Fiqh

Sourate Al-Mulk : arabe, phonétique, traduction et mérites

La sourate Al-Mulk (Tabârak, sourate 67) complète : les 30 versets en arabe, en phonétique et en français, ses thèmes d’après les tafsirs, ses mérites authentiques, la protection de la tombe expliquée et quand la lire.

Kamel · salatjanazah.com22 min de lecture
La Voie lactée dans un ciel étoilé, au-dessus de la silhouette d’une mosquée et de son minaret
Photo : Waleed Ilyas, ciel étoilé au-dessus d’une mosquée de Lahore, via Pexels (licence Pexels)

La sourate Al-Mulk, « la Royauté », est la 67e sourate du Coran. On l’appelle aussi Tabârak, d’après son premier mot. Elle compte trente versets, révélés à La Mecque. Beaucoup de musulmans la lisent chaque soir avant de dormir, parce qu’elle intercède pour celui qui la récite et qu’Ibn Masʿûd l’appelle « celle qui protège » du châtiment de la tombe. Vous trouverez ici la sourate Al-Mulk en arabe, en phonétique et en traduction française, verset par verset, ses thèmes d’après les grands commentaires, ses mérites avec le degré exact de chaque hadith, et le moment où la lire.

Image de la vidéo : Sourate Al-Mulk, récitée par le cheikh Mishary Rashid Alafasy
Sourate Al-Mulk, récitée par le cheikh Mishary Rashid Alafasy (chaîne officielle du récitateur sur YouTube)

La sourate Al-Mulk en arabe, en phonétique et en français

Chaque verset est donné en trois lignes : le texte arabe, la phonétique, puis la traduction.

  • L’arabe est copié de l’édition quran-simple de l’API Al Quran Cloud, selon la lecture de Hafs.
  • La phonétique est établie à partir de la translittération mot à mot de quran.com et de la translittération suivie d’Al Quran Cloud, transcrites avec les conventions de ce site (â, î, û pour les voyelles longues ; ʿ pour le ʿayn ; ʾ pour la hamza). Elle note la lecture enchaînée, avec les liaisons du tajwîd (les règles de la récitation). Les points (.) correspondent aux signes de pause de l’édition utilisée : on peut y reprendre son souffle.
  • La traduction est la nôtre, au plus près du texte, contrôlée sur celle de Muhammad Hamidullah et sur les tafsirs (commentaires du Coran) d’Ibn Kathîr et d’as-Saʿdî. Les mots entre crochets ne sont pas dans l’arabe : ils aident à comprendre.

On commence la sourate par la basmala, qui n’est pas comptée comme un verset de la sourate Al-Mulk.

﴿ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَٰنِ الرَّحِيمِ ﴾

Bismi-llâhi-r-rahmâni-r-rahîm.

Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.

Coran, sourate al-Mulk (basmala)

Versets 1 à 5 : la royauté d’Allah et la création sans défaut

﴿ تَبَارَكَ الَّذِي بِيَدِهِ الْمُلْكُ وَهُوَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ ﴾

Tabâraka-lladhî biyadihi-l-mulku wa huwa ʿalâ kulli shayʾin qadîr.

Béni soit Celui dans la main de qui est la royauté, et Il est capable de toute chose.

Coran, sourate al-Mulk (67:1)

﴿ الَّذِي خَلَقَ الْمَوْتَ وَالْحَيَاةَ لِيَبْلُوَكُمْ أَيُّكُمْ أَحْسَنُ عَمَلًا ۚ وَهُوَ الْعَزِيزُ الْغَفُورُ ﴾

Alladhî khalaqa-l-mawta wa-l-hayâta liyabluwakum ayyukum ahsanu ʿamalâ. Wa huwa-l-ʿazîzu-l-ghafûr.

Celui qui a créé la mort et la vie pour vous éprouver : lequel d’entre vous agit le mieux. Il est le Tout-Puissant, Celui qui pardonne.

Coran, sourate al-Mulk (67:2)

﴿ الَّذِي خَلَقَ سَبْعَ سَمَاوَاتٍ طِبَاقًا ۖ مَا تَرَىٰ فِي خَلْقِ الرَّحْمَٰنِ مِنْ تَفَاوُتٍ ۖ فَارْجِعِ الْبَصَرَ هَلْ تَرَىٰ مِنْ فُطُورٍ ﴾

Alladhî khalaqa sabʿa samâwâtin tibâqâ. Mâ tarâ fî khalqi-r-rahmâni min tafâwut. Fa-rjiʿi-l-basara hal tarâ min futûr.

