Doua pour un défunt : invocations en arabe et phonétique
Les douas pour un défunt en islam, moment par moment : arabe, phonétique, traduction, forme pour un homme ou une femme, références vérifiées.

La doua pour un défunt lui profite après sa mort, par accord des savants. Ce guide rassemble les invocations qui viennent du Coran et des hadiths authentiques, dans l’ordre où on en a besoin : à l’annonce du décès, au chevet, pendant la prière, à l’enterrement, sur la tombe, puis au quotidien. Chaque invocation est donnée en arabe, en phonétique et en français, avec sa référence, et au masculin comme au féminin.
Pourquoi faire une doua pour un défunt
Quand une personne meurt, elle ne peut plus agir. Ce qui lui parvient encore, c’est ce que d’autres font pour elle, et d’abord l’invocation. Le Prophète ﷺ a dit :
إِذَا مَاتَ الإِنْسَانُ انْقَطَعَ عَنْهُ عَمَلُهُ إِلاَّ مِنْ ثَلاَثَةٍ: إِلاَّ مِنْ صَدَقَةٍ جَارِيَةٍ، أَوْ عِلْمٍ يُنْتَفَعُ بِهِ، أَوْ وَلَدٍ صَالِحٍ يَدْعُو لَهُ
Idhâ mâta-l-insânu-nqataʿa ʿanhu ʿamaluhu illâ min thalâtha : illâ min sadaqatin jâriya, aw ʿilmin yuntafaʿu bihi, aw waladin sâlihin yadʿû lah.
Quand l’homme meurt, ses œuvres s’arrêtent, sauf trois : une aumône continue, une science dont on tire profit, ou un enfant vertueux qui invoque pour lui.
Le hadith cite l’enfant, mais l’invocation de tout musulman profite au défunt. Le Coran décrit les croyants qui disent : « Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi… » (al-Hashr, 59:10). Et celui qui invoque pour son frère en son absence, l’ange lui dit : « Et pour toi la même chose » (Muslim 2732).
À l’annonce du décès : que dire quand quelqu’un meurt
La première parole est celle que le Coran enseigne face à toute épreuve. Allah décrit ceux qui patientent : « ceux qui disent, quand un malheur les atteint : Certes, nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons » (al-Baqara, 2:156).
Le Prophète ﷺ a complété cette parole par une invocation que dit la personne éprouvée. Umm Salama la rapporte, et raconte qu’à la mort de son mari Abû Salama, elle se demandait qui pourrait être meilleur que lui. Elle l’a dite quand même, et Allah lui a donné pour époux le Prophète ﷺ.
إِنَّا لِلَّهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعُونَ، اللَّهُمَّ أْجُرْنِي فِي مُصِيبَتِي، وَأَخْلِفْ لِي خَيْرًا مِنْهَا
Innâ lillâhi wa innâ ilayhi râjiʿûn. Allâhumma-ʾjurnî fî musîbatî, wa akhlif lî khayran minhâ.
« Nous sommes à Allah et c’est à Lui que nous retournerons. Ô Allah, récompense-moi dans mon épreuve, et donne-moi en échange mieux qu’elle. »
Cette invocation est pour vous : elle ne change pas selon le genre du défunt. Pour lui, le Prophète ﷺ a appris à Umm Salama une autre formule :
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي وَلَهُ، وَأَعْقِبْنِي مِنْهُ عُقْبَى حَسَنَةً
Allâhumma-ghfir lî wa lahu, wa aʿqibnî minhu ʿuqbâ hasana.
« Ô Allah, pardonne-moi ainsi qu’à lui, et donne-moi après lui une bonne suite. »
Pour une femme : wa lahâ… minhâ (وَلَهَا… مِنْهَا).
Les larmes ne sont pas un manque de foi. À la mort de son fils Ibrâhîm, le Prophète ﷺ a pleuré et a dit : « L’œil pleure, le cœur s’attriste, et nous ne disons que ce qui agrée notre Seigneur… » (al-Bukhârî 1303). Ce qui est interdit, ce sont les lamentations à grands cris.
Au chevet du mourant et au moment du décès
Auprès d’une personne qui meurt
Si vous êtes auprès d’un proche à l’agonie, aidez-le doucement à prononcer l’attestation de foi. Le Prophète ﷺ a dit : « Faites dire à vos mourants : lâ ilâha illâ-llâh » (لَقِّنُوا مَوْتَاكُمْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ, Muslim 916). On la dit devant lui, sans insister : s’il la prononce, on ne la lui répète pas, sauf s’il parle ensuite d’autre chose, pour qu’elle soit sa dernière parole, explique an-Nawawî.
