Fiqh

Ayat al-Kursi : texte arabe, phonétique et traduction

Ayat al-Kursi (Coran 2:255) en arabe, en phonétique phrase par phrase et en français, avec son explication, ses bienfaits authentiques et quand le réciter.

Kamel · salatjanazah.com · 18 min de lecture
Le début d’Ayat al-Kursi calligraphié en lettres dorées sur fond bleu nuit (sourate al-Baqara, verset 255)

Ayat al-Kursi, le « verset du Trône », est le 255e verset de la sourate al-Baqara. Le Prophète ﷺ l’a désigné comme le plus grand verset du Coran. Vous trouverez ici Ayat al-Kursi en arabe, sa phonétique phrase par phrase, sa traduction en français, l’explication de chaque phrase d’après les grands commentaires, ses bienfaits authentiques, et les moments où le réciter.

Ayat al-Kursi en arabe : le texte complet

Voici le verset tel qu’il figure dans le mushaf, l’exemplaire écrit du Coran, avec ses voyelles.

﴿ اللَّهُ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ ۚ لَا تَأْخُذُهُ سِنَةٌ وَلَا نَوْمٌ ۚ لَهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الْأَرْضِ ۗ مَنْ ذَا الَّذِي يَشْفَعُ عِنْدَهُ إِلَّا بِإِذْنِهِ ۚ يَعْلَمُ مَا بَيْنَ أَيْدِيهِمْ وَمَا خَلْفَهُمْ ۖ وَلَا يُحِيطُونَ بِشَيْءٍ مِنْ عِلْمِهِ إِلَّا بِمَا شَاءَ ۚ وَسِعَ كُرْسِيُّهُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ ۖ وَلَا يَئُودُهُ حِفْظُهُمَا ۚ وَهُوَ الْعَلِيُّ الْعَظِيمُ ﴾

Allâhu lâ ilâha illâ huwa-l-hayyu-l-qayyûm. Lâ taʾkhudhuhû sinatuñ wa lâ nawm. Lahû mâ fi-s-samâwâti wa mâ fi-l-ard. Man dha-lladhî yashfaʿu ʿindahû illâ bi-idhnih. Yaʿlamu mâ bayna aydîhim wa mâ khalfahum. Wa lâ yuhîtûna bi-shayʾim-min ʿilmihî illâ bimâ shâʾ. Wasiʿa kursiyyuhu-s-samâwâti wa-l-ard. Wa lâ yaʾûduhû hifzuhumâ. Wa huwa-l-ʿaliyyu-l-ʿazîm.

Allah : nulle divinité digne d’adoration sauf Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même et fait subsister toute chose. Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. À Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? Il sait ce qui est devant eux et ce qui est derrière eux, et ils n’embrassent de Sa science que ce qu’Il veut. Son Kursî s’étend sur les cieux et la terre, et leur garde ne Lui pèse pas. Il est le Très-Haut, l’Immense.

Coran, sourate al-Baqara (2:255)

Les petits signes au-dessus du texte (ۚ, ۖ, ۗ) sont des signes de pause. Ils indiquent où l’on peut s’arrêter pour respirer sans couper le sens. Ils aident à repérer les phrases du verset, présentées une à une dans le tableau ci-dessous.

Image de la vidéo : Ayat al-Kursi, récitée par le cheikh Mishary Rashid Alafasy
Ayat al-Kursi, récitée par le cheikh Mishary Rashid Alafasy (chaîne officielle du récitateur sur YouTube)

Ayat al-Kursi en phonétique, phrase par phrase

Apprenez le verset phrase par phrase. Ibn Kathîr y compte dix phrases, chacune complète en elle-même : chaque ligne du tableau en est une.