Celui qui a créé sept cieux superposés. Tu ne vois aucune disproportion dans la création du Tout-Miséricordieux. Ramène donc ton regard : y vois-tu une fissure ?

Coran, sourate al-Mulk (67:3)

﴿ ثُمَّ ارْجِعِ الْبَصَرَ كَرَّتَيْنِ يَنْقَلِبْ إِلَيْكَ الْبَصَرُ خَاسِئًا وَهُوَ حَسِيرٌ ﴾

Thumma-rjiʿi-l-basara karratayni yanqalib ilayka-l-basaru khâsiʾañ wa huwa hasîr.

Puis ramène ton regard, encore et encore : ton regard te reviendra humble et épuisé.

Coran, sourate al-Mulk (67:4)

﴿ وَلَقَدْ زَيَّنَّا السَّمَاءَ الدُّنْيَا بِمَصَابِيحَ وَجَعَلْنَاهَا رُجُومًا لِلشَّيَاطِينِ ۖ وَأَعْتَدْنَا لَهُمْ عَذَابَ السَّعِيرِ ﴾

Wa laqad zayyanna-s-samâʾa-d-dunyâ bimasâbîha wa jaʿalnâhâ rujûmal-lish-shayâtîn. Wa aʿtadnâ lahum ʿadhâba-s-saʿîr.

Nous avons orné le ciel le plus proche de lampes, et Nous en avons fait des projectiles contre les démons. Et Nous leur avons préparé le châtiment de la Fournaise.

Coran, sourate al-Mulk (67:5)

Versets 6 à 11 : l’Enfer et l’aveu de ceux qui ont refusé

﴿ وَلِلَّذِينَ كَفَرُوا بِرَبِّهِمْ عَذَابُ جَهَنَّمَ ۖ وَبِئْسَ الْمَصِيرُ ﴾

Wa lilladhîna kafarû birabbihim ʿadhâbu jahannam. Wa biʾsa-l-masîr.

Ceux qui ont mécru en leur Seigneur auront le châtiment de l’Enfer. Et quelle détestable destination !

Coran, sourate al-Mulk (67:6)

﴿ إِذَا أُلْقُوا فِيهَا سَمِعُوا لَهَا شَهِيقًا وَهِيَ تَفُورُ ﴾

Idhâ ulqû fîhâ samiʿû lahâ shahîqañ wa hiya tafûr.

Quand ils y seront jetés, ils l’entendront pousser un râle, tandis qu’elle bouillonne.

Coran, sourate al-Mulk (67:7)

﴿ تَكَادُ تَمَيَّزُ مِنَ الْغَيْظِ ۖ كُلَّمَا أُلْقِيَ فِيهَا فَوْجٌ سَأَلَهُمْ خَزَنَتُهَا أَلَمْ يَأْتِكُمْ نَذِيرٌ ﴾

Takâdu tamayyazu mina-l-ghayz. Kullamâ ulqiya fîhâ fawjun saʾalahum khazanatuhâ alam yaʾtikum nadhîr.

Elle manque d’éclater de fureur. Chaque fois qu’un groupe y est jeté, ses gardiens leur demandent : « Aucun avertisseur n’est-il venu à vous ? »

Coran, sourate al-Mulk (67:8)

﴿ قَالُوا بَلَىٰ قَدْ جَاءَنَا نَذِيرٌ فَكَذَّبْنَا وَقُلْنَا مَا نَزَّلَ اللَّهُ مِنْ شَيْءٍ إِنْ أَنْتُمْ إِلَّا فِي ضَلَالٍ كَبِيرٍ ﴾

Qâlû balâ qad jâʾanâ nadhîrun fakadhdhabnâ wa qulnâ mâ nazzala-llâhu min shayʾin in antum illâ fî dalâlin kabîr.

Ils diront : « Si, un avertisseur est bien venu à nous, mais nous l’avons traité de menteur et nous avons dit : Allah n’a rien fait descendre, vous n’êtes que dans un grand égarement. »

Coran, sourate al-Mulk (67:9)

﴿ وَقَالُوا لَوْ كُنَّا نَسْمَعُ أَوْ نَعْقِلُ مَا كُنَّا فِي أَصْحَابِ السَّعِيرِ ﴾

Wa qâlû law kunnâ nasmaʿu aw naʿqilu mâ kunnâ fî as-hâbi-s-saʿîr.

Et ils diront : « Si nous avions écouté ou réfléchi, nous ne serions pas parmi les gens de la Fournaise. »

Coran, sourate al-Mulk (67:10)

﴿ فَاعْتَرَفُوا بِذَنْبِهِمْ فَسُحْقًا لِأَصْحَابِ السَّعِيرِ ﴾

Faʿtarafû bidhanbihim fa-suhqal-li-as-hâbi-s-saʿîr.