Et surtout, on ne dit que du bien. Le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque vous êtes auprès d’un malade ou d’un mort, dites du bien, car les anges disent âmîn à ce que vous dites » (Muslim 919).
En fermant les yeux du défunt
Quand Abû Salama est mort, le Prophète ﷺ est entré, lui a fermé les yeux et a dit : « Lorsque l’âme est saisie, le regard la suit. » Des membres de la famille ont crié ; il leur a dit de ne rien invoquer contre eux-mêmes, sinon du bien, car les anges disent âmîn. Puis il a fait cette invocation :
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لأَبِي سَلَمَةَ، وَارْفَعْ دَرَجَتَهُ فِي الْمَهْدِيِّينَ، وَاخْلُفْهُ فِي عَقِبِهِ فِي الْغَابِرِينَ، وَاغْفِرْ لَنَا وَلَهُ يَا رَبَّ الْعَالَمِينَ، وَافْسَحْ لَهُ فِي قَبْرِهِ، وَنَوِّرْ لَهُ فِيهِ
Allâhumma-ghfir li-Abî Salama, warfaʿ darajatahu fi-l-mahdiyyîn, wakhlufhu fî ʿaqibihi fi-l-ghâbirîn, waghfir lanâ wa lahu yâ rabba-l-ʿâlamîn, wafsah lahu fî qabrihi, wa nawwir lahu fîh.
« Ô Allah, pardonne à Abû Salama, élève son rang parmi les bien-guidés, veille sur ceux qu’il laisse derrière lui, pardonne-nous ainsi qu’à lui, ô Seigneur des mondes, élargis-lui sa tombe et illumine-la pour lui. »
Texte du hadith : dites le prénom du défunt à la place d’« Abû Salama ».
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِـ(فُلَانَة)، وَارْفَعْ دَرَجَتَهَا فِي الْمَهْدِيِّينَ، وَاخْلُفْهَا فِي عَقِبِهَا فِي الْغَابِرِينَ، وَاغْفِرْ لَنَا وَلَهَا يَا رَبَّ الْعَالَمِينَ، وَافْسَحْ لَهَا فِي قَبْرِهَا، وَنَوِّرْ لَهَا فِيهِ
Allâhumma-ghfir li-(prénom), warfaʿ darajatahâ fi-l-mahdiyyîn, wakhlufhâ fî ʿaqibihâ fi-l-ghâbirîn, waghfir lanâ wa lahâ yâ rabba-l-ʿâlamîn, wafsah lahâ fî qabrihâ, wa nawwir lahâ fîh.
« Ô Allah, pardonne à (prénom), élève son rang parmi les bien-guidés, veille sur ceux qu’elle laisse derrière elle, pardonne-nous ainsi qu’à elle, ô Seigneur des mondes, élargis-lui sa tombe et illumine-la pour elle. »
Le prénom de la défunte remplace « Abû Salama » et les pronoms passent au féminin ; le hadith rapporte l’invocation faite pour Abû Salama.
Pendant la salât al-janaza : les douas de la prière funéraire
L’invocation pour le défunt se dit après le troisième takbîr (« Allâhu akbar »). Le déroulement complet de la prière, takbîr par takbîr, est expliqué dans notre guide salât al-janaza : comment faire la prière mortuaire. Voici les invocations elles-mêmes.
L’invocation de ʿAwf ibn Mâlik
C’est la plus complète. ʿAwf ibn Mâlik l’a retenue en entendant le Prophète ﷺ la dire sur un mort, au point de souhaiter être lui-même ce mort.
