Fiqh

Invocations du matin et du soir en arabe et phonétique

Les invocations du matin et du soir authentiques (adhkâr as-sabâh wa-l-masâʾ) : texte arabe, phonétique, traduction, nombre de répétitions et mérite promis, chacune avec sa source et son grade.

Kamel · salatjanazah.com28 min de lecture
Des mains posées sur les genoux, tenant un chapelet en bois
Photo : Zeynep Sude Emek, mains et chapelet, via Pexels (licence Pexels)

Les invocations du matin et du soir (adhkâr as-sabâh wa-l-masâʾ) sont des paroles que le Prophète ﷺ disait, ou enseignait, au début et à la fin de chaque journée. Certaines viennent du Coran, d’autres sont des invocations courtes, et beaucoup s’accompagnent d’une promesse précise : protection, pardon, récompense. Vous trouverez ici les adhkar du matin et du soir dont l’authenticité est établie, chacun avec son texte arabe copié de la source, sa phonétique, sa traduction, le nombre de répétitions exactement tel que le hadith le donne, le mérite promis quand le hadith en mentionne un, la référence et le grade (sahih : authentique ; hasan : bon ; gharib : transmis par une seule voie).

Quand réciter les invocations du matin et du soir

Les hadiths disent « quand il arrive au matin » (idhâ asbaha) et « quand il arrive au soir » (idhâ amsâ). Ibn al-Qayyim l’explique par le verset « … et glorifie ton Seigneur par Sa louange avant le lever du soleil et avant son coucher » (Qâf, 50:39) : le matin va de l’aube au lever du soleil, le soir de l’Asr au coucher du soleil. D’autres savants étendent le matin jusqu’à la fin de la matinée et le soir jusqu’au premier tiers de la nuit, ou font commencer le soir après le Maghrib (islamqa.info, réponse 22765).

En pratique, le plus simple est de les attacher à une prière : après le Fajr pour celles du matin, après l’Asr pour celles du soir. Si vous avez manqué ce moment, dites-les quand même. Pour connaître l’heure exacte du Fajr et de l’Asr chez vous, voyez nos horaires de prière.

Les invocations du matin et du soir, une par une

Chaque carte donne le texte arabe tel qu’il figure dans la source, la phonétique de la formule à réciter, puis la traduction. Les explications sous chaque carte précisent le nombre de répétitions, le mérite et la forme du soir quand elle change.

1. Ayat al-Kursi, une fois le matin et une fois le soir

Ayat al-Kursi est le 255e verset de la sourate al-Baqara. Ubayy ibn Kaʿb surprit une nuit un djinn qui prenait de ses dattes et lui demanda ce qui protège des djinns. Le djinn répondit : ce verset.

… قال فما يُنَجِّينَا مِنكُم قال هذه الآيةُ التِي في سورةِ البقرةِ اللَّهُ لا إِلَهَ إِلَّا هو الْحَيُّ الْقَيُّومُ مَنْ قالَها حِينَ يُمسِي أُجِيرَ مِنَّا حتَى يُصْبِحَ ومَن قالَها حينَ يصبحُ أُجِيرَ مِنَّا حتى يُمسِي فلَمَّا أصبحَ أتَى رسولُ اللهِ صلَّى اللهُ عليِه وسلَّمَ فذكر ذلكَ له فقال : صَدَقَ الخبيثُ

Allâhu lâ ilâha illâ huwa-l-hayyu-l-qayyûm…

… Ubayy demanda : « Qu’est-ce qui nous protège de vous ? » Il répondit : « Ce verset de la sourate al-Baqara : Allâhu lâ ilâha illâ huwa-l-hayyu-l-qayyûm. Celui qui le dit le soir est protégé de nous jusqu’au matin, et celui qui le dit le matin est protégé de nous jusqu’au soir. » Le matin venu, Ubayy alla voir le Messager d’Allah ﷺ et le lui raconta. Il dit : « Le malfaisant a dit vrai. »

An-Nasâʾî, as-Sunan al-Kubrâ 10730 ; Ibn Hibbân 784 — sahih selon al-Albânî (Sahîh at-Targhîb 662)
  • Nombre : le hadith ne donne pas de nombre ; on le dit une fois le matin et une fois le soir.
  • Mérite : protection contre les djinns jusqu’au soir, ou jusqu’au matin.
  • Forme du soir : identique.

Le texte complet du verset, sa phonétique phrase par phrase et son explication sont dans notre article sur Ayat al-Kursi.

2. Les trois dernières sourates, trois fois

Par une nuit de pluie et d’obscurité, ʿAbdullâh ibn Khubayb et ses compagnons cherchaient le Prophète ﷺ pour qu’il dirige leur prière. Quand ils le trouvèrent, il lui dit trois fois : « Dis. » ʿAbdullâh demanda : « Que dois-je dire ? »

{ قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ } وَالْمُعَوِّذَتَيْنِ حِينَ تُمْسِي وَحِينَ تُصْبِحُ ثَلاَثَ مَرَّاتٍ تَكْفِيكَ مِنْ كُلِّ شَىْءٍ

Qul huwa-llâhu ahad, wa-l-muʿawwidhatayni hîna tumsî wa hîna tusbihu thalâtha marrât, takfîka min kulli shayʾ.