Ils reconnaîtront alors leur péché. Loin [de la miséricorde], les gens de la Fournaise !

Coran, sourate al-Mulk (67:11)

Versets 12 à 14 : ceux qui craignent Allah sans Le voir

﴿ إِنَّ الَّذِينَ يَخْشَوْنَ رَبَّهُمْ بِالْغَيْبِ لَهُمْ مَغْفِرَةٌ وَأَجْرٌ كَبِيرٌ ﴾

Inna-lladhîna yakhshawna rabbahum bi-l-ghaybi lahum maghfiratuñ wa ajrun kabîr.

Ceux qui craignent leur Seigneur sans Le voir auront un pardon et une grande récompense.

Coran, sourate al-Mulk (67:12)

﴿ وَأَسِرُّوا قَوْلَكُمْ أَوِ اجْهَرُوا بِهِ ۖ إِنَّهُ عَلِيمٌ بِذَاتِ الصُّدُورِ ﴾

Wa asirrû qawlakum awi-jharû bih. Innahû ʿalîmum-bidhâti-s-sudûr.

Que vous gardiez secrète votre parole ou que vous la disiez à voix haute, Il connaît parfaitement ce que contiennent les poitrines.

Coran, sourate al-Mulk (67:13)

﴿ أَلَا يَعْلَمُ مَنْ خَلَقَ وَهُوَ اللَّطِيفُ الْخَبِيرُ ﴾

Alâ yaʿlamu man khalaqa wa huwa-l-latîfu-l-khabîr.

Celui qui a créé ne saurait-Il pas ? Il est le Subtil, Celui qui est parfaitement informé.

Coran, sourate al-Mulk (67:14)

Versets 15 à 22 : la terre, le ciel, les oiseaux, la subsistance

﴿ هُوَ الَّذِي جَعَلَ لَكُمُ الْأَرْضَ ذَلُولًا فَامْشُوا فِي مَنَاكِبِهَا وَكُلُوا مِنْ رِزْقِهِ ۖ وَإِلَيْهِ النُّشُورُ ﴾

Huwa-lladhî jaʿala lakumu-l-arda dhalûlan fa-mshû fî manâkibihâ wa kulû mir-rizqih. Wa ilayhi-n-nushûr.

C’est Lui qui vous a rendu la terre docile : parcourez donc ses étendues et mangez de ce qu’Il vous accorde. Et c’est vers Lui que se fera la résurrection.

Coran, sourate al-Mulk (67:15)

﴿ أَأَمِنْتُمْ مَنْ فِي السَّمَاءِ أَنْ يَخْسِفَ بِكُمُ الْأَرْضَ فَإِذَا هِيَ تَمُورُ ﴾

Aʾamintum man fi-s-samâʾi ay-yakhsifa bikumu-l-arda fa-idhâ hiya tamûr.

Êtes-vous à l’abri que Celui qui est au ciel fasse que la terre vous engloutisse, alors qu’elle se met à trembler ?

Coran, sourate al-Mulk (67:16)

﴿ أَمْ أَمِنْتُمْ مَنْ فِي السَّمَاءِ أَنْ يُرْسِلَ عَلَيْكُمْ حَاصِبًا ۖ فَسَتَعْلَمُونَ كَيْفَ نَذِيرِ ﴾

Am amintum man fi-s-samâʾi ay-yursila ʿalaykum hâsibâ. Fa-sataʿlamûna kayfa nadhîr.

Ou êtes-vous à l’abri que Celui qui est au ciel envoie contre vous un vent chargé de pierres ? Vous saurez alors ce que valait Mon avertissement.

Coran, sourate al-Mulk (67:17)

﴿ وَلَقَدْ كَذَّبَ الَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ فَكَيْفَ كَانَ نَكِيرِ ﴾

Wa laqad kadhdhaba-lladhîna min qablihim fa-kayfa kâna nakîr.

Ceux d’avant eux ont traité [les messagers] de menteurs. Et comment fut alors Ma réprobation !

Coran, sourate al-Mulk (67:18)

﴿ أَوَلَمْ يَرَوْا إِلَى الطَّيْرِ فَوْقَهُمْ صَافَّاتٍ وَيَقْبِضْنَ ۚ مَا يُمْسِكُهُنَّ إِلَّا الرَّحْمَٰنُ ۚ إِنَّهُ بِكُلِّ شَيْءٍ بَصِيرٌ ﴾

Awa lam yaraw ila-t-tayri fawqahum sâffâtiñ wa yaqbidn. Mâ yumsikuhunna illa-r-rahmân. Innahû bikulli shayʾim-basîr.