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهُ وَارْحَمْهُ، وَعَافِهِ وَاعْفُ عَنْهُ، وَأَكْرِمْ نُزُلَهُ، وَوَسِّعْ مُدْخَلَهُ، وَاغْسِلْهُ بِالْمَاءِ وَالثَّلْجِ وَالْبَرَدِ، وَنَقِّهِ مِنَ الْخَطَايَا كَمَا نَقَّيْتَ الثَّوْبَ الأَبْيَضَ مِنَ الدَّنَسِ، وَأَبْدِلْهُ دَارًا خَيْرًا مِنْ دَارِهِ، وَأَهْلاً خَيْرًا مِنْ أَهْلِهِ، وَزَوْجًا خَيْرًا مِنْ زَوْجِهِ، وَأَدْخِلْهُ الْجَنَّةَ، وَأَعِذْهُ مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ أَوْ مِنْ عَذَابِ النَّارِ
Allâhumma-ghfir lahu warhamhu, wa ʿâfihi waʿfu ʿanhu, wa akrim nuzulahu, wa wassiʿ mudkhalahu, waghsilhu bil-mâʾi wath-thalji wal-barad, wa naqqihi mina-l-khatâyâ kamâ naqqayta-th-thawba-l-abyada mina-d-danas, wa abdilhu dâran khayran min dârihi, wa ahlan khayran min ahlihi, wa zawjan khayran min zawjihi, wa adkhilhu-l-janna, wa aʿidh-hu min ʿadhâbi-l-qabri aw min ʿadhâbi-n-nâr.
« Ô Allah, pardonne-lui, fais-lui miséricorde, accorde-lui le salut et efface ses fautes. Fais-lui bon accueil, élargis l’endroit où il entre, lave-le avec de l’eau, de la neige et de la grêle. Purifie-le de ses péchés comme Tu purifies le vêtement blanc de la saleté. Donne-lui en échange une demeure meilleure que la sienne, une famille meilleure que la sienne, une épouse meilleure que la sienne. Fais-le entrer au Paradis et protège-le du châtiment de la tombe, ou du châtiment du Feu. »
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهَا وَارْحَمْهَا، وَعَافِهَا وَاعْفُ عَنْهَا، وَأَكْرِمْ نُزُلَهَا، وَوَسِّعْ مُدْخَلَهَا، وَاغْسِلْهَا بِالْمَاءِ وَالثَّلْجِ وَالْبَرَدِ، وَنَقِّهَا مِنَ الْخَطَايَا كَمَا نَقَّيْتَ الثَّوْبَ الأَبْيَضَ مِنَ الدَّنَسِ، وَأَبْدِلْهَا دَارًا خَيْرًا مِنْ دَارِهَا، وَأَهْلاً خَيْرًا مِنْ أَهْلِهَا، وَزَوْجًا خَيْرًا مِنْ زَوْجِهَا، وَأَدْخِلْهَا الْجَنَّةَ، وَأَعِذْهَا مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ أَوْ مِنْ عَذَابِ النَّارِ
Allâhumma-ghfir lahâ warhamhâ, wa ʿâfihâ waʿfu ʿanhâ, wa akrim nuzulahâ, wa wassiʿ mudkhalahâ, waghsilhâ bil-mâʾi wath-thalji wal-barad, wa naqqihâ mina-l-khatâyâ kamâ naqqayta-th-thawba-l-abyada mina-d-danas, wa abdilhâ dâran khayran min dârihâ, wa ahlan khayran min ahlihâ, wa zawjan khayran min zawjihâ, wa adkhilhâ-l-janna, wa aʿidhhâ min ʿadhâbi-l-qabri aw min ʿadhâbi-n-nâr.
« Ô Allah, pardonne-lui, fais-lui miséricorde, accorde-lui le salut et efface ses fautes. Fais-lui bon accueil, élargis l’endroit où elle entre, lave-la avec de l’eau, de la neige et de la grêle. Purifie-la de ses péchés comme Tu purifies le vêtement blanc de la saleté. Donne-lui en échange une demeure meilleure que la sienne, une famille meilleure que la sienne, un époux meilleur que le sien. Fais-la entrer au Paradis et protège-la du châtiment de la tombe, ou du châtiment du Feu. »
Les pronoms passent au féminin ; le hadith rapporte la forme dite pour un homme. Pour « un époux meilleur que le sien », les savants divergent : certains ne le disent pas pour une femme, d’autres le gardent, au sens d’un époux aux qualités meilleures, et non d’un autre époux.
Le « ou » de la dernière phrase vient du rapporteur, qui hésitait entre les deux mots. Dans une autre version de Muslim (963 d), le Prophète ﷺ demande les deux : … وَقِهِ فِتْنَةَ الْقَبْرِ وَعَذَابَ النَّارِ — … wa qihi fitnata-l-qabri wa ʿadhâba-n-nâr — « … et préserve-le de l’épreuve de la tombe et du châtiment du Feu » ; Ibn Mâja la rapporte aussi (1500, sahih selon al-Albânî).