« Qul huwa-llâhu ahad et les deux sourates de protection (al-Falaq et an-Nâs), le soir et le matin, trois fois : elles te suffiront contre toute chose. »

Sunan Abî Dâwûd 5082 — hasan selon al-Albânî ; aussi at-Tirmidhî 3575 (hasan sahih gharib selon at-Tirmidhî)
  • Nombre : trois fois le matin, trois fois le soir.
  • Mérite : « … elles te suffiront contre toute chose ».
  • Forme du soir : identique.

Voici les trois sourates (texte de l’édition quran-simple), précédées chacune de la basmala (Bismi-llâhi-r-rahmâni-r-rahîm : « Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux ») :

SourateArabePhonétiqueTraduction
Al-Ikhlâs (112)قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ ۝ اللَّهُ الصَّمَدُ ۝ لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ ۝ وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُوًا أَحَدٌQul huwa-llâhu ahad. Allâhu-s-samad. Lam yalid wa lam yûlad. Wa lam yakun lahû kufuwan ahad.Dis : Il est Allah, Unique. Allah, Celui vers qui l’on se tourne en tout besoin. Il n’a pas engendré et n’a pas été engendré. Et nul n’est égal à Lui.
Al-Falaq (113)قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ ۝ مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ ۝ وَمِنْ شَرِّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَ ۝ وَمِنْ شَرِّ النَّفَّاثَاتِ فِي الْعُقَدِ ۝ وَمِنْ شَرِّ حَاسِدٍ إِذَا حَسَدَQul aʿûdhu bi-rabbi-l-falaq. Min sharri mâ khalaq. Wa min sharri ghâsiqin idhâ waqab. Wa min sharri-n-naffâthâti fi-l-ʿuqad. Wa min sharri hâsidin idhâ hasad.Dis : je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube naissante, contre le mal de ce qu’Il a créé, contre le mal de la nuit quand elle s’étend, contre le mal de celles qui soufflent sur les nœuds, et contre le mal de l’envieux quand il envie.
An-Nâs (114)قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ ۝ مَلِكِ النَّاسِ ۝ إِلَٰهِ النَّاسِ ۝ مِنْ شَرِّ الْوَسْوَاسِ الْخَنَّاسِ ۝ الَّذِي يُوَسْوِسُ فِي صُدُورِ النَّاسِ ۝ مِنَ الْجِنَّةِ وَالنَّاسِQul aʿûdhu bi-rabbi-n-nâs. Maliki-n-nâs. Ilâhi-n-nâs. Min sharri-l-waswâsi-l-khannâs. Alladhî yuwaswisu fî sudûri-n-nâs. Mina-l-jinnati wa-n-nâs.Dis : je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes, le Roi des hommes, la Divinité des hommes, contre le mal du tentateur qui se dérobe, qui souffle le mal dans les poitrines des hommes, qu’il soit djinn ou homme.

Dans la récitation ci-dessous, publiée par sa chaîne officielle, le cheikh Mishary Rashid Alafasy récite Ayat al-Kursi, la sourate al-Kâfirûn et ces trois sourates ; la description de la vidéo indique qu’elles sont répétées trois fois.

Image de la vidéo : La série Ayat al-Kursi, al-Kâfirûn, al-Ikhlâs, al-Falaq et an-Nâs, récitée par le cheikh Mishary Rashid Alafasy
La série Ayat al-Kursi, al-Kâfirûn, al-Ikhlâs, al-Falaq et an-Nâs, récitée par le cheikh Mishary Rashid Alafasy (chaîne officielle du récitateur sur YouTube)

3. Sayyid al-istighfâr : la demande de pardon par excellence

Le Prophète ﷺ a appelé cette formule « le maître de la demande de pardon » (sayyid al-istighfâr). Elle tient en quelques lignes : on reconnaît Allah comme Seigneur, on reconnaît Ses bienfaits, on reconnaît ses propres fautes, et on demande le pardon.

سَيِّدُ الاِسْتِغْفَارِ أَنْ تَقُولَ اللَّهُمَّ أَنْتَ رَبِّي، لاَ إِلَهَ إِلاَّ أَنْتَ، خَلَقْتَنِي وَأَنَا عَبْدُكَ، وَأَنَا عَلَى عَهْدِكَ وَوَعْدِكَ مَا اسْتَطَعْتُ، أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا صَنَعْتُ، أَبُوءُ لَكَ بِنِعْمَتِكَ عَلَىَّ وَأَبُوءُ لَكَ بِذَنْبِي، فَاغْفِرْ لِي، فَإِنَّهُ لاَ يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلاَّ أَنْتَ . قَالَ وَمَنْ قَالَهَا مِنَ النَّهَارِ مُوقِنًا بِهَا، فَمَاتَ مِنْ يَوْمِهِ قَبْلَ أَنْ يُمْسِيَ، فَهُوَ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ، وَمَنْ قَالَهَا مِنَ اللَّيْلِ وَهْوَ مُوقِنٌ بِهَا، فَمَاتَ قَبْلَ أَنْ يُصْبِحَ، فَهْوَ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ

Allâhumma anta rabbî, lâ ilâha illâ ant, khalaqtanî wa ana ʿabduk, wa ana ʿalâ ʿahdika wa waʿdika ma-stataʿt, aʿûdhu bika min sharri mâ sanaʿt, abûʾu laka bi-niʿmatika ʿalayya, wa abûʾu laka bi-dhanbî, fa-ghfir lî, fa-innahû lâ yaghfiru-dh-dhunûba illâ ant.