N’ont-ils pas vu les oiseaux au-dessus d’eux, déployant puis repliant leurs ailes ? Seul le Tout-Miséricordieux les tient [dans les airs]. Il voit parfaitement toute chose.

Coran, sourate al-Mulk (67:19)

﴿ أَمَّنْ هَٰذَا الَّذِي هُوَ جُنْدٌ لَكُمْ يَنْصُرُكُمْ مِنْ دُونِ الرَّحْمَٰنِ ۚ إِنِ الْكَافِرُونَ إِلَّا فِي غُرُورٍ ﴾

Amman hâdha-lladhî huwa jundul-lakum yansurukum min dûni-r-rahmân. Ini-l-kâfirûna illâ fî ghurûr.

Qui donc pourrait être pour vous une armée qui vous secoure en dehors du Tout-Miséricordieux ? Les mécréants ne sont que dans l’illusion.

Coran, sourate al-Mulk (67:20)

﴿ أَمَّنْ هَٰذَا الَّذِي يَرْزُقُكُمْ إِنْ أَمْسَكَ رِزْقَهُ ۚ بَلْ لَجُّوا فِي عُتُوٍّ وَنُفُورٍ ﴾

Amman hâdha-lladhî yarzuqukum in amsaka rizqah. Bal lajjû fî ʿutuwwiñ wa nufûr.

Qui donc pourrait vous nourrir s’Il retenait Sa subsistance ? Mais ils s’obstinent dans l’orgueil et la fuite [loin de la vérité].

Coran, sourate al-Mulk (67:21)

﴿ أَفَمَنْ يَمْشِي مُكِبًّا عَلَىٰ وَجْهِهِ أَهْدَىٰ أَمَّنْ يَمْشِي سَوِيًّا عَلَىٰ صِرَاطٍ مُسْتَقِيمٍ ﴾

Afa-may-yamshî mukibban ʿalâ wajhihî ahdâ am-may-yamshî sawiyyan ʿalâ sirâtim-mustaqîm.

Celui qui marche courbé, le visage vers le sol, est-il mieux guidé que celui qui marche droit, sur un chemin droit ?

Coran, sourate al-Mulk (67:22)

Versets 23 à 30 : « Dis… », les dernières questions

﴿ قُلْ هُوَ الَّذِي أَنْشَأَكُمْ وَجَعَلَ لَكُمُ السَّمْعَ وَالْأَبْصَارَ وَالْأَفْئِدَةَ ۖ قَلِيلًا مَا تَشْكُرُونَ ﴾

Qul huwa-lladhî anshaʾakum wa jaʿala lakumu-s-samʿa wa-l-absâra wa-l-afʾidah. Qalîlam-mâ tashkurûn.

Dis : « C’est Lui qui vous a fait naître et qui vous a donné l’ouïe, la vue et les cœurs. » Comme vous êtes peu reconnaissants !

Coran, sourate al-Mulk (67:23)

﴿ قُلْ هُوَ الَّذِي ذَرَأَكُمْ فِي الْأَرْضِ وَإِلَيْهِ تُحْشَرُونَ ﴾

Qul huwa-lladhî dharaʾakum fi-l-ardi wa ilayhi tuhsharûn.

Dis : « C’est Lui qui vous a répandus sur la terre, et c’est vers Lui que vous serez rassemblés. »

Coran, sourate al-Mulk (67:24)

﴿ وَيَقُولُونَ مَتَىٰ هَٰذَا الْوَعْدُ إِنْ كُنْتُمْ صَادِقِينَ ﴾

Wa yaqûlûna matâ hâdha-l-waʿdu in kuntum sâdiqîn.

Et ils disent : « À quand cette promesse, si vous êtes véridiques ? »

Coran, sourate al-Mulk (67:25)

﴿ قُلْ إِنَّمَا الْعِلْمُ عِنْدَ اللَّهِ وَإِنَّمَا أَنَا نَذِيرٌ مُبِينٌ ﴾

Qul innama-l-ʿilmu ʿinda-llâhi wa innamâ ana nadhîrum-mubîn.

Dis : « La science [de ce moment] n’appartient qu’à Allah, et je ne suis qu’un avertisseur explicite. »

Coran, sourate al-Mulk (67:26)

﴿ فَلَمَّا رَأَوْهُ زُلْفَةً سِيئَتْ وُجُوهُ الَّذِينَ كَفَرُوا وَقِيلَ هَٰذَا الَّذِي كُنْتُمْ بِهِ تَدَّعُونَ ﴾

Falammâ raʾawhu zulfatan sîʾat wujûhu-lladhîna kafarû wa qîla hâdha-lladhî kuntum bihî taddaʿûn.

