Sourate Yasin : arabe, phonétique, traduction et mérites
La sourate Yasin (Yâ-Sîn, sourate 36) en entier : les 83 versets en arabe, en phonétique et en français, ses grands thèmes d’après les commentaires d’Ibn Kathîr et d’as-Saʿdî, et la récompense promise à celui qui lit le Coran.

La sourate Yasin (Yâ-Sîn) est la 36e sourate du Coran : 83 versets révélés à La Mecque, qui parlent du Message, de la Résurrection et des signes d’Allah dans la création. Beaucoup de musulmans la lisent auprès de leurs proches malades et dans les jours qui suivent un décès. Vous trouverez ici Yasin en arabe, en phonétique et en traduction française, verset par verset, la présentation de ses thèmes d’après les grands commentaires, et la récompense promise à celui qui lit le Coran.
La sourate Yasin en bref
Yâ-Sîn est la 36e sourate dans l’ordre du mushaf (l’exemplaire écrit du Coran). Elle compte 83 versets et appartient aux sourates mecquoises, révélées avant l’Hégire, à une époque où les Mecquois rejetaient le Message et l’idée d’une vie après la mort. Ibn Kathîr ouvre son commentaire en rappelant qu’elle est mecquoise.
Elle tire son nom des deux lettres qui l’ouvrent, yâ (ي) et sîn (س). As-Saʿdî explique, pour toutes les lettres isolées qui ouvrent certaines sourates, que le plus sûr est de ne pas leur attribuer de sens sans preuve, tout en sachant qu’Allah ne les a pas révélées sans sagesse. Ibn Kathîr rapporte qu’Ibn ʿAbbâs, ʿIkrima, ad-Dahhâk, al-Hasan et Sufyân ibn ʿUyayna y voyaient le sens de « ô être humain ».
Les versets sont courts et rythmés, souvent terminés par la même sonorité (-ûn, -în), ce qui les rend faciles à retenir.
Les grands thèmes de la sourate Yasin
Nous suivons la sourate en cinq mouvements, en nous appuyant sur les commentaires d’Ibn Kathîr et d’as-Saʿdî.
Le Coran et le Messager (versets 1 à 12)
La sourate s’ouvre sur un serment : « Par le Coran plein de sagesse », tu es, Muhammad ﷺ, l’un des Messagers. Puis elle décrit ceux qui refusent d’entendre : des carcans jusqu’au menton, une barrière devant et derrière eux. As-Saʿdî y voit ce qui empêche la foi d’atteindre leurs cœurs : l’ignorance les entoure de tous côtés, et l’avertissement ne leur sert plus. L’avertissement profite à « … celui qui suit le Rappel et craint le Tout Miséricordieux sans Le voir… ».
Le verset 12 est souvent cité à propos des défunts : « C’est Nous qui ressuscitons les morts et écrivons ce qu’ils ont fait [pour l’au-delà] ainsi que leurs traces… ». As-Saʿdî explique que les « traces » sont le bien ou le mal qui continue après la personne à cause d’elle : une science enseignée, une bonne œuvre imitée, une mosquée construite. Ibn Kathîr rapproche ce verset du hadith suivant :
إِذَا مَاتَ الإِنْسَانُ انْقَطَعَ عَنْهُ عَمَلُهُ إِلاَّ مِنْ ثَلاَثَةٍ إِلاَّ مِنْ صَدَقَةٍ جَارِيَةٍ أَوْ عِلْمٍ يُنْتَفَعُ بِهِ أَوْ وَلَدٍ صَالِحٍ يَدْعُو لَهُ
Quand l’être humain meurt, ses œuvres s’interrompent, sauf trois : une aumône continue, une science dont on tire profit, ou un enfant vertueux qui invoque pour lui.
Les habitants de la cité (versets 13 à 32)
C’est le récit le plus connu de la sourate. Allah envoie deux messagers à une cité, puis un troisième pour les renforcer. Les habitants les traitent de menteurs, les accusent de porter malheur et les menacent de lapidation. Un homme arrive alors du bout de la ville, en toute hâte, et appelle son peuple à suivre les messagers. Son peuple le tue, rapporte Ibn Kathîr. Il lui est dit : « Entre au Paradis », et sa première pensée est encore pour les siens : « Ah si seulement mon peuple savait ! …en raison de quoi mon Seigneur m’a pardonné et mis au nombre des honorés » (36:26-27). La cité est ensuite anéantie par un seul Cri.
Le Coran ne nomme ni la cité ni l’homme : ce qui compte est la leçon. Des exégètes des premières générations ont proposé Antioche ; Ibn Kathîr discute cette identification et estime, après examen, qu’il s’agit plutôt d’une autre cité, car les envoyés parlent comme des messagers d’Allah et la cité fut anéantie.
As-Saʿdî retient la leçon : l’homme a conseillé son peuple de son vivant, et il a continué à lui vouloir du bien après sa mort.
Les signes d’Allah dans la création (versets 33 à 47)
La sourate invite à regarder : la terre morte qu’Allah fait revivre par la pluie, les palmiers et les vignes, la nuit dont Il retire le jour, le soleil qui court vers son terme, la lune et ses phases, les navires sur la mer. As-Saʿdî souligne que la terre morte ramenée à la vie est une preuve de la Résurrection : Celui qui fait cela peut ressusciter les morts.
La Résurrection et le Jour du Jugement (versets 48 à 68)
Les négateurs demandent : « À quand cette promesse si vous êtes véridiques ? » La réponse : un seul Cri, puis un souffle dans la Trompe, et les morts sortent de leurs tombes. Ils diront : « … Qui nous a ressuscités de là où nous dormions ? » Puis la sourate décrit les gens du Paradis, à l’ombre, accoudés, recevant le salut (salâm) de leur Seigneur, et les criminels mis à l’écart, dont les mains et les jambes témoigneront de ce qu’ils ont fait.
Celui qui a créé une première fois (versets 69 à 83)
La fin de la sourate répond à l’objection de toujours : « Qui va redonner la vie à des ossements une fois réduits en poussière ? » Ibn Kathîr rapporte, d’après plusieurs exégètes des premières générations, qu’un Mecquois (Ubayy ibn Khalaf, ou al-ʿÂs ibn Wâʾil selon un autre récit) vint vers le Prophète ﷺ en émiettant un os desséché, et que ces versets descendirent. Il précise que, quelle que soit l’occasion, ils visent toute personne qui nie la Résurrection.