N°ArabePhonétiqueTraduction
1اللَّهُ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَAllâhu lâ ilâha illâ huwaAllah : nulle divinité sauf Lui
2الْحَيُّ الْقَيُّومُal-hayyu-l-qayyûmle Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même
3لَا تَأْخُذُهُ سِنَةٌ وَلَا نَوْمٌlâ taʾkhudhuhû sinatuñ wa lâ nawmni somnolence ni sommeil ne Le saisissent
4لَهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الْأَرْضِlahû mâ fi-s-samâwâti wa mâ fi-l-ardà Lui ce qui est dans les cieux et sur la terre
5مَنْ ذَا الَّذِي يَشْفَعُ عِنْدَهُ إِلَّا بِإِذْنِهِman dha-lladhî yashfaʿu ʿindahû illâ bi-idhnihqui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ?
6يَعْلَمُ مَا بَيْنَ أَيْدِيهِمْ وَمَا خَلْفَهُمْyaʿlamu mâ bayna aydîhim wa mâ khalfahumIl sait ce qui est devant eux et derrière eux
7وَلَا يُحِيطُونَ بِشَيْءٍ مِنْ عِلْمِهِ إِلَّا بِمَا شَاءَwa lâ yuhîtûna bi-shayʾim-min ʿilmihî illâ bimâ shâʾils n’embrassent de Sa science que ce qu’Il veut
8وَسِعَ كُرْسِيُّهُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَwasiʿa kursiyyuhu-s-samâwâti wa-l-ardSon Kursî s’étend sur les cieux et la terre
9وَلَا يَئُودُهُ حِفْظُهُمَاwa lâ yaʾûduhû hifzuhumâleur garde ne Lui pèse pas
10وَهُوَ الْعَلِيُّ الْعَظِيمُwa huwa-l-ʿaliyyu-l-ʿazîmIl est le Très-Haut, l’Immense

Bien prononcer : les pièges de la phonétique

La phonétique aide à démarrer, mais elle ne remplace pas l’écoute d’un récitateur. Quelques repères :

  • â, î, û sont des voyelles longues : on les tient deux temps. Qayyûm, ʿazîm, ilâha.
  • ʿ note le ʿayn, une consonne de gorge qu’il ne faut pas avaler : yashfaʿu, ʿindahû, ʿilmihî, wasiʿa, ʿaliyy.
  • ʾ note un arrêt bref de la voix (hamza) : taʾkhudhuhû, yaʾûduhû, shâʾ.
  • dh se prononce comme le th anglais de this : taʾkhudhuhû, dha-lladhî, idhnih.
  • h de hayy, yuhîtûna et hifz est un h soufflé du fond de la gorge (ح), pas le h muet du français.
  • z de hifzuhumâ et de ʿazîm est une lettre emphatique (ظ), prononcée la langue entre les dents, avec la bouche arrondie.
  • kh (taʾkhudhuhû, khalfahum) se prononce comme la jota espagnole.
  • sinatuñ wa : le n final se fond dans le w avec un léger son nasal. De même, bi-shayʾin min se lit bi-shayʾim-min.
  • À l’arrêt, la dernière voyelle tombe : on dit nawm, ard, ʿazîm, et non nawmun, ardi, ʿazîmu. Si l’on enchaîne sans s’arrêter, on garde la voyelle : wa lâ nawmun lahû…

Pour mémoriser, écoutez un récitateur reconnu en suivant le texte arabe, phrase par phrase, puis répétez chaque phrase trois ou quatre fois avant de passer à la suivante. Les imams des mosquées proposent souvent ce travail aux débutants.

La traduction d’Ayat al-Kursi en français

Aucune traduction ne rend tout le sens du Coran. Celle que nous donnons sous le texte arabe, plus haut, reste au plus près des mots. Allah n’est pas traduit par « Dieu » : c’est Son nom propre. Al-Qayyûm demande une périphrase en français, parce qu’il dit à la fois qu’Allah subsiste par Lui-même et qu’Il fait subsister toute chose.

Le mot Kursî est souvent traduit par « Trône », d’où le nom français de « verset du Trône ». C’est une approximation : le Coran emploie un autre mot pour le Trône, al-ʿArsh. Nous gardons donc le mot arabe. Son sens est expliqué plus bas.

L’explication d’Ayat al-Kursi, phrase par phrase

Voici le sens des dix phrases du verset, d’après les commentaires d’Ibn Kathîr et d’as-Saʿdî.

« Allah : nulle divinité sauf Lui »

Le verset s’ouvre sur l’attestation de l’unicité. As-Saʿdî l’explique ainsi : nul n’a droit à l’adoration en dehors d’Allah, parce que tout ce qui n’est pas Lui est créé, limité et dépendant. C’est le sens de lâ ilâha illâ-llâh, que le musulman prononce chaque jour.