Puis, quand ils le verront de près, les visages de ceux qui ont mécru s’assombriront, et on leur dira : « Voici ce que vous réclamiez. »

Coran, sourate al-Mulk (67:27)

﴿ قُلْ أَرَأَيْتُمْ إِنْ أَهْلَكَنِيَ اللَّهُ وَمَنْ مَعِيَ أَوْ رَحِمَنَا فَمَنْ يُجِيرُ الْكَافِرِينَ مِنْ عَذَابٍ أَلِيمٍ ﴾

Qul araʾaytum in ahlakaniya-llâhu wa mam-maʿiya aw rahimanâ fa-may-yujîru-l-kâfirîna min ʿadhâbin alîm.

Dis : « Voyez-vous ? Qu’Allah me fasse mourir, moi et ceux qui sont avec moi, ou qu’Il nous fasse miséricorde, qui donc protégera les mécréants d’un châtiment douloureux ? »

Coran, sourate al-Mulk (67:28)

﴿ قُلْ هُوَ الرَّحْمَٰنُ آمَنَّا بِهِ وَعَلَيْهِ تَوَكَّلْنَا ۖ فَسَتَعْلَمُونَ مَنْ هُوَ فِي ضَلَالٍ مُبِينٍ ﴾

Qul huwa-r-rahmânu âmannâ bihî wa ʿalayhi tawakkalnâ. Fa-sataʿlamûna man huwa fî dalâlim-mubîn.

Dis : « C’est Lui, le Tout-Miséricordieux. Nous croyons en Lui et c’est en Lui que nous plaçons notre confiance. Vous saurez bientôt qui est dans un égarement évident. »

Coran, sourate al-Mulk (67:29)

﴿ قُلْ أَرَأَيْتُمْ إِنْ أَصْبَحَ مَاؤُكُمْ غَوْرًا فَمَنْ يَأْتِيكُمْ بِمَاءٍ مَعِينٍ ﴾

Qul araʾaytum in asbaha mâʾukum ghawran fa-may-yaʾtîkum bimâʾim-maʿîn.

Dis : « Voyez-vous ? Si votre eau s’enfonçait dans les profondeurs de la terre, qui donc vous apporterait une eau de source ? »

Coran, sourate al-Mulk (67:30)

Bien prononcer la sourate Al-Mulk en phonétique

La phonétique aide à démarrer. Elle ne remplace pas l’écoute d’un récitateur ni la correction d’un enseignant. Quelques repères pour lire celle de cet article :

  • â, î, û sont des voyelles longues : on les tient deux temps. Qadîr, ghafûr, nadhîr.
  • ʿ note le ʿayn, une consonne de gorge qu’on ne doit pas avaler : ʿalâ, ʿamalâ, saʿîr, taddaʿûn.
  • ʾ note un bref arrêt de la voix (hamza) : shayʾin, saʾalahum, aʾamintum, mâʾukum.
  • dh se prononce comme le th anglais de this : alladhî, nadhîr, ʿadhâb. Ce n’est ni un « z » ni un « d ».
  • th (thumma, verset 4) se prononce comme le th anglais de think.
  • h dans hayât, ahsanu, rahmân, hasîr, tuhsharûn est un h soufflé du fond de la gorge (ح), pas le h muet du français.
  • kh (khalaqa, khabîr, yakhshawna) se prononce comme la jota espagnole ; gh (ghafûr, ghayb, ghawran) est un r grasseyé, proche du r parisien.
  • s, t, d, z de basara, tibâqâ, dalâl, ghayz sont des lettres emphatiques (ص, ط, ض, ظ) : on les prononce la bouche plus ouverte, l’arrière de la langue relevé vers le palais.
  • as-hâbi (versets 10 et 11) : le s et le h sont deux lettres distinctes (ص puis ح), à ne pas lire « ch ».
  • ñ marque une nasale légère avant w ou y : khâsiʾañ wa, shahîqañ wa. Ailleurs, la liaison change le son : ay-yakhsifa s’écrit an yakhsifa ; mir-rizqih s’écrit min rizqihi ; shayʾim-basîr s’écrit shayʾin basîr. Lisez ce qui est noté ici, c’est ce qu’on entend dans la récitation.
  • À l’arrêt, la dernière voyelle tombe : on dit qadîr, et non qadîrun. Après un -an, on prolonge en â : ʿamalâ, tibâqâ, hâsibâ.

