهَا وَاعْفُ عَنْهَا، وَأَكْرِمْ نُزُلَهَا، وَوَسِّعْ مُدْخَلَهَا، وَاغْسِلْهَا بِالْمَاءِ وَالثَّلْجِ وَالْبَرَدِ، وَنَقِّهَا مِنَ الْخَطَايَا كَمَا نَقَّيْتَ الثَّوْبَ الأَبْيَضَ مِنَ الدَّنَسِ، وَأَبْدِلْهَا دَارًا خَيْرًا مِنْ دَارِهَا، وَأَهْلاً خَيْرًا مِنْ أَهْلِهَا، وَزَوْجًا خَيْرًا مِنْ زَوْجِهَا، وَأَدْخِلْهَا الْجَنَّةَ، وَأَعِذْهَا مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ أَوْ مِنْ عَذَابِ النَّارِ
Allâhumma-ghfir lahâ warhamhâ, wa ʿâfihâ waʿfu ʿanhâ, wa akrim nuzulahâ, wa wassiʿ mudkhalahâ, waghsilhâ bil-mâʾi wath-thalji wal-barad, wa naqqihâ mina-l-khatâyâ kamâ naqqayta-th-thawba-l-abyada mina-d-danas, wa abdilhâ dâran khayran min dârihâ, wa ahlan khayran min ahlihâ, wa zawjan khayran min zawjihâ, wa adkhilhâ-l-janna, wa aʿidhhâ min ʿadhâbi-l-qabri aw min ʿadhâbi-n-nâr.
« Ô Allah, pardonne-lui, fais-lui miséricorde, accorde-lui le salut et efface ses fautes. Fais-lui bon accueil, élargis l’endroit où elle entre, lave-la avec de l’eau, de la neige et de la grêle. Purifie-la de ses péchés comme Tu purifies le vêtement blanc de la saleté. Donne-lui en échange une demeure meilleure que la sienne, une famille meilleure que la sienne, un époux meilleur que le sien. Fais-la entrer au Paradis et protège-la du châtiment de la tombe, ou du châtiment du Feu. »
Les pronoms passent au féminin ; le hadith rapporte la forme dite pour un homme. Pour « un époux meilleur que le sien », les savants divergent : certains ne le disent pas pour une femme, d’autres le gardent, au sens d’un époux aux qualités meilleures, et non d’un autre époux.
Sahîh Muslim 963 Le « ou » vient du rapporteur, qui hésitait entre les deux mots. Dans une autre version de Muslim (963 d), le Prophète ﷺ demande les deux : « … préserve-le de l’épreuve de la tombe et du châtiment du Feu ».
Pour plusieurs défunts, les pronoms passent au pluriel : Allâhumma-ghfir lahum warhamhum…
Une seconde invocation, rapportée par Abû Hurayra, englobe tous les musulmans. Elle est courte et très répandue dans les mosquées :
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِحَيِّنَا وَمَيِّتِنَا، وَشَاهِدِنَا وَغَائِبِنَا، وَصَغِيرِنَا وَكَبِيرِنَا، وَذَكَرِنَا وَأُنْثَانَا. اللَّهُمَّ مَنْ أَحْيَيْتَهُ مِنَّا فَأَحْيِهِ عَلَى الْإِسْلَامِ، وَمَنْ تَوَفَّيْتَهُ مِنَّا فَتَوَفَّهُ عَلَى الْإِيمَانِ…
Allâhumma-ghfir li-hayyinâ wa mayyitinâ, wa shâhidinâ wa ghâʾibinâ, wa saghîrinâ wa kabîrinâ, wa dhakarinâ wa unthânâ. Allâhumma man ahyaytahu minnâ fa-ahyihi ʿalâ-l-islâm, wa man tawaffaytahu minnâ fa-tawaffahu ʿalâ-l-îmân…