« Le maître de la demande de pardon, c’est que tu dises : Ô Allah, Tu es mon Seigneur, nulle divinité sauf Toi. Tu m’as créé et je suis Ton serviteur. Je tiens à Ton pacte et à Ta promesse autant que je le peux. Je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de ce que j’ai fait. Je reconnais devant Toi Ton bienfait envers moi, et je reconnais devant Toi mon péché. Pardonne-moi donc, car nul ne pardonne les péchés en dehors de Toi. » Il a dit : « Celui qui la dit pendant la journée, avec certitude, et meurt ce jour-là avant le soir, fait partie des gens du Paradis. Et celui qui la dit pendant la nuit, avec certitude, et meurt avant le matin, fait partie des gens du Paradis. »

Sahîh al-Bukhârî 6306
  • Nombre : le hadith ne donne pas de nombre ; on la dit une fois le matin et une fois le soir.
  • Mérite : le Paradis pour celui qui la dit avec certitude et meurt avant la fin de ce jour ou de cette nuit.
  • Forme du soir : identique.

Le mot important est mûqinan : « avec certitude ». On ne la récite pas machinalement : on croit à chaque phrase qu’on prononce.

4. « Asbahnâ wa asbaha-l-mulku lillâh… » (et « Amsaynâ… » le soir)

ʿAbdullâh ibn Masʿûd rapporte que le Prophète ﷺ disait cette invocation le soir, et la même au matin en commençant par asbahnâ.

أَمْسَيْنَا وَأَمْسَى الْمُلْكُ لِلَّهِ وَالْحَمْدُ لِلَّهِ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ … لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَىْءٍ قَدِيرٌ رَبِّ أَسْأَلُكَ خَيْرَ مَا فِي هَذِهِ اللَّيْلَةِ وَخَيْرَ مَا بَعْدَهَا وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا فِي هَذِهِ اللَّيْلَةِ وَشَرِّ مَا بَعْدَهَا رَبِّ أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْكَسَلِ وَسُوءِ الْكِبَرِ رَبِّ أَعُوذُ بِكَ مِنْ عَذَابٍ فِي النَّارِ وَعَذَابٍ فِي الْقَبْرِ . وَإِذَا أَصْبَحَ قَالَ ذَلِكَ أَيْضًا أَصْبَحْنَا وَأَصْبَحَ الْمُلْكُ لِلَّهِ

Amsaynâ wa amsa-l-mulku lillâh, wa-l-hamdu lillâh, lâ ilâha illa-llâhu wahdahû lâ sharîka lah, lahu-l-mulku wa lahu-l-hamdu wa huwa ʿalâ kulli shayʾin qadîr. Rabbi asʾaluka khayra mâ fî hâdhihi-l-laylati wa khayra mâ baʿdahâ, wa aʿûdhu bika min sharri mâ fî hâdhihi-l-laylati wa sharri mâ baʿdahâ. Rabbi aʿûdhu bika mina-l-kasali wa sûʾi-l-kibar. Rabbi aʿûdhu bika min ʿadhâbin fi-n-nâri wa ʿadhâbin fi-l-qabr.

« Nous voici au soir, et le royaume, ce soir encore, appartient à Allah. Louange à Allah. Nulle divinité sauf Allah, seul, sans associé… À Lui la royauté, à Lui la louange, et Il est capable de toute chose. Seigneur, je Te demande le bien de ce que contient cette nuit et le bien de ce qui la suit, et je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de ce que contient cette nuit et le mal de ce qui la suit. Seigneur, je cherche refuge auprès de Toi contre la paresse et contre les maux de la vieillesse. Seigneur, je cherche refuge auprès de Toi contre un châtiment dans le Feu et un châtiment dans la tombe. » Et le matin, il disait la même chose : « Nous voici au matin, et le royaume, ce matin encore, appartient à Allah… »

Sahîh Muslim 2723
  • Nombre : le hadith ne donne pas de nombre ; on la dit une fois le matin et une fois le soir.
  • Forme du matin : Asbahnâ wa asbaha-l-mulku lillâh…, et « ce jour » à la place de « cette nuit » : … Rabbi asʾaluka khayra mâ fî hâdha-l-yawmi wa khayra mâ baʿdah, wa aʿûdhu bika min sharri mâ fî hâdha-l-yawmi wa sharri mâ baʿdah…, comme le donne Hisn al-Muslim (أَصْبَحْنَا وَأَصْبَحَ الْمُلْكُ لِلَّهِ … رَبِّ أَسْأَلُكَ خَيْرَ مَا فِي هَذَا الْيَوْمِ وَخَيرَ مَا بَعْدَهُ …).

Cette invocation résume la journée : on la remet à Allah, on demande son bien et le bien de ce qui suit, et on demande protection contre la paresse, la vieillesse pénible, le Feu et la tombe.

5. « Allâhumma bika asbahnâ… »

Abû Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ enseignait à ses Compagnons cette invocation, avec une forme pour le matin et une forme pour le soir.