Pour mémoriser, écoutez la récitation verset par verset en suivant le texte arabe, puis répétez chaque verset trois ou quatre fois avant de passer au suivant. À raison de deux ou trois versets par jour, les trente versets s’apprennent en deux semaines environ.

De quoi parle la sourate Al-Mulk : présentation et thèmes

Ibn Kathîr indique que la sourate a été révélée à La Mecque. Comme beaucoup de sourates de cette période, elle ne donne pas de règles pratiques : elle parle de la foi. Son fil est simple : tout appartient à Allah, tout dépend de Lui, et la vie est une épreuve dont on rendra compte. Voici ses grandes étapes, d’après les commentaires d’Ibn Kathîr et d’as-Saʿdî.

La royauté et l’épreuve (versets 1 et 2)

Tabâraka exprime la grandeur et l’abondance du bien. As-Saʿdî l’explique ainsi : Allah est immense, très haut, Son bien est abondant et Sa bonté s’étend à tout. La royauté du monde d’en haut et du monde d’en bas est dans Sa main : Il l’a créée et en dispose comme Il veut.

Le verset 2 donne le sens de la vie : Allah a créé la mort et la vie pour éprouver les hommes, et voir lequel agit le mieux. Ibn Kathîr fait remarquer que le verset dit « le mieux », et non « le plus ». As-Saʿdî précise : l’action la meilleure est la plus sincère et la plus conforme à ce qu’Allah a prescrit. Le verset se termine sur deux noms : al-ʿAzîz, le Tout-Puissant, et al-Ghafûr, Celui qui pardonne. Ibn Kathîr relève que, malgré Sa toute-puissance, Allah pardonne à celui qui revient vers Lui.

Un ciel sans fissure (versets 3 à 5)

Le lecteur est invité à regarder le ciel, puis à regarder encore. Il ne trouvera ni défaut ni fissure, et son regard reviendra fatigué de chercher. Ibn Kathîr rapporte d’Ibn ʿAbbâs que khâsiʾ signifie « humilié » et hasîr « épuisé ». Les étoiles sont à la fois l’ornement du ciel et une protection contre les démons. Ibn Kathîr précise que ce ne sont pas les étoiles elles-mêmes qui sont lancées, mais des météores lancés en dessous d’elles, qui en proviennent peut-être.

L’Enfer et le regret (versets 6 à 11)

La sourate décrit ensuite l’Enfer, qui « manque d’éclater de fureur… », et le dialogue entre ses gardiens et ceux qui y entrent : « … Aucun avertisseur n’est-il venu à vous ? » Ibn Kathîr y voit la justice d’Allah : Il ne châtie personne avant de lui avoir envoyé un messager. Les damnés reconnaissent eux-mêmes leur faute : « Si nous avions écouté ou réfléchi… ». As-Saʿdî souligne que l’écoute de la révélation et la raison sont les deux chemins de la guidance, et qu’ils les ont tous deux refusés.

Craindre Allah en secret (versets 12 à 14)

Face à eux, ceux qui « … craignent leur Seigneur sans Le voir… ». As-Saʿdî l’explique : ils Le craignent dans toutes leurs situations, même quand personne d’autre qu’Allah ne les voit. Ils ont le pardon et une grande récompense. Le verset 14 répond à qui croirait pouvoir cacher quelque chose : Celui qui a créé ne saurait-Il pas ce qu’Il a créé ?

Les bienfaits qu’on ne voit plus (versets 15 à 22)

La terre est rendue « docile » : on y marche, on y cherche sa subsistance. Ibn Kathîr note que chercher les moyens ne s’oppose pas à la confiance en Allah. Puis la sourate rappelle que cette sécurité n’est pas due : la terre pourrait trembler, un vent de pierres pourrait s’abattre. Les oiseaux tiennent en l’air, ailes déployées ou repliées : « … seul le Tout-Miséricordieux les tient… ». Le verset 22 donne une image : l’un marche courbé, le visage vers le sol, sans voir où il va ; l’autre marche droit, sur un chemin droit. Ibn Kathîr y voit la parabole du mécréant et du croyant, dans cette vie et dans l’autre.

« Dis… » : la conclusion (versets 23 à 30)

Les huit derniers versets commencent presque tous par « Dis ». Le Prophète ﷺ reçoit les mots à adresser à ceux qui refusent : Allah vous a donné l’ouïe, la vue et le cœur, et vous êtes peu reconnaissants ; l’heure du Jugement, Lui seul la connaît. La sourate se termine par une question très concrète : si votre eau disparaissait dans les profondeurs de la terre, qui vous la rendrait ? Ibn Kathîr conclut : personne d’autre qu’Allah, et c’est par Sa seule grâce que l’eau jaillit pour les hommes.