« Ô Allah, pardonne à nos vivants et à nos morts, à ceux d’entre nous qui sont présents et à ceux qui sont absents, à nos jeunes et à nos anciens, à nos hommes et à nos femmes. Ô Allah, celui d’entre nous que Tu fais vivre, fais-le vivre dans l’islam ; celui que Tu rappelles à Toi, rappelle-le dans la foi… » (Ibn Mâja 1498 et at-Tirmidhî 1024 ; Abû Dâwûd 3201, sahih selon al-Albânî, rapporte la même invocation avec « la foi » et « l’islam » inversés)
L’école malikite retient de préférence l’invocation d’Abû Hurayra rapportée dans le Muwattaʾ de l’imam Mâlik, qui commence ainsi :
اللَّهُمَّ إِنَّهُ عَبْدُكَ وَابْنُ عَبْدِكَ وَابْنُ أَمَتِكَ، كَانَ يَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُكَ وَرَسُولُكَ، وَأَنْتَ أَعْلَمُ بِهِ. اللَّهُمَّ إِنْ كَانَ مُحْسِنًا فَزِدْ فِي إِحْسَانِهِ، وَإِنْ كَانَ مُسِيئًا فَتَجَاوَزْ عَنْ سَيِّئَاتِهِ…
Allâhumma innahu ʿabduka wabnu ʿabdika wabnu amatika, kâna yash-hadu an lâ ilâha illâ anta wa anna Muhammadan ʿabduka wa rasûluka, wa anta aʿlamu bihi. Allâhumma in kâna muhsinan fa-zid fî ihsânihi, wa in kâna musîʾan fa-tajâwaz ʿan sayyiʾâtihi…
« Ô Allah, il est Ton serviteur, fils de Ton serviteur et de Ta servante. Il témoignait qu’il n’y a de divinité que Toi et que Muhammad est Ton serviteur et Ton messager, et Tu le connais mieux que nous. Ô Allah, s’il était bienfaisant, augmente sa bienfaisance ; s’il a mal agi, passe sur ses mauvaises actions… » (al-Muwattaʾ, livre 16, hadith 17)
Pour un enfant, qui n’a pas de péché à se faire pardonner, on demande qu’il soit pour ses parents une avance et une récompense :
Invocationاللَّهُمَّ اجْعَلْهُ لَنَا فَرَطًا وَسَلَفًا وَأَجْرًا
Allâhumma-jʿalhu lanâ faratan wa salafan wa ajran.
« Ô Allah, fais qu’il nous précède, qu’il soit pour nous une avance et une récompense. »
Rapporté d’al-Hasan al-Basrî par al-Bukhârî, en tête du chapitre sur la Fâtiha dans la prière funéraire Quatrième takbîr, puis le salut
Après le quatrième Allâhu akbar, on marque une courte pause pendant laquelle on peut invoquer pour soi-même et pour tous les musulmans. L’invocation habituelle est la fin de celle d’Abû Hurayra :
… اللَّهُمَّ لَا تَحْرِمْنَا أَجْرَهُ، وَلَا تُضِلَّنَا بَعْدَهُ
… Allâhumma lâ tahrimnâ ajrahu, wa lâ tudillanâ baʿdahu.
« … Ô Allah, ne nous prive pas de sa récompense et ne nous égare pas après lui. » (Abû Dâwûd 3201, sahih selon al-Albânî)
Puis l’imam dit le salut : as-salâmu ʿalaykum wa rahmatullâh (السَّلَامُ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَةُ اللهِ), en tournant la tête vers la droite. Malikites et hanbalites font un seul salut ; hanafites et chaféites en font deux, comme dans les autres prières. Vous suivez l’imam.