« Le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même »

Al-Hayy est le Vivant d’une vie parfaite, qui n’a pas commencé et ne finira pas. Al-Qayyûm est Celui qui subsiste par Lui-même, sans besoin de personne, et qui fait subsister toute chose. As-Saʿdî note que ces deux noms renferment tous les autres : la vie parfaite implique l’ouïe, la vue, la science, la puissance ; la subsistance implique la création, la subsistance des créatures et la gestion de l’univers. Certains savants y ont vu le plus grand nom d’Allah (voir plus bas).

« Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent »

La somnolence (sina) est le début du sommeil ; le sommeil (nawm) est plus fort. Le verset écarte les deux. Allah n’est jamais distrait ni absent de Sa création. Le Prophète ﷺ l’a dit en termes clairs :

إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ لاَ يَنَامُ وَلاَ يَنْبَغِي لَهُ أَنْ يَنَامَ …

Inna-llâha ʿazza wa jalla lâ yanâmu wa lâ yanbaghî lahû an yanâm…

Allah, le Puissant et Majestueux, ne dort pas, et il ne Lui convient pas de dormir…

Sahîh Muslim 179

« À Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre »

Tout ce qui existe est Sa propriété et Ses serviteurs : les anges, les humains, les djinns, les choses. Personne ne possède quoi que ce soit indépendamment de Lui.

« Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? »

La question vaut négation : personne. L’intercession existe, mais elle appartient à Allah. Le jour du Jugement, même le Prophète ﷺ demandera la permission à son Seigneur et se prosternera, et c’est ensuite qu’il lui sera dit d’intercéder (al-Bukhârî 7510 ; Muslim 193). As-Saʿdî ajoute : quand Allah veut faire miséricorde à quelqu’un, Il permet à qui Il veut honorer d’intercéder pour lui.

« Il sait ce qui est devant eux et ce qui est derrière eux »

Sa science embrasse le passé et l’avenir de toutes les créatures, ce qui est apparent et ce qui est caché. As-Saʿdî l’explique : « ce qui est devant eux », ce qui est passé ; « ce qui est derrière eux », ce qui est à venir.

« Ils n’embrassent de Sa science que ce qu’Il veut »

Les créatures, même les anges et les prophètes, ne savent que ce qu’Allah leur enseigne. Ibn Kathîr ajoute que le sens peut aussi être : on ne connaît de Ses noms et attributs que ce qu’Il a révélé.

« Son Kursî s’étend sur les cieux et la terre »

C’est la phrase qui donne son nom au verset.

  • Ibn Kathîr rapporte d’Ibn ʿAbbâs que le Kursî est l’endroit des deux pieds, et que nul ne peut estimer la grandeur du Trône (al-ʿArsh). Al-Hâkim a jugé cette parole authentique.
  • As-Saʿdî explique que le Kursî est une créature immense, mais que le Trône est plus grand encore. Si le Kursî contient les cieux et la terre, que dire de Celui qui les a créés ?

D’autres explications existent, mais Ibn Kathîr retient comme le plus juste que le Kursî est distinct du Trône, et que le Trône est plus grand. Ibn Kathîr rappelle la méthode des premiers musulmans pour ces versets et les hadiths de même sens : les faire passer tels qu’ils sont venus, sans chercher à se représenter comment ils sont (takyîf) et sans les comparer à ceux des créatures (tashbîh).

« Leur garde ne Lui pèse pas »

Yaʾûduhû vient d’un verbe qui signifie « peser, fatiguer ». Maintenir les cieux et la terre ne Lui coûte aucun effort. Ce qui épuiserait toute créature est facile pour Lui.

« Il est le Très-Haut, l’Immense »

Al-ʿAliyy : le Très-Haut. As-Saʿdî en donne trois sens : élevé par Son être au-dessus de Son Trône, élevé par Sa domination sur toute la création, élevé par le rang de Ses attributs. Al-ʿAzîm : l’Immense, devant qui la puissance des puissants n’est rien. As-Saʿdî conclut que ce verset, à lui seul, est un résumé du credo sur les noms et les attributs d’Allah.