Les mérites authentiques de la sourate Al-Mulk

Voici les textes établis sur cette sourate, avec le degré que leur ont donné les spécialistes du hadith.

Elle intercède pour celui qui la récite jusqu’à ce qu’il soit pardonné

Abû Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit :

سُورَةٌ مِنَ الْقُرْآنِ ثَلاَثُونَ آيَةً تَشْفَعُ لِصَاحِبِهَا حَتَّى يُغْفَرَ لَهُ { تَبَارَكَ الَّذِي بِيَدِهِ الْمُلْكُ }

Sûratum mina-l-qurʾâni thalâthûna âyatan tashfaʿu li-sâhibihâ hattâ yughfara lah : Tabâraka-lladhî biyadihi-l-mulk.

Une sourate du Coran, de trente versets, intercède pour son compagnon jusqu’à ce qu’il soit pardonné : « Béni soit Celui dans la main de qui est la royauté ».

Sunan Abî Dâwûd 1400 — hasan selon al-Albânî

Chez at-Tirmidhî et Ibn Mâja, le verbe est au passé : la sourate « … a intercédé pour un homme (chez Ibn Mâja : pour son compagnon) jusqu’à ce qu’il soit pardonné ».

إِنَّ سُورَةً مِنَ الْقُرْآنِ ثَلاَثُونَ آيَةً شَفَعَتْ لِرَجُلٍ حَتَّى غُفِرَ لَهُ وَهِيَ سُورَةُ تَبَارَكَ الَّذِي بِيَدِهِ الْمُلْكُ

Inna sûratam-mina-l-qurʾâni thalâthûna âyatan shafaʿat li-rajulin hattâ ghufira lahû, wa hiya sûratu Tabâraka-lladhî biyadihi-l-mulk.

Il est une sourate du Coran, de trente versets, qui a intercédé pour un homme jusqu’à ce qu’il soit pardonné : c’est la sourate « Béni soit Celui dans la main de qui est la royauté ».

Jâmiʿ at-Tirmidhî 2891 — « hasan » selon at-Tirmidhî

Son degré : at-Tirmidhî l’a jugé hasan (bon). Al-Albânî l’a jugé hasan dans ses notes sur Abû Dâwûd et sur at-Tirmidhî, et hasan li-ghayrihi (bon grâce à ses autres chaînes) dans Sahîh at-Targhîb (n° 1474). Ibn Hibbân l’a rapporté dans son Sahîh (n° 788), avec la formulation « … elle demande pardon pour son compagnon… ». C’est un hadith accepté.

Ce qu’il veut dire. « Son compagnon » (sâhibuhâ), c’est celui qui la fréquente : qui la récite souvent. Al-Munâwî, cité par Islamqa, l’explique ainsi : l’homme la récitait beaucoup, et elle n’a cessé de demander à Allah de lui pardonner jusqu’à ce qu’il soit pardonné ; c’est un encouragement à la réciter régulièrement. Islamqa ajoute que ce hadith ne fixe aucun moment : ni la nuit ni le jour.

Celle qui protège du châtiment de la tombe

Le texte sur la tombe est une parole de ʿAbdallâh ibn Masʿûd, grand Compagnon et grand connaisseur du Coran. Il décrit l’homme dans sa tombe. On vient à lui par les pieds, et ses pieds disent : « Vous n’avez aucun accès par moi : il récitait sur moi la sourate Al-Mulk. » On vient ensuite par la poitrine ou le ventre, qui dit : « … il a gardé en moi la sourate Al-Mulk. » Puis par la tête, qui dit : « … il récitait par moi la sourate Al-Mulk. » Il conclut :

… فهي المانعةُ، تمنعُ عذابَ القبرِ، وهي في التوراةِ سورةُ { الملكِ }، من قرأها في ليلةٍ فقد أكثرَ وأطيبَ.

… fa-hiya-l-mâniʿatu, tamnaʿu ʿadhâba-l-qabr, wa hiya fi-t-tawrâti sûratu-l-mulk, man qaraʾahâ fî laylatin fa-qad akthara wa atyab.

… Elle est donc celle qui protège : elle empêche le châtiment de la tombe. Elle est, dans la Torah, la sourate de la Royauté. Celui qui la lit en une nuit a fait beaucoup, et a bien fait.