Pour une femme, la version de Muslim (963 d) se termine ainsi, avec les deux protections, celle de la tombe et celle du Feu : … وَزَوْجًا خَيْرًا مِنْ زَوْجِهَا، وَقِهَا فِتْنَةَ الْقَبْرِ وَعَذَابَ النَّارِ — … wa zawjan khayran min zawjihâ, wa qihâ fitnata-l-qabri wa ʿadhâba-n-nâr.
Pour plusieurs défunts : Allâhumma-ghfir lahum warhamhum, wa ʿâfihim waʿfu ʿanhum… (اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهُمْ وَارْحَمْهُمْ).
L’invocation pour « nos vivants et nos morts »
Plus courte, elle englobe tous les musulmans. Elle ne change pas selon le genre du défunt, sauf sa dernière phrase.
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِحَيِّنَا وَمَيِّتِنَا، وَصَغِيرِنَا وَكَبِيرِنَا، وَذَكَرِنَا وَأُنْثَانَا، وَشَاهِدِنَا وَغَائِبِنَا. اللَّهُمَّ مَنْ أَحْيَيْتَهُ مِنَّا فَأَحْيِهِ عَلَى الإِيمَانِ، وَمَنْ تَوَفَّيْتَهُ مِنَّا فَتَوَفَّهُ عَلَى الإِسْلاَمِ. اللَّهُمَّ لاَ تَحْرِمْنَا أَجْرَهُ، وَلاَ تُضِلَّنَا بَعْدَهُ
Allâhumma-ghfir li-hayyinâ wa mayyitinâ, wa saghîrinâ wa kabîrinâ, wa dhakarinâ wa unthânâ, wa shâhidinâ wa ghâʾibinâ. Allâhumma man ahyaytahu minnâ fa-ahyihi ʿala-l-îmân, wa man tawaffaytahu minnâ fa-tawaffahu ʿala-l-islâm. Allâhumma lâ tahrimnâ ajrahu, wa lâ tudillanâ baʿdah.
« Ô Allah, pardonne à nos vivants et à nos morts, à nos jeunes et à nos anciens, à nos hommes et à nos femmes, à ceux d’entre nous qui sont présents et à ceux qui sont absents. Ô Allah, celui d’entre nous que Tu fais vivre, fais-le vivre dans la foi, et celui que Tu rappelles à Toi, rappelle-le dans l’islam. Ô Allah, ne nous prive pas de sa récompense, et ne nous égare pas après lui. »
D’autres recueils inversent « islam » et « foi » ; les deux sont reçus. Pour une défunte, la dernière phrase devient : اللَّهُمَّ لاَ تَحْرِمْنَا أَجْرَهَا، وَلاَ تُضِلَّنَا بَعْدَهَا — Allâhumma lâ tahrimnâ ajrahâ, wa lâ tudillanâ baʿdahâ.
L’invocation rapportée par Wâthila
Wâthila ibn al-Asqaʿ a entendu le Prophète ﷺ nommer le défunt dans sa prière. On met le nom de la personne et celui de son père à la place de fulân ibn fulân :
اللَّهُمَّ إِنَّ فُلاَنَ بْنَ فُلاَنٍ فِي ذِمَّتِكَ وَحَبْلِ جِوَارِكَ، فَقِهِ مِنْ فِتْنَةِ الْقَبْرِ وَعَذَابِ النَّارِ، وَأَنْتَ أَهْلُ الْوَفَاءِ وَالْحَمْدِ، اللَّهُمَّ فَاغْفِرْ لَهُ وَارْحَمْهُ، إِنَّكَ أَنْتَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ
Allâhumma inna fulâna bna fulânin fî dhimmatika wa habli jiwârika, fa-qihi min fitnati-l-qabri wa ʿadhâbi-n-nâr, wa anta ahlu-l-wafâʾi wal-hamd. Allâhumma fa-ghfir lahu warhamhu, innaka anta-l-ghafûru-r-rahîm.