Les bienfaits d’Ayat al-Kursi d’après les hadiths authentiques

Le plus grand verset du Coran

C’est le mérite le plus sûr, rapporté par Muslim. Le Prophète ﷺ interroge un Compagnon connu pour sa science du Coran, Ubayy ibn Kaʿb, surnommé Abû l-Mundhir.

يَا أَبَا الْمُنْذِرِ أَتَدْرِي أَىُّ آيَةٍ مِنْ كِتَابِ اللَّهِ مَعَكَ أَعْظَمُ؟ قَالَ: قُلْتُ: اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ. قَالَ: يَا أَبَا الْمُنْذِرِ أَتَدْرِي أَىُّ آيَةٍ مِنْ كِتَابِ اللَّهِ مَعَكَ أَعْظَمُ؟ قَالَ: قُلْتُ: اللَّهُ لاَ إِلَهَ إِلاَّ هُوَ الْحَىُّ الْقَيُّومُ. قَالَ: فَضَرَبَ فِي صَدْرِي وَقَالَ: وَاللَّهِ لِيَهْنِكَ الْعِلْمُ أَبَا الْمُنْذِرِ

Yâ Abâ l-Mundhir, a-tadrî ayyu âyatin min kitâbi-llâhi maʿaka aʿzam ? Qâla : qultu : Allâhu wa rasûluhû aʿlam. Qâla : yâ Abâ l-Mundhir, a-tadrî ayyu âyatin min kitâbi-llâhi maʿaka aʿzam ? Qâla : qultu : Allâhu lâ ilâha illâ huwa-l-hayyu-l-qayyûm. Qâla : fa-daraba fî sadrî wa qâla : wa-llâhi li-yahnika-l-ʿilmu Abâ l-Mundhir.

« Ô Abû l-Mundhir, sais-tu quel verset du Livre d’Allah que tu connais est le plus grand ? » Ubayy raconte : j’ai répondu « Allah et Son Messager savent mieux ». Il a redemandé : « Ô Abû l-Mundhir, sais-tu quel verset du Livre d’Allah que tu connais est le plus grand ? » J’ai répondu « Allah, nulle divinité sauf Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même ». Il m’a frappé la poitrine et a dit : « Par Allah, que la science te soit agréable, Abû l-Mundhir ! »

Sahîh Muslim 810

Une protection pour la nuit, au coucher

Abû Hurayra gardait les réserves de la zakât al-fitr, l’aumône de la fin du Ramadan. Trois nuits de suite, il surprend un homme qui se sert dans la nourriture. La troisième fois, l’homme lui propose un enseignement en échange de sa liberté. Le lendemain, le Prophète ﷺ confirme ce qu’il a dit et lui révèle qui il était.

إِذَا أَوَيْتَ إِلَى فِرَاشِكَ فَاقْرَأْ آيَةَ الْكُرْسِيِّ … فَإِنَّكَ لَنْ يَزَالَ عَلَيْكَ مِنَ اللَّهِ حَافِظٌ، وَلاَ يَقْرَبَنَّكَ شَيْطَانٌ حَتَّى تُصْبِحَ … أَمَا إِنَّهُ قَدْ صَدَقَكَ وَهُوَ كَذُوبٌ … ذَاكَ شَيْطَانٌ

Idhâ awayta ilâ firâshika fa-qraʾ âyata-l-kursiyy… fa-innaka lan yazâla ʿalayka mina-llâhi hâfizun, wa lâ yaqrabannaka shaytânun hattâ tusbih… Amâ innahû qad sadaqaka wa huwa kadhûb… Dhâka shaytân.

« Quand tu te mets au lit, récite Ayat al-Kursi […] : tu ne cesseras d’avoir sur toi un gardien venant d’Allah, et aucun démon ne t’approchera jusqu’au matin. » Le Prophète ﷺ a dit : « Il t’a dit la vérité, alors qu’il est grand menteur. […] C’était un démon. »

Sahîh al-Bukhârî 2311

Al-Bukhârî rapporte ce récit à trois endroits (n° 2311, 3275 et 5010), sous une forme où il ne cite pas le début de la chaîne (muʿallaq). Le hadith est néanmoins reçu comme authentique : an-Nasâʾî l’a rapporté avec une chaîne complète, et les spécialistes l’ont accepté. La leçon est double : la protection promise, et le fait que c’est le Prophète ﷺ qui la valide, pas le démon.