إِذَا أَصْبَحَ أَحَدُكُمْ فَلْيَقُلِ اللَّهُمَّ بِكَ أَصْبَحْنَا وَبِكَ أَمْسَيْنَا وَبِكَ نَحْيَا وَبِكَ نَمُوتُ وَإِلَيْكَ الْمَصِيرُ . وَإِذَا أَمْسَى فَلْيَقُلِ اللَّهُمَّ بِكَ أَمْسَيْنَا وَبِكَ أَصْبَحْنَا وَبِكَ نَحْيَا وَبِكَ نَمُوتُ وَإِلَيْكَ النُّشُورُ

Matin : Allâhumma bika asbahnâ, wa bika amsaynâ, wa bika nahyâ, wa bika namûtu, wa ilayka-l-masîr. Soir : Allâhumma bika amsaynâ, wa bika asbahnâ, wa bika nahyâ, wa bika namûtu, wa ilayka-n-nushûr.

« Quand l’un de vous arrive au matin, qu’il dise : Ô Allah, c’est par Toi que nous arrivons au matin et par Toi que nous arrivons au soir, par Toi que nous vivons et par Toi que nous mourons, et vers Toi est le devenir. Et quand il arrive au soir, qu’il dise : Ô Allah, c’est par Toi que nous arrivons au soir et par Toi que nous arrivons au matin, par Toi que nous vivons et par Toi que nous mourons, et vers Toi est la résurrection. »

Jâmiʿ at-Tirmidhî 3391 — sahih selon al-Albânî, hasan selon at-Tirmidhî ; aussi Abû Dâwûd 5068 (sahih selon al-Albânî)
  • Nombre : le hadith ne donne pas de nombre ; on la dit une fois le matin et une fois le soir.
  • Forme du soir : l’ordre s’inverse (amsaynâ d’abord) et la fin devient wa ilayka-n-nushûr, « vers Toi est la résurrection ». Dans la version d’Abû Dâwûd (5068), les deux formes se terminent par wa ilayka-n-nushûr.
  • Une autre version : dans al-Adab al-Mufrad d’al-Bukhârî (1199, sahih selon al-Albânî), la forme du matin se termine par wa ilayka-n-nushûr, et celle du soir par wa ilayka-l-masîr.

Chaque matin et chaque soir, cette invocation remet à Allah la vie et la mort, et rappelle le retour vers Lui.

6. « Allâhumma fâtira-s-samâwâti wa-l-ard… »

Abû Bakr as-Siddîq demanda au Prophète ﷺ des paroles à dire le matin et le soir. Voici ce qu’il lui enseigna.

قُلِ اللَّهُمَّ فَاطِرَ السَّمَوَاتِ وَالأَرْضِ عَالِمَ الْغَيْبِ وَالشَّهَادَةِ رَبَّ كُلِّ شَىْءٍ وَمَلِيكَهُ أَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ أَنْتَ أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ نَفْسِي وَشَرِّ الشَّيْطَانِ وَشِرْكِهِ . قَالَ قُلْهَا إِذَا أَصْبَحْتَ وَإِذَا أَمْسَيْتَ وَإِذَا أَخَذْتَ مَضْجَعَكَ

Allâhumma fâtira-s-samâwâti wa-l-ard, ʿâlima-l-ghaybi wa-sh-shahâdah, rabba kulli shayʾin wa malîkah, ashhadu an lâ ilâha illâ ant, aʿûdhu bika min sharri nafsî wa sharri-sh-shaytâni wa shirkih.

« Dis : Ô Allah, Créateur des cieux et de la terre, Toi qui connais l’invisible et le visible, Seigneur de toute chose et son Possesseur, j’atteste qu’il n’y a nulle divinité sauf Toi. Je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de mon âme, contre le mal du diable et contre l’associationnisme auquel il appelle. » Il a dit : « Dis-la le matin, le soir, et quand tu te mets au lit. »

Sunan Abî Dâwûd 5067 — sahih selon al-Albânî ; aussi at-Tirmidhî 3392 (hasan sahih selon at-Tirmidhî)
  • Nombre : le hadith ne donne pas de nombre ; on la dit une fois le matin, une fois le soir et une fois au coucher.
  • Forme du soir : identique.

Dans une autre version rapportée par at-Tirmidhî (3529, hasan selon at-Tirmidhî), la phrase se prolonge : … wa an aqtarifa ʿalâ nafsî sûʾan aw ajurrahû ilâ muslim, « … et contre le fait de commettre un mal contre moi-même ou de l’attirer sur un musulman ».

7. « Bismi-llâhi-lladhî lâ yadurru… », trois fois

ʿUthmân ibn ʿAffân rapporte du Prophète ﷺ cette courte invocation de protection.

مَنْ قَالَ بِسْمِ اللَّهِ الَّذِي لاَ يَضُرُّ مَعَ اسْمِهِ شَىْءٌ فِي الأَرْضِ وَلاَ فِي السَّمَاءِ وَهُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ ثَلاَثَ مَرَّاتٍ لَمْ تُصِبْهُ فَجْأَةُ بَلاَءٍ حَتَّى يُصْبِحَ وَمَنْ قَالَهَا حِينَ يُصْبِحُ ثَلاَثَ مَرَّاتٍ لَمْ تُصِبْهُ فَجْأَةُ بَلاَءٍ حَتَّى يُمْسِيَ

Bismi-llâhi-lladhî lâ yadurru maʿa-smihî shayʾun fi-l-ardi wa lâ fi-s-samâʾi, wa huwa-s-samîʿu-l-ʿalîm.