« Ô Allah, untel fils d’untel est sous Ta protection et sous Ta garde : préserve-le de l’épreuve de la tombe et du châtiment du Feu. Tu es Celui qui tient Ses promesses et qui mérite la louange. Ô Allah, pardonne-lui et fais-lui miséricorde, Tu es le Pardonneur, le Très Miséricordieux. »
Pour une femme : inna fulânata binta fulânin fî dhimmatika… fa-qihâ… fa-ghfir lahâ warhamhâ (إِنَّ فُلاَنَةَ بِنْتَ فُلاَنٍ… فَقِهَا… فَاغْفِرْ لَهَا وَارْحَمْهَا).
Pour un enfant, l’invocation propre est donnée dans notre guide de la salât al-janaza.
À l’enterrement : la mise en terre et la doua après l’enterrement
En déposant le corps dans la tombe
Ceux qui descendent le corps dans la tombe disent ce que disait le Prophète ﷺ :
بِسْمِ اللَّهِ وَعَلَى سُنَّةِ رَسُولِ اللَّهِ
Bismi-llâhi wa ʿalâ sunnati rasûli-llâh.
« Au nom d’Allah, et selon la Sunna du Messager d’Allah. »
At-Tirmidhî 1046 rapporte aussi wa ʿalâ millati rasûli-llâh, « selon la religion du Messager d’Allah ».
Cette formule ne change pas selon le genre.
Une fois la tombe refermée
C’est un moment précieux pour le défunt. ʿUthmân ibn ʿAffân rapporte que le Prophète ﷺ, après l’enterrement, se tenait près de la tombe et disait :
اسْتَغْفِرُوا لأَخِيكُمْ، وَسَلُوا لَهُ التَّثْبِيتَ، فَإِنَّهُ الآنَ يُسْأَلُ
Istaghfirû li-akhîkum, wa salû lahu-t-tathbît, fa-innahu-l-âna yusʾal.
Demandez le pardon pour votre frère, et demandez pour lui la fermeté, car en ce moment on l’interroge.
Le hadith ne fixe pas de formule : chacun invoque à voix basse. Une formule simple, qui reprend ses mots : اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهُ، اللَّهُمَّ ثَبِّتْهُ — Allâhumma-ghfir lahu, Allâhumma thabbit-hu — « Ô Allah, pardonne-lui ; ô Allah, affermis-le ». Pour une femme : Allâhumma-ghfir lahâ, Allâhumma thabbit-hâ (اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهَا، اللَّهُمَّ ثَبِّتْهَا).
« Votre frère » vaut aussi pour une défunte : c’est la fraternité de foi.
Sur la tombe : la doua en visitant le cimetière
Le Prophète ﷺ avait d’abord interdit la visite des tombes, puis l’a permise (Muslim 977). Il a lui-même visité la tombe de sa mère, et a dit : « … Visitez les tombes, car elles rappellent la mort » (Muslim 976). On y va pour saluer les morts, invoquer pour eux et se souvenir de l’au-delà.
السَّلاَمُ عَلَيْكُمْ أَهْلَ الدِّيَارِ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُسْلِمِينَ، وَإِنَّا إِنْ شَاءَ اللَّهُ لَلاَحِقُونَ، أَسْأَلُ اللَّهَ لَنَا وَلَكُمُ الْعَافِيَةَ
As-salâmu ʿalaykum ahla-d-diyâri mina-l-muʾminîna wa-l-muslimîn, wa innâ in shâʾa-llâhu la-lâhiqûn, asʾalu-llâha lanâ wa lakumu-l-ʿâfiya.
« Que la paix soit sur vous, habitants de ces demeures, croyants et musulmans. Nous vous rejoindrons, si Allah le veut. Je demande à Allah le salut pour nous et pour vous. »
ʿÂʾisha a demandé au Prophète ﷺ ce qu’elle devait dire en visitant les tombes. Il lui a enseigné une formule proche, qui ajoute une invocation pour ceux qui sont partis avant et ceux qui partiront après :
السَّلاَمُ عَلَى أَهْلِ الدِّيَارِ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُسْلِمِينَ، وَيَرْحَمُ اللَّهُ الْمُسْتَقْدِمِينَ مِنَّا وَالْمُسْتَأْخِرِينَ، وَإِنَّا إِنْ شَاءَ اللَّهُ بِكُمْ لَلاَحِقُونَ
As-salâmu ʿalâ ahli-d-diyâri mina-l-muʾminîna wa-l-muslimîn, wa yarhamu-llâhu-l-mustaqdimîna minnâ wa-l-mustaʾkhirîn, wa innâ in shâʾa-llâhu bikum la-lâhiqûn.