Parole d’Ibn Masʿûd — al-Hâkim, at-Tabarânî (8651), ʿAbd ar-Razzâq (6025) — hasan selon al-Albânî (Sahîh at-Targhîb 1475)

Son degré. Al-Hâkim a jugé sa chaîne authentique, et adh-Dhahabî l’a approuvé ; al-Albânî l’a jugée hasan ; Shuʿayb al-Arnaʾût aussi, d’après Islamqa. Al-Albânî, cité par Islamqa, précise que cette parole a valeur de parole du Prophète ﷺ (hukm al-marfûʿ) : selon la règle des spécialistes du hadith, un Compagnon ne parle pas de l’invisible de son propre avis.

Ce que veut dire « protéger du châtiment de la tombe »

Le châtiment de la tombe est réel : le Prophète ﷺ demandait à Allah d’en être protégé et ordonnait de le faire à la fin de la prière (hadith d’Abû Hurayra, al-Bukhârî 1377 et Muslim 588). La sourate Al-Mulk est l’un des moyens que les textes donnent pour en être préservé. Voici ce que cela veut dire.

  • C’est une cause de salut, accordée par Allah. Al-Mubârakfûrî, cité par Islamqa, l’explique : la lecture de cette sourate dans ce monde est une cause de salut. La protection vient d’Allah. Les commentateurs parlent d’une lecture régulière, celle de quelqu’un qui fréquente cette sourate.
  • On l’espère de la grâce d’Allah. Islamqa conclut qu’« il est permis d’espérer » pour celui qui la récite qu’elle le sauve du châtiment de la tombe et intercède pour lui. Une autre réponse du même site rappelle que ces questions « ne sont pas des équations » : on peut être allégé dans sa tombe par une bonne action, et rester redevable d’autres fautes. Tout repose sur la grâce d’Allah.
  • Les textes parlent du châtiment de la tombe. Le centre de fatwas d’Islamweb le précise : c’est de ce châtiment que la sourate préserve. L’interrogatoire des deux anges est un autre sujet, traité par d’autres hadiths.
  • Ce qui compte, c’est de la lire. Islamweb rappelle que les textes parlent de celui qui la récite régulièrement. La connaître par cœur est un grand bien, qui permet justement de la réciter chaque soir.

Quand lire la sourate Al-Mulk ? Le soir, avant de dormir

La parole d’Ibn Masʿûd citée plus haut oriente vers la nuit : « … celui qui la lit en une nuit a fait beaucoup, et a bien fait ».

En pratique : lire Al-Mulk le soir ou au coucher est une belle habitude, appuyée par la parole d’Ibn Masʿûd. On peut aussi la lire à tout autre moment : l’intercession promise par le hadith d’Abû Hurayra n’est liée à aucune heure.

Quelques conseils simples :

  1. Fixez un moment

    Après la prière d’Isha, ou au lit, avant les invocations du coucher. La sourate prend quelques minutes.

  2. Lisez-la en entier

    Les textes parlent de « la sourate » de trente versets. Si vous ne la connaissez pas encore par cœur, lisez-la dans un mushaf (un exemplaire écrit du Coran) ou sur cette page.

  3. Comprenez ce que vous lisez

    Relisez de temps en temps la traduction. La sourate parle de la mort, de l’épreuve, de la tombe et du Jugement : la comprendre lui donne tout son poids.

  4. Ajoutez les autres invocations du coucher

    Ayat al-Kursi et les trois dernières sourates font aussi partie de la Sunna (la pratique du Prophète ﷺ) du coucher. Voir notre article sur Ayat al-Kursi et nos invocations du matin et du soir.

La sourate Al-Mulk et les défunts

La sourate parle de la mort dès son deuxième verset, et ses mérites touchent à la tombe. Il est donc naturel d’y penser au moment d’un deuil. Deux précisions toutefois :

  • Les mérites cités concernent celui qui la récite lui-même, de son vivant, régulièrement. C’est un trésor qu’on prépare pour sa propre tombe.
  • La lire pour un défunt est une autre question. Offrir au mort la récompense d’une lecture du Coran fait l’objet d’une divergence entre les savants ; demandez à votre imam. Ce qui profite au défunt par accord des savants, ce sont les invocations faites pour lui et l’aumône donnée en son nom. Notre guide des douas pour un défunt rassemble les invocations authentiques, et l’article sur la sadaqa jariya explique l’aumône qui continue après la mort.

Pour finir

La sourate Al-Mulk tient en trente versets et dit l’essentiel : la royauté appartient à Allah, la vie est une épreuve, rien ne Lui est caché, et chaque bienfait, jusqu’à l’eau qu’on boit, vient de Lui. Ibn Masʿûd l’appelait « celle qui protège ». La lire chaque soir, en comprenant ce qu’elle dit, c’est se souvenir de la mort avant de dormir, et confier à Allah la nuit, la tombe et ce qui suit.

Questions fréquentes

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Kamel

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