Après chaque prière obligatoire

مَنْ قَرَأَ آيَةَ الْكُرْسِيِّ فِي دُبُرِ كُلِّ صَلَاةٍ مَكْتُوبَةٍ لَمْ يَمْنَعْهُ مِنْ دُخُولِ الْجَنَّةِ إِلَّا أَنْ يَمُوتَ

Man qaraʾa âyata-l-kursiyyi fî duburi kulli salâtin maktûbatin lam yamnaʿhu min dukhûli-l-jannati illâ an yamût.

Celui qui récite Ayat al-Kursi après chaque prière obligatoire, rien ne l’empêche d’entrer au Paradis, si ce n’est qu’il meure.

An-Nasâʾî, as-Sunan al-Kubrâ 9848 — sahih

Le hadith est rapporté par Abû Umâma. Son grade : Ibn Hibbân l’a jugé authentique, Ibn Hajar l’a jugé « sahih ou hasan », al-Albânî l’a jugé sahih. Le sens : seule la mort sépare cette personne du Paradis, par la grâce d’Allah, à condition bien sûr de la foi et de l’accomplissement des obligations.

« Après la prière » signifie après le salut final (taslîm), parmi les invocations qui suivent la prière. Chacun le récite pour soi. Le détail de ces invocations est donné dans notre guide comment faire la prière.

Matin et soir : une protection contre les djinns

Ubayy ibn Kaʿb avait une réserve de dattes qui diminuait. Une nuit, il la surveille et surprend une créature à l’apparence d’un jeune garçon, un djinn. Ubayy lui demande ce qui protège des djinns ; il répond : ce verset de la sourate al-Baqara, Allâhu lâ ilâha illâ huwa-l-hayyu-l-qayyûm.

… مَنْ قَالَهَا حِينَ يُمْسِي أُجِيرَ مِنَّا حَتَّى يُصْبِحَ، وَمَنْ قَالَهَا حِينَ يُصْبِحُ أُجِيرَ مِنَّا حَتَّى يُمْسِيَ … صَدَقَ الْخَبِيثُ

…Man qâlahâ hîna yumsî ujîra minnâ hattâ yusbih, wa man qâlahâ hîna yusbihu ujîra minnâ hattâ yumsî… Sadaqa-l-khabîth.

« … Celui qui le dit le soir est protégé de nous jusqu’au matin, et celui qui le dit le matin est protégé de nous jusqu’au soir. » Le lendemain, Ubayy l’a rapporté au Prophète ﷺ, qui a dit : « Le malfaisant a dit vrai. »

An-Nasâʾî, as-Sunan al-Kubrâ 10730 ; Ibn Hibbân 784 — sahih selon al-Albânî (Sahîh at-Targhîb 662)

C’est pourquoi Ayat al-Kursi figure dans les invocations du matin et du soir (adhkâr as-sabâh wa-l-masâʾ), une fois à chaque moment.

Ce qu’on rapporte sur le « plus grand nom » d’Allah

Un hadith d’Abû Umâma rapporté par Ibn Mâja (n° 3856, jugé hasan par al-Albânî) dit que le plus grand nom d’Allah, par lequel Il exauce celui qui L’invoque, se trouve dans trois sourates : al-Baqara, Âl ʿImrân et Tâ-Hâ. Le savant de Damas Hishâm ibn ʿAmmâr, cité par Ibn Kathîr, en a déduit qu’il s’agit d’al-Hayy al-Qayyûm, présent dans Ayat al-Kursi (2:255), au début d’Âl ʿImrân (3:2) et dans Tâ-Hâ (20:111). C’est une déduction de savants, pas une parole explicite du Prophète ﷺ.