La réponse tient en une phrase : « … Celui qui les a créés une première fois leur redonnera la vie… » Puis : « Quand Il veut une chose, Son commandement consiste à dire : “Sois”, et c’est. » La sourate se termine sur une glorification : « Gloire donc à Celui qui détient en Sa main la royauté sur toute chose ! Et c’est vers Lui que vous serez ramenés. »

Sourate Yasin en arabe, phonétique et traduction
Voici la sourate entière, verset par verset. Pour chaque verset : le texte arabe, la phonétique, puis la traduction en français.
Lire la phonétique sans se tromper
La phonétique aide à démarrer. Elle ne remplace pas l’écoute d’un récitateur ni la correction d’un enseignant. Quelques repères pour lire celle de cet article :
- â, î, û sont des voyelles longues : on les tient deux temps. Yâ-Sîn, mustaqîm, yuʾminûn.
- ʿ note le ʿayn, une consonne de gorge qu’on ne doit pas avaler : ʿalâ, naʿlamu, yarjiʿûn.
- ʾ note un bref arrêt de la voix (hamza) : qurʾân, shayʾin, yasʾalukum, muttakiʾûn. En début de mot, on ne l’écrit pas : innâ, âmantu, fa-idhâ.
- Les consonnes doublées se tiennent : innaka, qaddamû, al-jannati, al-khallâqu.
- h dans rahmân, hakîm, sayhatan est un h soufflé du fond de la gorge (ح), pas le h muet du français.
- dh se prononce comme le th anglais de this (alladhî, dhikr) ; th comme le th anglais de think (mathalan, thamarihî) ; kh comme la jota espagnole (khalaqa) ; gh est un r grasseyé, proche du r parisien (ghâfilûn).
- s, t, d, z de sirât, tâʾirukum, dalâl, zilâl sont des lettres emphatiques (ص, ط, ض, ظ) : on les prononce la bouche plus ouverte, l’arrière de la langue relevé vers le palais.
- Le trait d’union sépare deux lettres à lire l’une après l’autre dans as-hâba (versets 13 et 55 : ص puis ح, à ne pas lire « ch »), ʿamilat-hu (verset 35) et nunakkis-hu (verset 68).
- L’article se fond dans certaines lettres, qui se doublent : ar-rahmân, as-samâwât, ash-shams, an-nahâr.
- ñ marque une nasale légère avant w : saddañ wa, ajrañ wa. Ailleurs, la liaison change le son : ay-yaqûla s’écrit an yaqûla ; mir-rasûlin s’écrit min rasûlin ; kullul-lammâ s’écrit kullun lammâ ; mim-bayni s’écrit min bayni, et yambaghî s’écrit yanbaghî. Lisez ce qui est noté ici, c’est ce qu’on entend dans la récitation.
- À l’arrêt, la dernière voyelle tombe : on dit mubîn, et non mubînin. Après un -an, on prolonge en â : kathîrâ (verset 62). La lettre ة se lit h : al-jannah (verset 26), marrah (verset 79).
- Au verset 52, après marqadinâ, celui qui enchaîne marque un bref arrêt sans reprendre son souffle : c’est la sakta de la lecture de Hafs.
Versets 1 à 12 : le Coran et le Messager
﴿ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَٰنِ الرَّحِيمِ ﴾
Bismi-llâhi-r-rahmâni-r-rahîm.
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
﴿ يس ﴾
Yâ-Sîn.
Yâ Sîn.
﴿ وَالْقُرْآنِ الْحَكِيمِ ﴾
Wa-l-qurʾâni-l-hakîm.
Par le Coran plein de sagesse.
﴿ إِنَّكَ لَمِنَ الْمُرْسَلِينَ ﴾
Innaka lamina-l-mursalîn.
Tu (Muhammad) es certes du nombre des messagers,
﴿ عَلَىٰ صِرَاطٍ مُسْتَقِيمٍ ﴾
ʿAlâ sirâtim-mustaqîm.
sur un chemin droit.
﴿ تَنْزِيلَ الْعَزِيزِ الرَّحِيمِ ﴾
Tanzîla-l-ʿazîzi-r-rahîm.
C’est une révélation de la part du Tout Puissant, du Très Miséricordieux,
﴿ لِتُنْذِرَ قَوْمًا مَا أُنْذِرَ آبَاؤُهُمْ فَهُمْ غَافِلُونَ ﴾
Litundhira qawmam-mâ undhira âbâʾuhum fa-hum ghâfilûn.
pour que tu avertisses un peuple dont les ancêtres n’ont pas été avertis : ils sont donc insouciants.
﴿ لَقَدْ حَقَّ الْقَوْلُ عَلَىٰ أَكْثَرِهِمْ فَهُمْ لَا يُؤْمِنُونَ ﴾
Laqad haqqa-l-qawlu ʿalâ aktharihim fa-hum lâ yuʾminûn.
En effet, la Parole contre la plupart d’entre eux s’est réalisée : ils ne croiront donc pas.
﴿ إِنَّا جَعَلْنَا فِي أَعْنَاقِهِمْ أَغْلَالًا فَهِيَ إِلَى الْأَذْقَانِ فَهُمْ مُقْمَحُونَ ﴾
Innâ jaʿalnâ fî aʿnâqihim aghlâlan fa-hiya ila-l-adhqâni fa-hum muqmahûn.
Nous avons mis des carcans à leurs cous, jusqu’aux mentons : ils ont donc la tête forcée vers le haut.
﴿ وَجَعَلْنَا مِنْ بَيْنِ أَيْدِيهِمْ سَدًّا وَمِنْ خَلْفِهِمْ سَدًّا فَأَغْشَيْنَاهُمْ فَهُمْ لَا يُبْصِرُونَ ﴾
Wa jaʿalnâ mim-bayni aydîhim saddañ wa min khalfihim saddan fa-aghshaynâhum fa-hum lâ yubsirûn.
Et Nous avons mis une barrière devant eux et une barrière derrière eux, et Nous les avons recouverts d’un voile : ils ne voient donc rien.
﴿ وَسَوَاءٌ عَلَيْهِمْ أَأَنْذَرْتَهُمْ أَمْ لَمْ تُنْذِرْهُمْ لَا يُؤْمِنُونَ ﴾
Wa sawâʾun ʿalayhim aʾandhartahum am lam tundhirhum lâ yuʾminûn.
Cela leur est égal que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas : ils ne croiront jamais.