« Celui qui dit : Au nom d’Allah, avec le nom de qui rien ne peut nuire, ni sur la terre ni dans le ciel, et Il est Celui qui entend tout, Celui qui sait tout — trois fois, aucune épreuve soudaine ne l’atteindra jusqu’au matin. Et celui qui la dit le matin trois fois, aucune épreuve soudaine ne l’atteindra jusqu’au soir. »

Sunan Abî Dâwûd 5088 — sahih selon al-Albânî ; aussi at-Tirmidhî 3388 (hasan sahih gharib selon at-Tirmidhî)
  • Nombre : trois fois le matin, trois fois le soir.
  • Mérite : aucune épreuve soudaine jusqu’au soir, ou jusqu’au matin. Dans la version d’at-Tirmidhî : « … rien ne lui nuira ».
  • Forme du soir : identique.

8. « Allâhumma innî asʾaluka-l-ʿâfiya… »

ʿAbdullâh ibn ʿUmar rapporte que le Messager d’Allah ﷺ ne laissait jamais ces invocations, ni le soir ni le matin.

اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْعَافِيَةَ فِي الدُّنْيَا وَالآخِرَةِ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْعَفْوَ وَالْعَافِيَةَ فِي دِينِي وَدُنْيَاىَ وَأَهْلِي وَمَالِي اللَّهُمَّ اسْتُرْ عَوْرَتِي . وَقَالَ عُثْمَانُ عَوْرَاتِي وَآمِنْ رَوْعَاتِي اللَّهُمَّ احْفَظْنِي مِنْ بَيْنِ يَدَىَّ وَمِنْ خَلْفِي وَعَنْ يَمِينِي وَعَنْ شِمَالِي وَمِنْ فَوْقِي وَأَعُوذُ بِعَظَمَتِكَ أَنْ أُغْتَالَ مِنْ تَحْتِي

Allâhumma innî asʾaluka-l-ʿâfiyata fi-d-dunyâ wa-l-âkhirah. Allâhumma innî asʾaluka-l-ʿafwa wa-l-ʿâfiyata fî dînî wa dunyâya wa ahlî wa mâlî. Allâhumma-stur ʿawratî (ou ʿawrâtî) wa âmin rawʿâtî. Allâhumma-hfaznî min bayni yadayya wa min khalfî, wa ʿan yamînî wa ʿan shimâlî, wa min fawqî, wa aʿûdhu bi-ʿazamatika an ughtâla min tahtî.

« Ô Allah, je Te demande le salut ici-bas et dans l’au-delà. Ô Allah, je Te demande le pardon et le salut dans ma religion, dans ma vie d’ici-bas, pour ma famille et pour mes biens. Ô Allah, couvre ce que j’ai de honteux (un rapporteur dit : mes défauts) et rassure-moi dans mes frayeurs. Ô Allah, garde-moi par-devant et par-derrière, à ma droite et à ma gauche, et par-dessus moi ; et je cherche refuge dans Ta grandeur pour ne pas être saisi par surprise par-dessous moi. »

Sunan Abî Dâwûd 5074 — sahih selon al-Albânî
  • Nombre : le hadith ne donne pas de nombre ; on la dit une fois le matin et une fois le soir.
  • Forme du soir : identique.

Le mot ʿâfiya n’a pas d’équivalent exact en français : c’est le salut au sens large, la santé, la sécurité, le fait d’être préservé de tout mal dans sa religion et dans sa vie. Abû Dâwûd rapporte que Wakîʿ expliquait la dernière phrase par le fait d’être englouti par la terre.

9. « Yâ Hayyu yâ Qayyûm… »

Anas ibn Mâlik rapporte que le Prophète ﷺ a fait cette recommandation à sa fille Fâtima.

ما يَمنَعُكِ أن تسمَعي ما أُوصيكِ به؟ أن تقولي إذا أصبحْتِ وإذا أمسَيتِ: يا حيُّ يا قيُّومُ ، برحمتِكَ أستغيثُ ، أَصلِحْ لي شأني كلَّه ، ولا تَكِلْني إلى نفْسي طَرفةَ عَيْنٍ

Yâ Hayyu yâ Qayyûm, bi-rahmatika astaghîth, aslih lî shaʾnî kullah, wa lâ takilnî ilâ nafsî tarfata ʿayn.

« Qu’est-ce qui t’empêche d’écouter ce que je te recommande ? Que tu dises, quand tu arrives au matin et quand tu arrives au soir : Ô Vivant, ô Toi qui subsistes par Toi-même, c’est Ta miséricorde que j’implore : arrange pour moi toutes mes affaires, et ne m’abandonne pas à moi-même, ne serait-ce que le temps d’un clin d’œil. »

An-Nasâʾî, as-Sunan al-Kubrâ 10405 — hasan selon al-Albânî (Sahîh at-Targhîb 661)
  • Nombre : le hadith ne donne pas de nombre ; on la dit une fois le matin et une fois le soir.
  • Forme du soir : identique.

10. « Asbahnâ ʿalâ fitrati-l-islâm… », le matin

ʿAbd ar-Rahmân ibn Abzâ rapporte que le Prophète ﷺ disait cette invocation quand il arrivait au matin.