Les quatre écoles sunnites en un tableau
Les différences ne portent que sur des détails ; les quatre écoles s’accordent sur l’essentiel, et vous pouvez prier derrière un imam de n’importe quelle école. Ce tableau vous évite d’être surpris.
| Malikite | Hanafite | Chaféite | Hanbalite | |
|---|---|---|---|---|
| Mains levées | Au premier takbîr seulement | Au premier takbîr seulement | À chaque takbîr | À chaque takbîr |
| Après le 1er takbîr | Invocation, ouverte par la louange d’Allah et la prière sur le Prophète ﷺ (pas de Fâtiha) | Louange d’ouverture (subhânaka…), pas de Fâtiha | La Fâtiha (obligatoire) | La Fâtiha (obligatoire pour l’imam et celui qui prie seul) |
| Après le 2e | Invocation pour le défunt | Prière sur le Prophète ﷺ | Prière sur le Prophète ﷺ | Prière sur le Prophète ﷺ |
| Après le 3e | Invocation pour le défunt | Invocation pour le défunt | Invocation pour le défunt | Invocation pour le défunt |
| Après le 4e | Invocation, puis salut | Salut (courte invocation possible) | Invocation « lâ tahrimnâ… », puis salut | Invocation, puis salut |
| Salut final | Un seul | Deux | Deux | Un seul |
| Place de l’imam | Milieu (homme), épaules (femme) | Poitrine (homme et femme) | Tête (homme), bassin (femme) | Poitrine (homme), milieu (femme) |
Ces positions sont celles des manuels classiques de chaque école ; un imam peut suivre un avis particulier de son école. Dans le doute, faites ce qu’il fait.
Si vous ne connaissez pas l’arabe
Beaucoup de gens hésitent à se joindre à la prière parce qu’ils ne connaissent pas les invocations. Voici ce qu’il faut savoir.
- Les takbîrs, la Fâtiha et la prière sur le Prophète ﷺ sont ceux de vos prières quotidiennes : vous les connaissez déjà.
- Pour l’invocation, une formule courte suffit : اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهُ وَارْحَمْهُ — Allâhumma-ghfir lahu warhamhu — « Ô Allah, pardonne-lui et fais-lui miséricorde » (lahâ warhamhâ pour une femme). Apprenez-la, elle tient en cinq mots.
- Vous pouvez ensuite invoquer dans votre langue, du fond du cœur : demandez pour le défunt le pardon, la miséricorde, le Paradis. C’est le sens qui compte.
- Vous suivez l’imam : quand il dit le takbîr, vous le dites ; quand il salue, vous saluez. Un débutant qui suit l’imam accomplit sa prière, entièrement.
Cas particuliers
Vous arrivez en retard
Entrez dans la prière et suivez l’imam là où il en est, sans chercher à rattraper. Selon les chaféites et les hanbalites, on entre aussitôt par un takbîr ; selon les malikites et les hanafites, on attend le takbîr suivant de l’imam pour le dire avec lui. Après son salut, complétez les takbîrs manqués : avec leurs invocations si le corps est encore là, en les enchaînant rapidement s’il est déjà emporté. Selon les hanafites, on enchaîne les takbîrs manqués sans invocation dès que l’imam a salué.
Le corps est déjà enterré
Celui qui a manqué la prière peut la faire sur la tombe, dans les mêmes formes. Le Prophète ﷺ a prié sur la tombe de la personne qui balayait la mosquée, enterrée sans qu’on l’ait prévenu (al-Bukhârî 1337). Les malikites et les hanafites l’admettent lorsque le défunt a été enterré sans prière ; chaféites et hanbalites l’admettent plus largement, dans un délai qui varie selon les avis.
Le défunt est décédé loin : la prière en l’absence du corps
Le Prophète ﷺ a prié pour le Négus, mort en Abyssinie, sans que le corps soit présent (al-Bukhârî 1333). Les chaféites et les hanbalites autorisent cette prière (salât al-ghâʾib) ; les malikites et les hanafites ne la pratiquent pas : ils la considèrent comme propre au Prophète ﷺ. Certains savants, comme Ibn Taymiyya, l’admettent seulement pour un défunt sur lequel personne n’a prié là où il est mort. Si un proche est décédé à l’étranger et que le rapatriement est en cours, demandez à votre mosquée ce qu’elle pratique.