﴿ إِنَّمَا تُنْذِرُ مَنِ اتَّبَعَ الذِّكْرَ وَخَشِيَ الرَّحْمَٰنَ بِالْغَيْبِ ۖ فَبَشِّرْهُ بِمَغْفِرَةٍ وَأَجْرٍ كَرِيمٍ ﴾
Innamâ tundhiru mani-ttabaʿa-dh-dhikra wa khashiya-r-rahmâna bi-l-ghayb. Fa-bashshirhu bimaghfiratiñ wa ajrin karîm.
Tu n’avertis que celui qui suit le Rappel (le Coran) et craint le Tout Miséricordieux sans Le voir. Annonce-lui un pardon et une récompense généreuse.
﴿ إِنَّا نَحْنُ نُحْيِي الْمَوْتَىٰ وَنَكْتُبُ مَا قَدَّمُوا وَآثَارَهُمْ ۚ وَكُلَّ شَيْءٍ أَحْصَيْنَاهُ فِي إِمَامٍ مُبِينٍ ﴾
Innâ nahnu nuhyi-l-mawtâ wa naktubu mâ qaddamû wa âthârahum. Wa kulla shayʾin ahsaynâhu fî imâmim-mubîn.
C’est Nous qui ressuscitons les morts et écrivons ce qu’ils ont fait [pour l’au-delà] ainsi que leurs traces. Et Nous avons dénombré toute chose dans un registre explicite.
Versets 13 à 32 : les habitants de la cité
﴿ وَاضْرِبْ لَهُمْ مَثَلًا أَصْحَابَ الْقَرْيَةِ إِذْ جَاءَهَا الْمُرْسَلُونَ ﴾
Wa-drib lahum mathalan as-hâba-l-qaryati idh jâʾaha-l-mursalûn.
Donne-leur comme exemple les habitants de la cité, quand lui vinrent les envoyés.
﴿ إِذْ أَرْسَلْنَا إِلَيْهِمُ اثْنَيْنِ فَكَذَّبُوهُمَا فَعَزَّزْنَا بِثَالِثٍ فَقَالُوا إِنَّا إِلَيْكُمْ مُرْسَلُونَ ﴾
Idh arsalnâ ilayhimu-thnayni fa-kadhdhabûhumâ fa-ʿazzaznâ bithâlithin fa-qâlû innâ ilaykum mursalûn.
Quand Nous leur envoyâmes deux [envoyés] et qu’ils les traitèrent de menteurs. Nous [les] renforçâmes alors par un troisième et ils dirent : « Vraiment, nous sommes envoyés à vous ».
﴿ قَالُوا مَا أَنْتُمْ إِلَّا بَشَرٌ مِثْلُنَا وَمَا أَنْزَلَ الرَّحْمَٰنُ مِنْ شَيْءٍ إِنْ أَنْتُمْ إِلَّا تَكْذِبُونَ ﴾
Qâlû mâ antum illâ basharum-mithlunâ wa mâ anzala-r-rahmânu min shayʾin in antum illâ takdhibûn.
Mais ils [les gens] dirent : « Vous n’êtes que des hommes comme nous. Le Tout Miséricordieux n’a rien fait descendre et vous ne faites que mentir ».
﴿ قَالُوا رَبُّنَا يَعْلَمُ إِنَّا إِلَيْكُمْ لَمُرْسَلُونَ ﴾
Qâlû rabbunâ yaʿlamu innâ ilaykum lamursalûn.
Ils [les messagers] dirent : « Notre Seigneur sait qu’en vérité nous sommes envoyés à vous,
﴿ وَمَا عَلَيْنَا إِلَّا الْبَلَاغُ الْمُبِينُ ﴾
Wa mâ ʿalaynâ illa-l-balâghu-l-mubîn.
et il ne nous incombe que de transmettre clairement (notre message) ».
﴿ قَالُوا إِنَّا تَطَيَّرْنَا بِكُمْ ۖ لَئِنْ لَمْ تَنْتَهُوا لَنَرْجُمَنَّكُمْ وَلَيَمَسَّنَّكُمْ مِنَّا عَذَابٌ أَلِيمٌ ﴾
Qâlû innâ tatayyarnâ bikum. La-il-lam tantahû lanarjumannakum wa layamassannakum minnâ ʿadhâbun alîm.
Ils dirent : « Nous voyons en vous un mauvais présage. Si vous ne cessez pas, nous vous lapiderons et un douloureux châtiment de notre part vous touchera ».
﴿ قَالُوا طَائِرُكُمْ مَعَكُمْ ۚ أَئِنْ ذُكِّرْتُمْ ۚ بَلْ أَنْتُمْ قَوْمٌ مُسْرِفُونَ ﴾
Qâlû tâʾirukum maʿakum. Aʾin dhukkirtum. Bal antum qawmum-musrifûn.
Ils dirent : « Votre mauvais présage est avec vous-mêmes. Est-ce que (c’est ainsi que vous agissez) quand on vous [le] rappelle ? Mais vous êtes des gens outranciers ! »
﴿ وَجَاءَ مِنْ أَقْصَى الْمَدِينَةِ رَجُلٌ يَسْعَىٰ قَالَ يَا قَوْمِ اتَّبِعُوا الْمُرْسَلِينَ ﴾
Wa jâʾa min aqsa-l-madînati rajuluy-yasʿâ qâla yâ qawmi-ttabiʿu-l-mursalîn.
Et du bout de la ville, un homme vint en toute hâte et dit : « Ô mon peuple, suivez les messagers :
﴿ اتَّبِعُوا مَنْ لَا يَسْأَلُكُمْ أَجْرًا وَهُمْ مُهْتَدُونَ ﴾
Ittabiʿû mal-lâ yasʾalukum ajrañ wa hum muhtadûn.
suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont sur la bonne voie.
﴿ وَمَا لِيَ لَا أَعْبُدُ الَّذِي فَطَرَنِي وَإِلَيْهِ تُرْجَعُونَ ﴾
Wa mâ liya lâ aʿbudu-lladhî fataranî wa ilayhi turjaʿûn.
et qu’aurais-je à ne pas adorer Celui qui m’a créé ? Et c’est vers Lui que vous serez ramenés.
﴿ أَأَتَّخِذُ مِنْ دُونِهِ آلِهَةً إِنْ يُرِدْنِ الرَّحْمَٰنُ بِضُرٍّ لَا تُغْنِ عَنِّي شَفَاعَتُهُمْ شَيْئًا وَلَا يُنْقِذُونِ ﴾
Aʾattakhidhu min dûnihî âlihatan iy-yuridni-r-rahmânu bidurril-lâ tughni ʿannî shafâʿatuhum shayʾañ wa lâ yunqidhûn.