« Paix sur les habitants de ces demeures, croyants et musulmans. Qu’Allah fasse miséricorde à ceux d’entre nous qui nous ont précédés et à ceux qui viendront après. Et nous vous rejoindrons, si Allah le veut. »
Ces salutations s’adressent à tous les morts du cimetière : elles ne s’accordent pas au genre. Ensuite, devant la tombe de votre proche, invoquez pour lui avec les formules de cette page ou avec vos mots.
Quelques repères : on ne s’assoit pas sur les tombes (Muslim 971 et 972) ; on ne demande rien au mort lui-même, on demande à Allah pour lui. La visite des tombes par les femmes est discutée entre les savants ; beaucoup la permettent, avec retenue et sans lamentation : demandez conseil à votre imam. La visite se fait à tout moment, sans jour particulier.
Ensuite, au quotidien : douas pour un parent ou un proche décédé
L’invocation ne s’arrête pas à l’enterrement. Vous pouvez invoquer pour votre défunt à tout moment, en arabe ou en français, en particulier dans la prosternation et à la fin de la nuit.
Le Coran donne des invocations que vous pouvez faire pour vos parents, vivants ou décédés :
رَبِّ ارْحَمْهُمَا كَمَا رَبَّيَانِي صَغِيرًا
Rabbi-rhamhumâ kamâ rabbayânî saghîrâ.
« Ô mon Seigneur, fais-leur miséricorde à tous deux, comme ils m’ont élevé tout petit. »
رَبَّنَا اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِلْمُؤْمِنِينَ يَوْمَ يَقُومُ الْحِسَابُ
Rabbanâ-ghfir lî wa li-wâlidayya wa lil-muʾminîna yawma yaqûmu-l-hisâb.
« Notre Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu’à mes père et mère et aux croyants, le jour de la reddition des comptes. »
L’enfant qui demande pardon pour ses parents les élève. Le Prophète ﷺ a dit : « L’homme verra son rang élevé au Paradis et dira : d’où cela vient-il ? On lui répondra : de la demande de pardon de ton enfant pour toi » (Ibn Mâja 3660, hasan selon al-Albânî).
Tableau récapitulatif des douas pour un défunt
| Moment | Ce que l’on dit | Pour une femme | Référence |
|---|---|---|---|
| Annonce du décès | Innâ lillâhi wa innâ ilayhi râjiʿûn, Allâhumma-ʾjurnî fî musîbatî wa akhlif lî khayran minhâ | Identique (c’est pour vous) | Coran 2:156, Muslim 918 |
| Mort d’un proche | Allâhumma-ghfir lî wa lahu, wa aʿqibnî minhu ʿuqbâ hasana | wa lahâ… minhâ | Muslim 919 |
| Auprès d’un mourant | Lâ ilâha illâ-llâh, dit doucement devant lui | Identique | Muslim 916 |
| Yeux fermés | Allâhumma-ghfir li-(prénom) warfaʿ darajatahu fi-l-mahdiyyîn… | darajatahâ… lahâ | Muslim 920 |
| Salât al-janaza | Allâhumma-ghfir lahu warhamhu, wa ʿâfihi waʿfu ʿanhu… | lahâ warhamhâ, wa ʿâfihâ… | Muslim 963 |
| Salât al-janaza | Allâhumma-ghfir li-hayyinâ wa mayyitinâ… | Fin : ajrahâ… baʿdahâ | Abû Dâwûd 3201 |
| Mise en terre | Bismi-llâhi wa ʿalâ sunnati rasûli-llâh | Identique | Abû Dâwûd 3213 |
| Après l’enterrement | Demander le pardon et la fermeté : Allâhumma-ghfir lahu, Allâhumma thabbit-hu | lahâ… thabbit-hâ | Abû Dâwûd 3221 |
| Visite des tombes | As-salâmu ʿalaykum ahla-d-diyâri… | Identique (tous les morts) | Muslim 975 |
| Pour ses parents | Rabbi-rhamhumâ kamâ rabbayânî saghîrâ | Identique (duel) | Coran 17:24 |
Ce qui profite au défunt, en plus de la doua
Les savants s’accordent sur plusieurs actes dont le bénéfice parvient au défunt, parce que des textes authentiques les mentionnent.
- L’invocation et la demande de pardon. Par consensus. C’est tout l’objet de cette page.