كان رسولُ اللهِ صلَّى اللهُ عليه وسلَّمَ إذا أَصبَحَ يقولُ: أَصبَحْنا على فِطرةِ الإسلامِ ، وكَلِمةِ الإخلاصِ ، ودِينِ نَبيِّنا محمَّدٍ صلَّى اللهُ عليه وسلَّمَ، وعلى مِلَّةِ أبِينا إبراهيمَ، حَنيفًا مُسلِمًا، وما كان مِنَ المُشرِكينَ.

Asbahnâ ʿalâ fitrati-l-islâm, wa kalimati-l-ikhlâs, wa dîni nabiyyinâ Muhammadin ﷺ, wa ʿalâ millati abînâ Ibrâhîma, hanîfan musliman, wa mâ kâna mina-l-mushrikîn.

Le Messager d’Allah ﷺ disait, quand il arrivait au matin : « Nous voici au matin sur la nature originelle de l’islam, sur la parole du monothéisme pur, sur la religion de notre Prophète Muhammad ﷺ, et sur la voie de notre père Ibrâhîm, monothéiste pur et soumis à Allah, qui n’était pas du nombre des associateurs. »

Musnad Ahmad 15367 — sahih selon Shuʿayb al-Arnaʾût ; chaîne jugée sahih par an-Nawawî (al-Adhkâr)
  • Nombre : le hadith ne donne pas de nombre ; on la dit une fois le matin.
  • Moment : le matin, d’après ce hadith.

11. « Subhâna-llâhi wa bihamdih », cent fois

مَنْ قَالَ حِينَ يُصْبِحُ وَحِينَ يُمْسِي سُبْحَانَ اللَّهِ وَبِحَمْدِهِ مِائَةَ مَرَّةٍ . لَمْ يَأْتِ أَحَدٌ يَوْمَ الْقِيَامَةِ بِأَفْضَلَ مِمَّا جَاءَ بِهِ إِلاَّ أَحَدٌ قَالَ مِثْلَ مَا قَالَ أَوْ زَادَ عَلَيْهِ

Subhâna-llâhi wa bihamdih.

« Celui qui dit, le matin et le soir, Gloire et louange à Allah (Subhâna-llâhi wa bihamdih) cent fois, personne ne viendra le Jour de la Résurrection avec mieux que ce qu’il apportera, sauf quelqu’un qui aura dit la même chose ou davantage. »

Sahîh Muslim 2692
  • Nombre : cent fois le matin, cent fois le soir.
  • Mérite : nul ne viendra avec mieux au Jour de la Résurrection, sauf celui qui en aura dit autant ou plus.
  • Forme du soir : identique.

Cent fois paraît long : en réalité, cela ne prend que quelques minutes. On peut le dire en marchant, dans les transports, en préparant le petit-déjeuner.

12. « Lâ ilâha illa-llâhu wahdahû lâ sharîka lah… »

Cette formule d’unicité revient dans plusieurs hadiths, avec des nombres différents selon le hadith. Le plus court : une fois le matin, une fois le soir.

مَنْ قَالَ إِذَا أَصْبَحَ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَىْءٍ قَدِيرٌ كَانَ لَهُ عِدْلُ رَقَبَةٍ مِنْ وَلَدِ إِسْمَاعِيلَ وَكُتِبَ لَهُ عَشْرُ حَسَنَاتٍ وَحُطَّ عَنْهُ عَشْرُ سَيِّئَاتٍ وَرُفِعَ لَهُ عَشْرُ دَرَجَاتٍ وَكَانَ فِي حِرْزٍ مِنَ الشَّيْطَانِ حَتَّى يُمْسِيَ وَإِنْ قَالَهَا إِذَا أَمْسَى كَانَ لَهُ مِثْلُ ذَلِكَ حَتَّى يُصْبِحَ

Lâ ilâha illa-llâhu wahdahû lâ sharîka lah, lahu-l-mulku wa lahu-l-hamdu, wa huwa ʿalâ kulli shayʾin qadîr.

« Celui qui dit au matin : Nulle divinité sauf Allah, seul, sans associé ; à Lui la royauté, à Lui la louange, et Il est capable de toute chose — aura l’équivalent de l’affranchissement d’un esclave parmi les descendants d’Ismâʿîl ; dix bonnes actions lui seront inscrites, dix mauvaises actions lui seront effacées, il sera élevé de dix degrés, et il sera protégé du diable jusqu’au soir. Et s’il la dit le soir, il aura la même chose jusqu’au matin. »

Sunan Abî Dâwûd 5077 — sahih selon al-Albânî

Un autre hadith, rapporté par l’imam Ahmad d’après Abû Ayyûb al-Ansârî, donne la même formule dix fois :

مَن قال إذا صلَّى الصُّبحَ: لا إلهَ إلَّا اللهُ، وَحْدَه لا شَريكَ له، له المُلكُ وله الحَمدُ، وهو على كُلِّ شَيءٍ قَديرٌ، عَشْرَ مرَّاتٍ؛ كُنَّ كعَدْلِ أربَعِ رِقابٍ، وكُتِبَ له بهِنَّ عَشْرُ حَسَناتٍ، ومُحِيَ عنه بهِنَّ عَشْرُ سيِّئاتٍ، ورُفِعَ له بهِنَّ عَشْرُ دَرَجاتٍ، وكُنْ له حَرَسًا مِن الشَّيْطانِ حتى يُمسِيَ ، وإذا قالَها بعدَ المَغرِبِ فمِثلُ ذلك.

Lâ ilâha illa-llâhu wahdahû lâ sharîka lah, lahu-l-mulku wa lahu-l-hamdu, wa huwa ʿalâ kulli shayʾin qadîr.