Prendrais-je en dehors de Lui des divinités ? Si le Tout Miséricordieux me veut du mal, leur intercession ne me servira à rien et ils ne me sauveront pas.
﴿ إِنِّي إِذًا لَفِي ضَلَالٍ مُبِينٍ ﴾
Innî idhal-lafî dalâlim-mubîn.
Je serai alors dans un égarement évident.
﴿ إِنِّي آمَنْتُ بِرَبِّكُمْ فَاسْمَعُونِ ﴾
Innî âmantu birabbikum fa-smaʿûn.
[Mais] je crois en votre Seigneur. Écoutez-moi donc ».
﴿ قِيلَ ادْخُلِ الْجَنَّةَ ۖ قَالَ يَا لَيْتَ قَوْمِي يَعْلَمُونَ ﴾
Qîla-dkhuli-l-jannah. Qâla yâ layta qawmî yaʿlamûn.
Alors, il [lui] fut dit : « Entre au Paradis ». Il dit : « Ah si seulement mon peuple savait !
﴿ بِمَا غَفَرَ لِي رَبِّي وَجَعَلَنِي مِنَ الْمُكْرَمِينَ ﴾
Bimâ ghafara lî rabbî wa jaʿalanî mina-l-mukramîn.
…en raison de quoi mon Seigneur m’a pardonné et mis au nombre des honorés ».
﴿ ۞ وَمَا أَنْزَلْنَا عَلَىٰ قَوْمِهِ مِنْ بَعْدِهِ مِنْ جُنْدٍ مِنَ السَّمَاءِ وَمَا كُنَّا مُنْزِلِينَ ﴾
Wa mâ anzalnâ ʿalâ qawmihî mim-baʿdihî min jundim-mina-s-samâʾi wa mâ kunnâ munzilîn.
Après lui, Nous ne fîmes descendre contre son peuple aucune armée du ciel ; Nous n’avions pas à en faire descendre.
﴿ إِنْ كَانَتْ إِلَّا صَيْحَةً وَاحِدَةً فَإِذَا هُمْ خَامِدُونَ ﴾
In kânat illâ sayhatañ wâhidatan fa-idhâ hum khâmidûn.
Ce ne fut qu’un seul Cri et les voilà éteints.
﴿ يَا حَسْرَةً عَلَى الْعِبَادِ ۚ مَا يَأْتِيهِمْ مِنْ رَسُولٍ إِلَّا كَانُوا بِهِ يَسْتَهْزِئُونَ ﴾
Yâ hasratan ʿala-l-ʿibâd. Mâ yaʾtîhim mir-rasûlin illâ kânû bihî yastahziʾûn.
Hélas pour les serviteurs [les humains] ! Jamais il ne leur vient de messager sans qu’ils ne s’en raillent.
﴿ أَلَمْ يَرَوْا كَمْ أَهْلَكْنَا قَبْلَهُمْ مِنَ الْقُرُونِ أَنَّهُمْ إِلَيْهِمْ لَا يَرْجِعُونَ ﴾
Alam yaraw kam ahlaknâ qablahum mina-l-qurûni annahum ilayhim lâ yarjiʿûn.
Ne voient-ils pas combien de générations avant eux Nous avons fait périr ? Lesquelles ne retourneront jamais parmi eux.
﴿ وَإِنْ كُلٌّ لَمَّا جَمِيعٌ لَدَيْنَا مُحْضَرُونَ ﴾
Wa in kullul-lammâ jamîʿul-ladaynâ muhdarûn.
Et tous sans exception comparaîtront devant Nous.
Versets 33 à 47 : les signes d’Allah
﴿ وَآيَةٌ لَهُمُ الْأَرْضُ الْمَيْتَةُ أَحْيَيْنَاهَا وَأَخْرَجْنَا مِنْهَا حَبًّا فَمِنْهُ يَأْكُلُونَ ﴾
Wa âyatul-lahumu-l-ardu-l-maytatu ahyaynâhâ wa akhrajnâ minhâ habban fa-minhu yaʾkulûn.
Une preuve pour eux est la terre morte, à laquelle Nous redonnons la vie, et d’où Nous faisons sortir des grains dont ils mangent.
﴿ وَجَعَلْنَا فِيهَا جَنَّاتٍ مِنْ نَخِيلٍ وَأَعْنَابٍ وَفَجَّرْنَا فِيهَا مِنَ الْعُيُونِ ﴾
Wa jaʿalnâ fîhâ jannâtim-min nakhîliñ wa aʿnâbiñ wa fajjarnâ fîhâ mina-l-ʿuyûn.
Nous y avons mis des jardins de palmiers et de vignes et y avons fait jaillir des sources,
﴿ لِيَأْكُلُوا مِنْ ثَمَرِهِ وَمَا عَمِلَتْهُ أَيْدِيهِمْ ۖ أَفَلَا يَشْكُرُونَ ﴾
Liyaʾkulû min thamarihî wa mâ ʿamilat-hu aydîhim. Afalâ yashkurûn.
afin qu’ils mangent de Ses fruits et de ce que leurs mains ont produit. Ne seront-ils pas reconnaissants ?
﴿ سُبْحَانَ الَّذِي خَلَقَ الْأَزْوَاجَ كُلَّهَا مِمَّا تُنْبِتُ الْأَرْضُ وَمِنْ أَنْفُسِهِمْ وَمِمَّا لَا يَعْلَمُونَ ﴾
Subhâna-lladhî khalaqa-l-azwâja kullahâ mimmâ tumbitu-l-ardu wa min anfusihim wa mimmâ lâ yaʿlamûn.
Gloire à Celui qui a créé tous les couples de ce que la terre fait pousser, d’eux-mêmes, et de ce qu’ils ne savent pas !
﴿ وَآيَةٌ لَهُمُ اللَّيْلُ نَسْلَخُ مِنْهُ النَّهَارَ فَإِذَا هُمْ مُظْلِمُونَ ﴾
Wa âyatul-lahumu-l-laylu naslakhu minhu-n-nahâra fa-idhâ hum muzlimûn.
Et une preuve pour eux est la nuit : Nous en retirons le jour, et les voilà dans les ténèbres.