Tableau récapitulatif : quand réciter Ayat al-Kursi

MomentCombien de foisCe qui est promisRéférenceGrade
Au coucher1 fois, en entierUn gardien d’Allah, aucun démon jusqu’au matinal-Bukhârî 2311Authentique
Après chaque prière obligatoire1 foisSeule la mort sépare du Paradisan-Nasâʾî, al-Kubrâ 9848Sahih (Ibn Hibbân, al-Albânî)
Le matin1 foisProtection contre les djinns jusqu’au soiran-Nasâʾî, al-Kubrâ 10730Sahih (al-Albânî)
Le soir1 foisProtection contre les djinns jusqu’au matinan-Nasâʾî, al-Kubrâ 10730Sahih (al-Albânî)
À tout moment, en ruqyaSelon le besoinPas de promesse chiffréePratique des savants—

Ayat al-Kursi et la ruqya

La ruqya consiste à réciter le Coran et des invocations authentiques sur soi ou sur un malade, en demandant la guérison et la protection à Allah. Elle est permise : un Compagnon a soigné un chef de tribu piqué en récitant la Fâtiha, et le Prophète ﷺ a approuvé (al-Bukhârî 5749).

Les savants incluent Ayat al-Kursi dans la ruqya, parce que les textes authentiques en font une protection contre les démons. On le récite habituellement avec la Fâtiha, les derniers versets de la sourate al-Baqara et les trois dernières sourates. Et le Prophète ﷺ a dit que le démon fuit la maison où l’on récite la sourate al-Baqara, dont Ayat al-Kursi fait partie (Muslim 780).

Au coucher, la Sunna est aussi de réciter ces trois dernières sourates (al-Ikhlâs, al-Falaq, an-Nâs), de souffler dans ses mains jointes et de les passer sur le corps, trois fois (al-Bukhârî 5017). Ayat al-Kursi s’ajoute à ce moment-là.

La ruqya de la Sunna est simple, et vous pouvez la faire vous-même, sans intermédiaire. On récite sur soi ou sur le malade, on souffle légèrement, comme le Compagnon qui récita la Fâtiha (al-Bukhârî 5749), et on demande la guérison à Allah.

Questions pratiques sur la récitation

Faut-il les ablutions ?

Non pour réciter de mémoire : c’est permis sans ablutions par accord des savants. Pour toucher le mushaf, en revanche, la majorité des savants demandent les ablutions. Elles restent préférables par respect pour le Coran. Notre guide des ablutions (woudou) explique comment les faire.

Pendant les règles ou en état de janâba ?

Pour la personne en état de grande impureté (janâba) ou la femme pendant ses règles, la plupart des savants interdisent la récitation du Coran, avec des exceptions : certains permettent de dire Ayat al-Kursi avec l’intention de se protéger. Notre guide du ghusl donne le détail pour la janâba ; pour votre cas, demandez à votre imam.

Faut-il le réciter en entier ?

Oui pour obtenir ce que promettent les hadiths. Celui d’Abû Hurayra précise « … jusqu’à ce que tu termines le verset… ». Le verset s’arrête à wa huwa-l-ʿaliyyu-l-ʿazîm. Les deux versets qui suivent (2:256-257) sont une autre lecture du Coran, récompensée elle aussi.

Conseils pour bien le réciter

  • Situez-le dans le Coran : c’est le 255e verset de la sourate al-Baqara, la deuxième sourate du mushaf.
  • Apprenez-le à l’oreille : écoutez un récitateur reconnu, phrase par phrase, en suivant le texte arabe. La phonétique aide au début ; la récitation fait le reste.
  • Comprenez ce que vous dites : relire l’explication de chaque phrase, plus haut, change la façon de le réciter.
  • Récitez avec présence du cœur : la protection vient d’Allah, et le verset est d’abord une louange de Ses noms et de Ses attributs.
  • Gardez les moments de la Sunna : au coucher, après chaque prière obligatoire, le matin et le soir.

Pour finir

Ayat al-Kursi tient en un seul verset de dix phrases, mais il dit l’essentiel de la foi : Allah est seul, vivant, présent, savant, puissant, et rien ne Lui échappe. Le réciter au coucher, après chaque prière et matin et soir, c’est se remettre à Lui plusieurs fois par jour. Pour réciter après chaque prière dans sa mosquée, encore faut-il connaître l’heure de la prière : nos horaires de prière expliquent comment ils sont calculés et pourquoi ils varient d’une mosquée à l’autre.

Questions fréquentes

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Kamel

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