Les femmes et la salât al-janaza
Les femmes prient la salât al-janaza, derrière les rangs des hommes, avec les mêmes paroles. Le hadith de ʿÂʾisha sur la prière de Saʿd ibn Abî Waqqâs dans la mosquée le montre (Muslim 973). Ce que la Sunna demande aux femmes d’éviter, c’est de suivre le convoi jusqu’au cimetière : « On nous a interdit de suivre les convois funèbres, sans que l’interdiction soit ferme pour nous », rapporte Umm ʿAtiyya (al-Bukhârî 1278, Muslim 938) ; les écoles divergent sur le degré de cette interdiction. La prière, elle, leur est ouverte. Une femme qui a ses menstrues ne prie pas ; elle peut être présente en dehors de la salle de prière et invoquer.
Un enfant, un mort-né
On prie sur un enfant, avec l’invocation donnée plus haut. Pour un enfant mort-né, les écoles distinguent : s’il a donné un signe de vie à la naissance (un cri, un mouvement), on le lave, on l’enveloppe et on prie sur lui ; sinon, les hanbalites prient sur lui dès quatre mois de grossesse, les trois autres écoles ne prient pas mais l’enveloppent et l’enterrent. Votre imam vous guidera avec douceur.
Après la prière : le convoi, l’enterrement, les condoléances
La prière est suivie du convoi vers le cimetière. L’accompagner et rester jusqu’à l’enterrement donne le second qîrât du hadith cité au début. Il est recommandé de marcher, de garder le silence, et, selon de nombreux savants, de ne pas s’asseoir avant que le corps soit déposé (al-Bukhârî 1310).
Une fois la tombe refermée, restez un moment. Le Prophète ﷺ se tenait debout près de la tombe et disait :
اسْتَغْفِرُوا لِأَخِيكُمْ، وَسَلُوا لَهُ التَّثْبِيتَ، فَإِنَّهُ الْآنَ يُسْأَلُ
Istaghfirû li-akhîkum, wa salû lahu-t-tathbît, fa-innahu-l-âna yusʾal.
Demandez le pardon pour votre frère, et demandez pour lui la fermeté, car en ce moment on l’interroge.
Les condoléances (taʿziya) se présentent à la famille, selon la majorité des savants, pendant trois jours : une parole simple, une présence, un repas apporté. La formule la plus complète est celle que le Prophète ﷺ fit transmettre à sa fille : « À Allah appartient ce qu’Il a repris, à Lui appartient ce qu’Il a donné, et toute chose a auprès de Lui un terme fixé. Qu’elle patiente et espère la récompense. » (al-Bukhârî 1284, Muslim 923). Notre guide des condoléances en islam donne les mots à dire et des modèles de messages.
Conseils pour prendre part à la prière
- Venez tel que vous êtes. On peut prier la janaza sans connaître une seule invocation par cœur : suivez l’imam.
- Venez même si vous n’êtes pas un proche. Tout musulman peut y prendre part, et le défunt a besoin de chacun.
- Fiez-vous à l’heure de l’iqâma. La janaza a lieu après l’iqâma de la prière obligatoire, souvent quinze minutes après l’adhân.
- Restez après le salut pour suivre le convoi : le second qîrât se gagne au cimetière.
- Suivez l’imam, quelle que soit son école. Un seul salut ou deux, Fâtiha ou louange : toutes ces pratiques sont fondées. La prière est valable dans tous les cas.
Une famille qui doit annoncer une salât al-janaza dans les heures qui suivent un décès n’a pas le temps de tout expliquer à chacun. Une annonce claire, avec la mosquée, l’horaire réel et le lieu de l’enterrement, fait venir plus de monde, à l’heure. C’est exactement ce pour quoi Janazah existe : choisissez un modèle de flyer de salât janaza, et l’annonce est prête en quelques minutes.
Questions fréquentes
Kamel
salatjanazah.com
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- Fiqh

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La sourate Al-Mulk (Tabârak, sourate 67) complète : les 30 versets en arabe, en phonétique et en français, ses thèmes d’après les tafsirs, ses mérites authentiques, la protection de la tombe expliquée et quand la lire.
Kamel22 min de lecture