﴿ وَالشَّمْسُ تَجْرِي لِمُسْتَقَرٍّ لَهَا ۚ ذَٰلِكَ تَقْدِيرُ الْعَزِيزِ الْعَلِيمِ ﴾
Wa-sh-shamsu tajrî limustaqarril-lahâ. Dhâlika taqdîru-l-ʿazîzi-l-ʿalîm.
et le soleil court vers un gîte qui lui est assigné ; telle est la détermination du Tout Puissant, de l’Omniscient.
﴿ وَالْقَمَرَ قَدَّرْنَاهُ مَنَازِلَ حَتَّىٰ عَادَ كَالْعُرْجُونِ الْقَدِيمِ ﴾
Wa-l-qamara qaddarnâhu manâzila hattâ ʿâda ka-l-ʿurjûni-l-qadîm.
Et la lune, Nous lui avons déterminé des phases jusqu’à ce qu’elle devienne comme la palme vieillie.
﴿ لَا الشَّمْسُ يَنْبَغِي لَهَا أَنْ تُدْرِكَ الْقَمَرَ وَلَا اللَّيْلُ سَابِقُ النَّهَارِ ۚ وَكُلٌّ فِي فَلَكٍ يَسْبَحُونَ ﴾
La-sh-shamsu yambaghî lahâ an tudrika-l-qamara wa la-l-laylu sâbiqu-n-nahâr. Wa kullun fî falakiy-yasbahûn.
Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour ; et chacun vogue dans une orbite.
﴿ وَآيَةٌ لَهُمْ أَنَّا حَمَلْنَا ذُرِّيَّتَهُمْ فِي الْفُلْكِ الْمَشْحُونِ ﴾
Wa âyatul-lahum annâ hamalnâ dhurriyyatahum fi-l-fulki-l-mashhûn.
Et un (autre) signe pour eux est que Nous avons transporté leur descendance sur le bateau chargé ;
﴿ وَخَلَقْنَا لَهُمْ مِنْ مِثْلِهِ مَا يَرْكَبُونَ ﴾
Wa khalaqnâ lahum mim-mithlihî mâ yarkabûn.
et Nous leur créâmes des semblables sur lesquels ils montent.
﴿ وَإِنْ نَشَأْ نُغْرِقْهُمْ فَلَا صَرِيخَ لَهُمْ وَلَا هُمْ يُنْقَذُونَ ﴾
Wa in nashaʾ nughriqhum fa-lâ sarîkha lahum wa lâ hum yunqadhûn.
Et si Nous le voulons, Nous les noyons ; pour eux alors, pas de secoureur et ils ne seront pas sauvés,
﴿ إِلَّا رَحْمَةً مِنَّا وَمَتَاعًا إِلَىٰ حِينٍ ﴾
Illâ rahmatam-minnâ wa matâʿan ilâ hîn.
sauf par une miséricorde de Notre part, et à titre de jouissance pour un temps.
﴿ وَإِذَا قِيلَ لَهُمُ اتَّقُوا مَا بَيْنَ أَيْدِيكُمْ وَمَا خَلْفَكُمْ لَعَلَّكُمْ تُرْحَمُونَ ﴾
Wa idhâ qîla lahumu-ttaqû mâ bayna aydîkum wa mâ khalfakum laʿallakum turhamûn.
Et quand on leur dit : « Craignez ce qu’il y a devant vous et ce qu’il y a derrière vous afin que vous ayez la miséricorde » !…
﴿ وَمَا تَأْتِيهِمْ مِنْ آيَةٍ مِنْ آيَاتِ رَبِّهِمْ إِلَّا كَانُوا عَنْهَا مُعْرِضِينَ ﴾
Wa mâ taʾtîhim min âyatim-min âyâti rabbihim illâ kânû ʿanhâ muʿridîn.
Or, pas une preuve ne leur vient, parmi les preuves de leur Seigneur sans qu’ils ne s’en détournent.
﴿ وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ أَنْفِقُوا مِمَّا رَزَقَكُمُ اللَّهُ قَالَ الَّذِينَ كَفَرُوا لِلَّذِينَ آمَنُوا أَنُطْعِمُ مَنْ لَوْ يَشَاءُ اللَّهُ أَطْعَمَهُ إِنْ أَنْتُمْ إِلَّا فِي ضَلَالٍ مُبِينٍ ﴾
Wa idhâ qîla lahum anfiqû mimmâ razaqakumu-llâhu qâla-lladhîna kafarû lilladhîna âmanû anutʿimu mal-law yashâʾu-llâhu atʿamahû in antum illâ fî dalâlim-mubîn.
Et quand on leur dit : « Dépensez de ce qu’Allah vous a attribué », ceux qui ont mécru disent à ceux qui ont cru : « Nourrirons-nous quelqu’un qu’Allah aurait nourri s’Il l’avait voulu ? Vous n’êtes que dans un égarement évident ».
Versets 48 à 68 : la Résurrection et le Jour du Jugement
﴿ وَيَقُولُونَ مَتَىٰ هَٰذَا الْوَعْدُ إِنْ كُنْتُمْ صَادِقِينَ ﴾
Wa yaqûlûna matâ hâdha-l-waʿdu in kuntum sâdiqîn.
Et ils disent : « À quand cette promesse si vous êtes véridiques ? »
﴿ مَا يَنْظُرُونَ إِلَّا صَيْحَةً وَاحِدَةً تَأْخُذُهُمْ وَهُمْ يَخِصِّمُونَ ﴾
Mâ yanzurûna illâ sayhatañ wâhidatan taʾkhudhuhum wa hum yakhissimûn.
Ils n’attendent qu’un seul Cri qui les saisira alors qu’ils seront en train de disputer.
﴿ فَلَا يَسْتَطِيعُونَ تَوْصِيَةً وَلَا إِلَىٰ أَهْلِهِمْ يَرْجِعُونَ ﴾
Fa-lâ yastatîʿûna tawsiyatañ wa lâ ilâ ahlihim yarjiʿûn.
Ils ne pourront donc ni faire de testament, ni retourner chez leurs familles.
﴿ وَنُفِخَ فِي الصُّورِ فَإِذَا هُمْ مِنَ الْأَجْدَاثِ إِلَىٰ رَبِّهِمْ يَنْسِلُونَ ﴾
Wa nufikha fi-s-sûri fa-idhâ hum mina-l-ajdâthi ilâ rabbihim yansilûn.