- L’aumône (sadaqa) en son nom. Un homme a dit au Prophète ﷺ que sa mère était morte subitement et qu’elle aurait sans doute fait l’aumône si elle avait pu parler : « A-t-elle une récompense si je fais l’aumône pour elle ? » Il a répondu : « Oui » (al-Bukhârî 1388). Un puits, un Coran offert à une mosquée, une œuvre durable : c’est l’aumône continue (sadaqa jâriya).
- Le paiement de ses dettes. C’est une priorité, avant même le partage de l’héritage. Le Prophète ﷺ a dit : « L’âme du croyant reste suspendue à sa dette jusqu’à ce qu’elle soit réglée pour lui » (at-Tirmidhî 1078, sahih selon al-Albânî). Si vous vivez en France, notre guide des démarches après un décès vous aide à faire le point sur sa situation.
- Le hajj ou la ʿumra (le petit pèlerinage) en son nom. Une femme de Juhayna a demandé si elle pouvait accomplir le hajj que sa mère avait fait vœu d’accomplir avant de mourir. Le Prophète ﷺ a répondu : « Oui, accomplis-le pour elle… » (al-Bukhârî 1852). Selon les chaféites et les hanbalites, celui qui le fait doit avoir déjà accompli son propre hajj : demandez à un imam.
- Le jeûne qu’il devait. Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui meurt en devant un jeûne, son proche jeûne pour lui » (al-Bukhârî 1952), et a autorisé une femme à jeûner le mois que devait sa mère (Muslim 1149). La majorité des savants remplace les jours de Ramadan que le défunt pouvait rattraper et n’a pas rattrapés par de la nourriture donnée à un pauvre pour chaque jour ; chez les chaféites, l’avis retenu, préféré par an-Nawawî, est que le proche peut jeûner pour lui : demandez à un imam si votre proche est mort en devant des jours de Ramadan.
L’invocation et l’aumône profitent au défunt par consensus des savants ; pour la lecture du Coran offerte au défunt, ou le talqîn après l’enterrement (rappeler au défunt l’attestation de foi), les savants divergent : demandez à votre imam.
Soutenir la famille endeuillée
Ce sont les proches et les voisins qui nourrissent la famille endeuillée. À la mort de Jaʿfar, le Prophète ﷺ a dit « Préparez à manger pour la famille de Jaʿfar, car il leur est arrivé ce qui les occupe » (at-Tirmidhî 998, hasan selon at-Tirmidhî).
Selon la majorité des savants, les condoléances se présentent pendant trois jours, sans forme imposée. La formule la plus complète est celle que le Prophète ﷺ a fait transmettre à sa fille :
إِنَّ لِلَّهِ مَا أَخَذَ، وَلَهُ مَا أَعْطَى، وَكُلٌّ عِنْدَهُ بِأَجَلٍ مُسَمًّى
Inna lillâhi mâ akhadha, wa lahu mâ aʿtâ, wa kullun ʿindahu bi-ajalin musammâ.
« À Allah appartient ce qu’Il a repris, à Lui ce qu’Il a donné, et toute chose a auprès de Lui un terme fixé. »
Conseils pour invoquer pour un défunt
- Privilégiez les formules sourcées. Les invocations de cette page sont données avec leur référence ; pour le reste, invoquez avec vos mots.
- Invoquez dans votre langue. En dehors de la prière, l’arabe n’est pas nécessaire.
- Accordez au féminin. Pour une défunte : lahâ, warhamhâ, ʿanhâ.
- Restez quelques minutes après l’enterrement. C’est le moment où le défunt est interrogé : demandez pour lui la fermeté.
- Invoquez chaque jour. Le défunt profite de votre doua à tout moment.
- Adressez la demande à Allah. On demande à Allah pour le défunt, et non au défunt lui-même.
Pour finir
La première doua que reçoit un défunt, c’est souvent celle de l’assemblée qui prie sur lui. Le Prophète ﷺ a dit que l’intercession de quarante hommes qui n’associent rien à Allah, priant sur un mort, est acceptée (Muslim 948). Faire savoir à temps où et quand a lieu la salât al-janaza, c’est déjà prier pour lui. Janazah permet aux familles de préparer cette annonce en quelques minutes, à partir de modèles d’affiche de salât janaza, avec la mosquée, l’horaire réel de la prière et le lieu de l’enterrement, pour que ceux qui l’aimaient puissent venir.
Questions fréquentes
Kamel
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