« Celui qui dit, après avoir prié le Subh (le Fajr) : Nulle divinité sauf Allah, seul, sans associé ; à Lui la royauté, à Lui la louange, et Il est capable de toute chose — dix fois, ce sera comme l’affranchissement de quatre esclaves ; dix bonnes actions lui seront inscrites, dix mauvaises actions lui seront effacées, il sera élevé de dix degrés, et elles seront pour lui une garde contre le diable jusqu’au soir. Et s’il la dit après le Maghrib, il en sera de même. »

Musnad Ahmad 23518 — sahih selon Shuʿayb al-Arnaʾût ; chaîne hasan selon Ibn Hajar (Fath al-Bârî 11/208)
  • Nombre : une fois matin et soir (Abû Dâwûd 5077), ou dix fois après le Fajr et après le Maghrib (Ahmad 23518).
  • Au fil de la journée : al-Bukhârî (6403) rapporte aussi la même formule cent fois par jour, sans moment précis, avec l’équivalent de l’affranchissement de dix esclaves, cent bonnes actions inscrites, cent mauvaises effacées, et une protection contre le diable ce jour-là jusqu’au soir.

13. « Subhâna-llâhi wa bihamdihi ʿadada khalqih… », le matin, après le Fajr

Juwayriya, l’épouse du Prophète ﷺ, était restée assise à son lieu de prière depuis le Fajr jusqu’au milieu de la matinée. À son retour, le Prophète ﷺ lui demanda : « Es-tu restée dans l’état où je t’ai laissée ? » Elle répondit : « Oui. » Il lui dit alors :

لَقَدْ قُلْتُ بَعْدَكِ أَرْبَعَ كَلِمَاتٍ ثَلاَثَ مَرَّاتٍ لَوْ وُزِنَتْ بِمَا قُلْتِ مُنْذُ الْيَوْمِ لَوَزَنَتْهُنَّ سُبْحَانَ اللَّهِ وَبِحَمْدِهِ عَدَدَ خَلْقِهِ وَرِضَا نَفْسِهِ وَزِنَةَ عَرْشِهِ وَمِدَادَ كَلِمَاتِهِ

Subhâna-llâhi wa bihamdihi ʿadada khalqihi, wa ridâ nafsihi, wa zinata ʿarshihi, wa midâda kalimâtih.

« Après t’avoir quittée, j’ai dit quatre paroles, trois fois. Si on les pesait contre tout ce que tu as dit depuis ce matin, elles pèseraient autant : Gloire et louange à Allah, autant que le nombre de Ses créatures, autant qu’il Lui plaît, autant que le poids de Son Trône, et autant que l’encre de Ses paroles. »

Sahîh Muslim 2726
  • Nombre : trois fois.
  • Mérite : ces paroles égalent, dans la balance, un long moment de dhikr (d’évocation d’Allah).

14. « Aʿûdhu bi-kalimâti-llâhi-t-tâmmât… », le soir

Un homme vint voir le Prophète ﷺ : un scorpion l’avait piqué pendant la nuit.

أَمَا لَوْ قُلْتَ حِينَ أَمْسَيْتَ أَعُوذُ بِكَلِمَاتِ اللَّهِ التَّامَّاتِ مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ لَمْ تَضُرُّكَ

Aʿûdhu bi-kalimâti-llâhi-t-tâmmâti min sharri mâ khalaq.

« Si tu avais dit, en arrivant au soir : Je cherche refuge dans les paroles parfaites d’Allah contre le mal de ce qu’Il a créé — il ne t’aurait pas nui. »

Sahîh Muslim 2709

At-Tirmidhî rapporte la même invocation avec un nombre :

مَن قال حِينَ يُمسِي ثلاثَ مراتٍ : أعوذُ بكلماتِ اللهِ التامَّاتِ من شرِّ ما خلق لم تَضُرُّه حُمَةٌ تِلكَ الليلةِ

Aʿûdhu bi-kalimâti-llâhi-t-tâmmâti min sharri mâ khalaq.

« Celui qui dit le soir, trois fois : Je cherche refuge dans les paroles parfaites d’Allah contre le mal de ce qu’Il a créé — aucune piqûre venimeuse ne lui nuira cette nuit-là. »

At-Tirmidhî 3604 (numérotation de l’édition citée par ad-Durar ; sunnah.com : 3604b ; hasan selon at-Tirmidhî) — sahih selon al-Albânî (Sahîh at-Targhîb 652)
  • Nombre : trois fois.
  • Moment : le soir.

Au fil de la journée : la demande de pardon

Cette invocation se dit tout au long de la journée, et elle accompagne naturellement le matin et le soir. Le Prophète ﷺ a dit : « … et je demande pardon à Allah cent fois par jour » (Muslim 2702), et dans une autre version : « Ô gens, repentez-vous à Allah, car je me repens à Lui cent fois par jour » (Muslim 2702b).