Et on soufflera dans la Trompe, et voilà que, des tombes, ils se précipiteront vers leur Seigneur,
﴿ قَالُوا يَا وَيْلَنَا مَنْ بَعَثَنَا مِنْ مَرْقَدِنَا ۜ ۗ هَٰذَا مَا وَعَدَ الرَّحْمَٰنُ وَصَدَقَ الْمُرْسَلُونَ ﴾
Qâlû yâ waylanâ mam-baʿathanâ mim-marqadinâ. Hâdhâ mâ waʿada-r-rahmânu wa sadaqa-l-mursalûn.
en disant : « Malheur à nous ! Qui nous a ressuscités de là où nous dormions ? » C’est ce que le Tout Miséricordieux avait promis ; et les Messagers avaient dit vrai.
﴿ إِنْ كَانَتْ إِلَّا صَيْحَةً وَاحِدَةً فَإِذَا هُمْ جَمِيعٌ لَدَيْنَا مُحْضَرُونَ ﴾
In kânat illâ sayhatañ wâhidatan fa-idhâ hum jamîʿul-ladaynâ muhdarûn.
Ce ne sera qu’un seul Cri, et voilà qu’ils seront tous amenés devant Nous.
﴿ فَالْيَوْمَ لَا تُظْلَمُ نَفْسٌ شَيْئًا وَلَا تُجْزَوْنَ إِلَّا مَا كُنْتُمْ تَعْمَلُونَ ﴾
Fa-l-yawma lâ tuzlamu nafsun shayʾañ wa lâ tujzawna illâ mâ kuntum taʿmalûn.
Ce jour-là, aucune âme ne sera lésée en rien. Et vous ne serez rétribués que selon ce que vous faisiez.
﴿ إِنَّ أَصْحَابَ الْجَنَّةِ الْيَوْمَ فِي شُغُلٍ فَاكِهُونَ ﴾
Inna as-hâba-l-jannati-l-yawma fî shughulin fâkihûn.
Les gens du Paradis seront, ce jour-là, dans une occupation qui les remplit de bonheur ;
﴿ هُمْ وَأَزْوَاجُهُمْ فِي ظِلَالٍ عَلَى الْأَرَائِكِ مُتَّكِئُونَ ﴾
Hum wa azwâjuhum fî zilâlin ʿala-l-arâʾiki muttakiʾûn.
eux et leurs épouses sont sous des ombrages, accoudés sur les divans.
﴿ لَهُمْ فِيهَا فَاكِهَةٌ وَلَهُمْ مَا يَدَّعُونَ ﴾
Lahum fîhâ fâkihatuñ wa lahum mâ yaddaʿûn.
Là ils auront des fruits et ils auront ce qu’ils réclameront,
﴿ سَلَامٌ قَوْلًا مِنْ رَبٍّ رَحِيمٍ ﴾
Salâmun qawlam-mir-rabbir-rahîm.
« Salâm » [paix et salut] ! Parole de la part d’un Seigneur Très Miséricordieux.
﴿ وَامْتَازُوا الْيَوْمَ أَيُّهَا الْمُجْرِمُونَ ﴾
Wa-mtâzu-l-yawma ayyuha-l-mujrimûn.
« Ô injustes ! Tenez-vous à l’écart ce jour-là !
﴿ ۞ أَلَمْ أَعْهَدْ إِلَيْكُمْ يَا بَنِي آدَمَ أَنْ لَا تَعْبُدُوا الشَّيْطَانَ ۖ إِنَّهُ لَكُمْ عَدُوٌّ مُبِينٌ ﴾
Alam aʿhad ilaykum yâ banî âdama al-lâ taʿbudu-sh-shaytân. Innahû lakum ʿaduwwum-mubîn.
Ne vous ai-Je pas engagés, enfants d’Adam, à ne pas adorer le Diable ? Car il est vraiment pour vous un ennemi déclaré,
﴿ وَأَنِ اعْبُدُونِي ۚ هَٰذَا صِرَاطٌ مُسْتَقِيمٌ ﴾
Wa ani-ʿbudûnî. Hâdhâ sirâtum-mustaqîm.
et [ne vous ai-Je pas engagés] à M’adorer ? Voilà un chemin bien droit.
﴿ وَلَقَدْ أَضَلَّ مِنْكُمْ جِبِلًّا كَثِيرًا ۖ أَفَلَمْ تَكُونُوا تَعْقِلُونَ ﴾
Wa laqad adalla minkum jibillan kathîrâ. Afalam takûnû taʿqilûn.
Et il a très certainement égaré un grand nombre d’entre vous. Ne raisonniez-vous donc pas ?
﴿ هَٰذِهِ جَهَنَّمُ الَّتِي كُنْتُمْ تُوعَدُونَ ﴾
Hâdhihî jahannamu-llatî kuntum tûʿadûn.
Voici l’Enfer qu’on vous promettait.
﴿ اصْلَوْهَا الْيَوْمَ بِمَا كُنْتُمْ تَكْفُرُونَ ﴾
Islawha-l-yawma bimâ kuntum takfurûn.
Brûlez-y aujourd’hui, pour avoir mécru ».
﴿ الْيَوْمَ نَخْتِمُ عَلَىٰ أَفْوَاهِهِمْ وَتُكَلِّمُنَا أَيْدِيهِمْ وَتَشْهَدُ أَرْجُلُهُمْ بِمَا كَانُوا يَكْسِبُونَ ﴾
Al-yawma nakhtimu ʿalâ afwâhihim wa tukallimunâ aydîhim wa tashhadu arjuluhum bimâ kânû yaksibûn.
Ce jour-là, Nous scellerons leurs bouches, tandis que leurs mains Nous parleront et que leurs jambes témoigneront de ce qu’ils avaient accompli.
﴿ وَلَوْ نَشَاءُ لَطَمَسْنَا عَلَىٰ أَعْيُنِهِمْ فَاسْتَبَقُوا الصِّرَاطَ فَأَنَّىٰ يُبْصِرُونَ ﴾
Wa law nashâʾu latamasnâ ʿalâ aʿyunihim fa-stabaqu-s-sirâta fa-annâ yubsirûn.
Et si Nous voulions, Nous effacerions leurs yeux, et ils se précipiteraient vers le chemin. Mais comment verraient-ils ?
﴿ وَلَوْ نَشَاءُ لَمَسَخْنَاهُمْ عَلَىٰ مَكَانَتِهِمْ فَمَا اسْتَطَاعُوا مُضِيًّا وَلَا يَرْجِعُونَ ﴾
Wa law nashâʾu lamasakhnâhum ʿalâ makânatihim fa-ma-statâʿû mudiyyañ wa lâ yarjiʿûn.
Et si Nous voulions, Nous les métamorphoserions sur place : ils ne pourraient alors ni avancer ni revenir.
﴿ وَمَنْ نُعَمِّرْهُ نُنَكِّسْهُ فِي الْخَلْقِ ۖ أَفَلَا يَعْقِلُونَ ﴾
Wa man nuʿammirhu nunakkis-hu fi-l-khalq. Afalâ yaʿqilûn.
À quiconque Nous accordons une longue vie, Nous faisons baisser sa forme. Ne comprendront-ils donc pas ?
Versets 69 à 83 : Celui qui a créé une première fois
﴿ وَمَا عَلَّمْنَاهُ الشِّعْرَ وَمَا يَنْبَغِي لَهُ ۚ إِنْ هُوَ إِلَّا ذِكْرٌ وَقُرْآنٌ مُبِينٌ ﴾
Wa mâ ʿallamnâhu-sh-shiʿra wa mâ yambaghî lah. In huwa illâ dhikruñ wa qurʾânum-mubîn.
Nous ne lui (à Muhammad) avons pas enseigné la poésie ; cela ne lui convient pas non plus. Ceci n’est qu’un rappel et une Lecture [Coran] claire,
﴿ لِيُنْذِرَ مَنْ كَانَ حَيًّا وَيَحِقَّ الْقَوْلُ عَلَى الْكَافِرِينَ ﴾
Liyundhira man kâna hayyañ wa yahiqqa-l-qawlu ʿala-l-kâfirîn.
pour qu’il avertisse celui qui est vivant et que la Parole se réalise contre les mécréants.
﴿ أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا خَلَقْنَا لَهُمْ مِمَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا أَنْعَامًا فَهُمْ لَهَا مَالِكُونَ ﴾
Awa lam yaraw annâ khalaqnâ lahum mimmâ ʿamilat aydînâ anʿâman fa-hum lahâ mâlikûn.
Ne voient-ils donc pas que, parmi ce que Nos mains ont fait, Nous leur avons créé des bestiaux dont ils sont propriétaires ;
﴿ وَذَلَّلْنَاهَا لَهُمْ فَمِنْهَا رَكُوبُهُمْ وَمِنْهَا يَأْكُلُونَ ﴾
Wa dhallalnâhâ lahum fa-minhâ rakûbuhum wa minhâ yaʾkulûn.
et Nous les leur avons soumis : certains leur servent de monture et d’autres de nourriture ;
﴿ وَلَهُمْ فِيهَا مَنَافِعُ وَمَشَارِبُ ۖ أَفَلَا يَشْكُرُونَ ﴾
Wa lahum fîhâ manâfiʿu wa mashârib. Afalâ yashkurûn.
et ils en retirent d’autres utilités et des boissons. Ne seront-ils donc pas reconnaissants ?
﴿ وَاتَّخَذُوا مِنْ دُونِ اللَّهِ آلِهَةً لَعَلَّهُمْ يُنْصَرُونَ ﴾
Wa-ttakhadhû min dûni-llâhi âlihatal-laʿallahum yunsarûn.
Et ils adoptèrent des divinités en dehors d’Allah, dans l’espoir d’être secourus…
﴿ لَا يَسْتَطِيعُونَ نَصْرَهُمْ وَهُمْ لَهُمْ جُنْدٌ مُحْضَرُونَ ﴾
Lâ yastatîʿûna nasrahum wa hum lahum jundum-muhdarûn.
Celles-ci ne pourront pas les secourir, elles formeront au contraire une armée dressée contre eux.
﴿ فَلَا يَحْزُنْكَ قَوْلُهُمْ ۘ إِنَّا نَعْلَمُ مَا يُسِرُّونَ وَمَا يُعْلِنُونَ ﴾
Fa-lâ yahzunka qawluhum. Innâ naʿlamu mâ yusirrûna wa mâ yuʿlinûn.
Que leurs paroles ne t’affligent donc pas ! Nous savons ce qu’ils cachent et ce qu’ils divulguent.
﴿ أَوَلَمْ يَرَ الْإِنْسَانُ أَنَّا خَلَقْنَاهُ مِنْ نُطْفَةٍ فَإِذَا هُوَ خَصِيمٌ مُبِينٌ ﴾
Awa lam yara-l-insânu annâ khalaqnâhu min nutfatin fa-idhâ huwa khasîmum-mubîn.
L’homme ne voit-il pas que Nous l’avons créé d’une goutte de sperme ? Et le voilà [devenu] un adversaire déclaré !
﴿ وَضَرَبَ لَنَا مَثَلًا وَنَسِيَ خَلْقَهُ ۖ قَالَ مَنْ يُحْيِي الْعِظَامَ وَهِيَ رَمِيمٌ ﴾
Wa daraba lanâ mathalañ wa nasiya khalqah. Qâla may-yuhyi-l-ʿizâma wa hiya ramîm.
Il cite pour Nous un exemple, tandis qu’il oublie sa propre création ; il dit : « Qui va redonner la vie à des ossements une fois réduits en poussière ? »
﴿ قُلْ يُحْيِيهَا الَّذِي أَنْشَأَهَا أَوَّلَ مَرَّةٍ ۖ وَهُوَ بِكُلِّ خَلْقٍ عَلِيمٌ ﴾
Qul yuhyîha-lladhî anshaʾahâ awwala marrah. Wa huwa bikulli khalqin ʿalîm.
Dis : « Celui qui les a créés une première fois leur redonnera la vie. Il connaît parfaitement toute création.
﴿ الَّذِي جَعَلَ لَكُمْ مِنَ الشَّجَرِ الْأَخْضَرِ نَارًا فَإِذَا أَنْتُمْ مِنْهُ تُوقِدُونَ ﴾
Alladhî jaʿala lakum mina-sh-shajari-l-akhdari nâran fa-idhâ antum minhu tûqidûn.
c’est Lui qui, de l’arbre vert, a fait pour vous du feu, et voilà que de cela vous allumez ».
﴿ أَوَلَيْسَ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ بِقَادِرٍ عَلَىٰ أَنْ يَخْلُقَ مِثْلَهُمْ ۚ بَلَىٰ وَهُوَ الْخَلَّاقُ الْعَلِيمُ ﴾
Awa laysa-lladhî khalaqa-s-samâwâti wa-l-arda biqâdirin ʿalâ ay-yakhluqa mithlahum. Balâ wa huwa-l-khallâqu-l-ʿalîm.