Tableau récapitulatif : nombre de répétitions et sources

InvocationMatinSoirNombreSourceGrade
Ayat al-Kursiouioui1an-Nasâʾî, al-Kubrâ 10730sahih (al-Albânî)
Al-Ikhlâs, al-Falaq, an-Nâsouioui3Abû Dâwûd 5082hasan (al-Albânî)
Sayyid al-istighfârouioui1al-Bukhârî 6306sahih
Asbahnâ / Amsaynâ wa asbaha-l-mulku lillâh…ouioui1Muslim 2723sahih
Allâhumma bika asbahnâ / amsaynâ…ouioui1at-Tirmidhî 3391sahih (al-Albânî) ; hasan (at-Tirmidhî)
Allâhumma fâtira-s-samâwâti…ouioui1Abû Dâwûd 5067sahih (al-Albânî)
Bismi-llâhi-lladhî lâ yadurru…ouioui3Abû Dâwûd 5088sahih (al-Albânî)
Allâhumma innî asʾaluka-l-ʿâfiya…ouioui1Abû Dâwûd 5074sahih (al-Albânî)
Yâ Hayyu yâ Qayyûm…ouioui1an-Nasâʾî, al-Kubrâ 10405hasan (al-Albânî)
Asbahnâ ʿalâ fitrati-l-islâm…oui—1Ahmad 15367sahih (al-Arnaʾût)
Subhâna-llâhi wa bihamdihouioui100Muslim 2692sahih
Lâ ilâha illa-llâhu wahdah…ouioui1, ou 10 après le Fajr et le MaghribAbû Dâwûd 5077 ; Ahmad 23518sahih (al-Albânî ; al-Arnaʾût)
Subhâna-llâhi wa bihamdihi ʿadada khalqih…après le Fajr—3Muslim 2726sahih
Aʿûdhu bi-kalimâti-llâhi-t-tâmmât…—oui3Muslim 2709 ; at-Tirmidhî 3604sahih

« 1 » : le hadith ne donne pas de nombre ; une fois suffit.

Ces invocations figurent toutes dans le chapitre 27 de Hisn al-Muslim, le recueil de Saʿîd al-Qahtânî. Chacune est donnée ici avec sa source et son grade, vérifiés dans les recueils de hadiths.

Les invocations du soir : ce qui change

La plupart des invocations se disent avec les mêmes mots matin et soir. Voici celles qui changent, et ce qui change :

  • « Asbahnâ wa asbaha-l-mulku lillâh… » devient « Amsaynâ wa amsa-l-mulku lillâh… », et « ce jour » (hâdha-l-yawm) devient « cette nuit » (hâdhihi-l-layla), avec les pronoms accordés : khayra mâ baʿdah devient khayra mâ baʿdahâ.
  • « Allâhumma bika asbahnâ, wa bika amsaynâ… » devient « Allâhumma bika amsaynâ, wa bika asbahnâ… », et la fin wa ilayka-l-masîr devient wa ilayka-n-nushûr (version d’at-Tirmidhî ; voir plus haut les autres versions citées).
  • « Aʿûdhu bi-kalimâti-llâhi-t-tâmmât… » se dit le soir.
  • « Subhâna-llâhi wa bihamdihi ʿadada khalqih… » se dit le matin, et « Asbahnâ ʿalâ fitrati-l-islâm… » est rapportée au matin dans le hadith cité plus haut.

Comment apprendre les adhkar du matin et du soir

Personne n’apprend quatorze invocations en une semaine. Voici une méthode simple, pas à pas.

  1. Commencez par les plus courtes

    Les trois dernières sourates (que beaucoup connaissent déjà), « Bismi-llâhi-lladhî lâ yadurru… » trois fois, « Subhâna-llâhi wa bihamdih » cent fois. En quelques jours, elles deviennent naturelles.

  2. Attachez-les à une prière

    Les invocations du matin après le Fajr, celles du soir après l’Asr. Une habitude attachée à un moment fixe tient mieux qu’une bonne intention.

  3. Ajoutez une invocation par semaine

    Sayyid al-istighfâr d’abord, puis « Asbahnâ wa asbaha-l-mulku lillâh… », puis les autres. Lisez-la sur une feuille ou sur votre téléphone tant que vous ne la connaissez pas par cœur.

  4. Écoutez avant de répéter

    La phonétique aide à démarrer, mais rien ne remplace l’oreille. Demandez à l’imam de votre mosquée ou à un proche qui lit bien l’arabe de réciter devant vous, et corrigez-vous sur lui.

  5. Comprenez ce que vous dites

    Lisez la traduction avant de réciter. Une invocation comprise se retient mieux, et surtout, elle se dit avec le cœur : Sayyid al-istighfâr promet le Paradis à celui qui la dit « avec certitude ».

  6. Respectez les nombres du texte

    Trois fois là où le hadith dit trois, cent fois là où il dit cent, une fois quand il ne donne pas de nombre. Comptez sur vos doigts ou avec un compteur.

Pourquoi ces invocations comptent

Ces paroles disent, chaque matin et chaque soir, la même chose : la journée appartient à Allah, la vie et la mort sont entre Ses mains, on ne se suffit pas à soi-même, on a besoin de Son pardon et de Sa protection. L’invocation confiée à Fâtima le résume : « … ne m’abandonne pas à moi-même, ne serait-ce que le temps d’un clin d’œil ».

Pour une famille en deuil, une phrase prend un poids particulier : « … c’est par Toi que nous vivons et par Toi que nous mourons, et vers Toi est la résurrection ». Et ce que l’on peut faire pour un défunt passe aussi par l’invocation : voyez notre article sur les invocations pour un défunt, et, pour le soutien aux proches, celui sur le deuil en islam.

Questions fréquentes

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Kamel

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