Celui qui a créé les cieux et la terre ne sera-t-Il pas capable de créer leur pareil ? Oh que si ! et Il est le grand Créateur, l’Omniscient.
﴿ إِنَّمَا أَمْرُهُ إِذَا أَرَادَ شَيْئًا أَنْ يَقُولَ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ ﴾
Innamâ amruhû idhâ arâda shayʾan ay-yaqûla lahû kun fa-yakûn.
Quand Il veut une chose, Son commandement consiste à dire : « Sois », et c’est.
﴿ فَسُبْحَانَ الَّذِي بِيَدِهِ مَلَكُوتُ كُلِّ شَيْءٍ وَإِلَيْهِ تُرْجَعُونَ ﴾
Fa-subhâna-lladhî biyadihî malakûtu kulli shayʾiñ wa ilayhi turjaʿûn.
Gloire donc à Celui qui détient en Sa main la royauté sur toute chose ! Et c’est vers Lui que vous serez ramenés.
Le mérite de lire la sourate Yasin
Yâ-Sîn est la Parole d’Allah. La lire, c’est recevoir tout ce que le Prophète ﷺ a promis à celui qui lit le Coran. Voici ce qui est établi par des hadiths authentiques.
Dix bonnes actions pour chaque lettre
مَنْ قَرَأَ حَرْفًا مِنْ كِتَابِ اللَّهِ فَلَهُ بِهِ حَسَنَةٌ وَالْحَسَنَةُ بِعَشْرِ أَمْثَالِهَا لاَ أَقُولُ الم حَرْفٌ وَلَكِنْ أَلِفٌ حَرْفٌ وَلاَمٌ حَرْفٌ وَمِيمٌ حَرْفٌ
Celui qui lit une lettre du Livre d’Allah reçoit pour elle une bonne action, et la bonne action vaut dix fois autant. Je ne dis pas que Alif-Lâm-Mîm est une lettre : alif est une lettre, lâm est une lettre et mîm est une lettre.
Les deux lettres qui ouvrent la sourate, yâ et sîn, comptent donc déjà chacune. Et la sourate en compte des milliers.
Le Coran intercède pour ceux qui le lisent
اقْرَءُوا الْقُرْآنَ فَإِنَّهُ يَأْتِي يَوْمَ الْقِيَامَةِ شَفِيعًا لأَصْحَابِهِ …
Lisez le Coran, car il viendra le Jour de la Résurrection intercéder en faveur de ses compagnons…
Les « compagnons » du Coran sont ceux qui le lisent régulièrement et le mettent en pratique. Yâ-Sîn, qui parle justement de ce Jour, en fait partie.
Une double récompense pour celui qui peine
الْمَاهِرُ بِالْقُرْآنِ مَعَ السَّفَرَةِ الْكِرَامِ الْبَرَرَةِ وَالَّذِي يَقْرَأُ الْقُرْآنَ وَيَتَتَعْتَعُ فِيهِ وَهُوَ عَلَيْهِ شَاقٌّ لَهُ أَجْرَانِ
Celui qui maîtrise le Coran sera avec les nobles et pieux scribes [les anges]. Et celui qui lit le Coran en butant dessus, avec difficulté, a deux récompenses.
C’est une parole précieuse pour qui apprend Yâ-Sîn avec la phonétique, lentement, en se trompant. L’effort lui-même est récompensé, deux fois.
Les meilleurs d’entre vous
خَيْرُكُمْ مَنْ تَعَلَّمَ الْقُرْآنَ وَعَلَّمَهُ
Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne.
Apprendre Yâ-Sîn à un enfant, la réviser avec un proche, l’expliquer à quelqu’un qui ne la comprend pas : tout cela entre dans ce hadith.
Lire Yasin auprès d’un malade ou pour un défunt
Beaucoup de musulmans lisent Yâ-Sîn auprès d’un proche malade ou mourant. Offrir au défunt la récompense d’une lecture du Coran fait l’objet d’une divergence entre les savants : demandez à votre imam. Ce qui lui profite par consensus, c’est l’invocation faite pour lui et l’aumône donnée en son nom, avec le bien qu’il a laissé derrière lui (Muslim 1631, cité plus haut) : nous avons rassemblé ces invocations dans notre guide des douas pour un défunt, et l’aumône qui continue après la mort dans notre article sur la sadaqa jariya.
Quand et comment réciter la sourate Yasin
À tout moment. On peut lire Yâ-Sîn le matin, le soir, dans la prière de nuit, ou l’écouter en suivant le texte.
En comprenant. La lire avec sa traduction, verset par verset, en s’arrêtant sur le récit de l’homme venu du bout de la ville ou sur l’argument de la fin (« … Celui qui les a créés une première fois… »), c’est la lire comme le Coran demande à être lu : en méditant.
De mémoire ou dans le mushaf. Réciter de mémoire est permis sans ablutions, sauf en état de janâba, l’état qui suit un rapport conjugal ou une émission de sperme : il demande d’abord le ghusl, le grand lavage. Pendant les règles, la plupart des savants interdisent aussi la récitation. Toucher le mushaf demande les ablutions selon la majorité des savants. Les détails sont dans notre guide des ablutions.
Seul ou ensemble. Lire le Coran ensemble, l’un après l’autre, en écoutant et en méditant, est un bien. Le Prophète ﷺ a dit : « … Nul groupe ne se réunit dans l’une des maisons d’Allah, récitant le Livre d’Allah et l’étudiant ensemble, sans que la sérénité ne descende sur eux, que la miséricorde ne les recouvre, que les anges ne les entourent et qu’Allah ne les mentionne auprès de ceux qui sont auprès de Lui… » (Muslim 2699). Chacun peut ensuite invoquer Allah pour ce dont il a besoin.
En apprenant les sons. La phonétique aide à commencer. Écoutez ensuite un récitateur reconnu en suivant le texte arabe, verset par verset, et faites-vous corriger par quelqu’un qui connaît la récitation : les imams des mosquées le proposent souvent.
Pour finir
La sourate Yasin porte un message que chacun peut comprendre : Allah a créé une première fois, et Il recréera ; Ses signes sont partout, dans la terre qui revit et dans la nuit qui succède au jour ; et l’homme fidèle, même tué par les siens, souhaite encore qu’ils sachent le pardon qu’il a trouvé. La lire en la comprenant, pour soi ou auprès d’un proche, c’est déjà en recevoir le bien.
Questions fréquentes
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